Chapitre IV - Obstinée

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« Hermione, tu devrais rester allongée...

- Ca va très bien.

- C'est faux.

- Puisque je te dis que ça va !

- Tu veux que j'appelle Ginny ? »

L'horloge affichait 7 heures du matin, Hermione ne s'était pas rendormie après sa consultation avec Pansy et elle n'avait aucune envie de passer plus de temps à Ste-Mangouste.

De toute manière, ça allait.

Bien sûr que ça allait.

Pourquoi ça n'irait pas, d'ailleurs ?

À l'heure actuelle, le seul problème d'Hermione était son ventre qui la tiraillait. Pansy l'avait soignée après l'avoir auscultée et elle savait que tout était parfaitement dans l'ordre. Hermione était jeune, elle cicatriserait vite. Bientôt, tout ceci ne serait plus qu'un lointain souvenir.

Absolument tout.

Enfin, presque.

Hermione ne savait pas ce que Malefoy avait raconté Parkinson. Il était sorti de sa chambre aussi vite que l'éclair puis Pansy avait pris le relai. Elle semblait inquiète par son état, mais elle n'avait absolument rien dit en rapport avec les dernières paroles d'Hermione, celles prononcées avant que Malefoy ne s'éclipse. Elle en avait conclu que le sorcier préférait la laisser se confier à Pansy. Cette nouvelle l'avait soulagée. Car Hermione n'avait pas prévu d'en parler.

Certes, elle aurait pu tout raconter à Pansy. En plus d'être en charge de son cas, elles étaient amies depuis plusieurs années. Mais, quelque chose l'empêchait d'évoquer le sujet. Les mots restaient prisonniers de sa gorge. Elle avait réalisé ce qu'il lui était arrivé en même temps qu'elle l'avait dit de vive voix à Malefoy. On ne l'avait pas seulement agressée, ce qui était déjà suffisamment violent, on avait tenté de la violer.

Hermione n'avait pas la moindre envie de répéter ces mots. Les dire, c'était affronter une seconde fois toute la violence qu'elle avait endurée. Et Hermione était trop fatiguée pour une telle chose.

Pas maintenant.

Plus tard, peut-être.

Elle avait le droit de ne plus y penser, de l'enfouir dans les méandres de son cerveau et de l'oublier. C'était même son droit le plus strict. Reprendre le cours de sa vie, laisser ce moment derrière elle et se concentrer sur le plus important : elle avait échappé au pire et elle était saine et sauve.

« Tu veux qu'on aille te chercher à manger ? demanda Harry. »

- T'es toute pâle, ajouta Ron. Ce qui est tout à fait normal compte tenu de ce que tu as vécu, s'empressa-t-il d'ajouter en remarquant qu'Hermione s'apprêtait à répliquer.

- Je n'ai pas faim, répondit-t-elle. Mais tu as raison, je suis... épuisée.

- Il faut que tu dormes, dit Harry en s'approchant d'elle. On en a terminé avec nos questions et je suis désolé pour notre visite alors que tu meures d'envie de te reposer, mais...

- Ils voulaient envoyer d'autres Aurors, sauf qu'on a préféré se charger de l'enquête, conclut Ron. »

Hermione hocha la tête, silencieuse.

« Je ne vous en veux pas du tout, vous avez fait votre travail, dit-elle. Merci d'être venus, vraiment. C'est juste que... je veux juste rentrer chez moi et dormir dans mon lit. »

Après les ruines (Dramione)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant