Chapitre IV - Miss Parfaite

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            « Je te jure que si elle vient encore me parler d'un de ses formulaires de malheur, je les lui fais bouffer par le nez ! »

Malefoy posa son plateau avec férocité sur la table du réfectoire sous le regard amusé de Pansy. Il attrapa sa fourchette qu'il planta dans son steak, plus furieux que jamais.

« Qu'est-ce qu'a encore fait le castor ? demanda son amie, d'un air narquois.

- Tout ce qui est possible pour m'emmerder ! soupira le sorcier. J'ai eu le droit à un rappel à l'ordre de la direction concernant mes –je cite- "prises de liberté sur la gestion des patients de mon service". »

Il avait dit cette dernière phrase d'une petite voix haut perchée qui cherchait sûrement à imiter l'ancienne Gryffondor même si cela n'avait rien à voir avec son timbre. Pansy se retint d'éclater de rire.

« Nan mais elle se prend pour qui celle-là ! ajouta Malefoy, excédé.

- Pour Hermione Granger, tout simplement, dit Parkinson avec un haussement d'épaules. »

Malefoy lui décocha un regard en coin.

« Tu les remplis ces formulaires débiles, toi ?

- Ouais, avoua Pansy après un instant d'hésitation. C'est plutôt utile en vrai.

- Oh non, tu ne vas pas t'y mettre toi non plus...

- Tu me poses une question, je te réponds ! s'exclama la brune, piquée au vif. Et au moins, ça m'évite d'avoir cette Granger de malheur qui court partout pour me tenir la jambe. Tu devrais essayer. »

Malefoy réprima un grognement agacé. Il ne demandait que ça, d'arrêter d'avoir le castor sur son dos ! Mais cela signifiait la laisser gagner la partie et c'était hors de question. De quel jeu s'agissait-il, il n'en n'avait pas la moindre idée, mais il était bien décidé à remporter au moins cette manche coûte que coûte. Même si cela signifiait finir par jouer au plus con.

« Sur un autre sujet, reprit Pansy d'un ton dégagé, on n'a pas eu le temps de reparler de... tu sais, de ton repas avec la famille d'... d'Astoria. »

Le sorcier lui glissa un regard en coin. Il fallait bien avouer que Pansy avait mis tout son tact possible pour poser le sujet sur la table, sûrement parce qu'elle savait qu'il n'aurait jamais initié une telle conversation de lui-même. Tout d'abord, parce que c'était le genre de discussion qu'il trouvait pénible à ressasser. Et ensuite, parce qu'il n'était pas suffisamment idiot pour bavarder de ses amourettes avec Pansy Parkinson.

Drago Malefoy était loin d'être stupide, peu importe ce que cette satanée Granger de malheur pouvait laisser entendre par ses soupirs et yeux levés au plafond. Il savait pertinemment que Pansy avait été folle de lui pendant de longues années et qu'elle avait mis un certain temps à accepter l'idée qu'il ne l'épouserait jamais. S'ils étaient vaguement sortis ensemble, il avait vite coupé court tout éventuel espoir en fricotant avec Daphne Greengrass pour finir par former un couple avec Astoria. Durant leur dernière année à Poudlard, Pansy avait compris avec douleur qu'il était grand temps de passer à autre chose et à vrai dire, Malefoy en était autant ravi que soulagé. Même s'il n'était pas du genre à s'épancher sur son propre ressenti, la compagnie de la jeune femme n'était jamais désagréable, au contraire. Pansy savait manier l'ironie et la moquerie passive-agressive comme personne. Elle avait un don pour amuser la galerie et trouver la remarque acerbe idéale. Lorsqu'ils avaient quitté l'école, le Serpentard avait même été surpris de les voir garder contact. Elle avait toujours été plus proche de Blaise et il avait supposé qu'elle s'éloignerait une fois qu'elle réaliserait qu'il n'y aurait plus jamais rien entre eux. Mais il en avait été autrement et Malefoy n'avait pas à s'en plaindre. Continuer de la côtoyer et l'avoir comme collègue était loin d'être pénible. Ils étaient souvent sur la même longueur d'onde dès qu'il s'agissait de râler contre l'organisation de Ste Mangouste et sur leurs coéquipiers qui pouvaient se révéler être de véritables bras cassés. Il ne le verbaliserait jamais explicitement mais il considérait Pansy comme une véritable amie.

Après les ruines (Dramione)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant