Chapitre II - A la maison

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Lorsque le Poudlard Express arriva à destination, Hermione fut l'une des dernières à descendre de la locomotive. D'un geste discret de sa baguette magique, elle ouvrit sa malle et en fit tomber une multitude d'affaires.

« Oh, mince ! lança-t-elle d'un ton faussement désolé à l'intention d'Ernie et Hannah. Avancez sans moi, je... je vous rattraperai. »

La sorcière n'avait aucune envie de traverser la foule de regards curieux qui s'empresseraient de la montrer du doigt. Oui, c'est bon, Hermione Granger était revenue à Poudlard, quelle surprise ! Cette dernière avait bien compris qu'elle était désormais considérée comme une « héroïne » : elle avait passé suffisamment de temps cet été à recevoir la Gazette du Sorcier pour le savoir. L'Ordre de Merlin Commandeur qu'elle avait reçu en guise de récompense pour Service Rendu à la Communauté Magique le lui rappelait sans cesse.

Hermione descendit du quai et poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle remarqua (à son plus grand plaisir) que la masse d'élèves s'était déjà dirigée vers les carrioles. Quelques adolescents traînaient sur le chemin et ceux qui la reconnurent se donnèrent des coups de coude entendus, la suivant d'un regard admiratif. Hermione pressa le pas et se stoppa net lorsqu'elle atteignit les diligences.

Elle les voyait. Les Sombrals. Ils étaient désormais sous ses yeux, bien vivants, à attendre sagement que chaque élève monte dans leur voiture avant de démarrer en trombe. Hermione sentit son cœur rater un battement et elle cligna des yeux. Quelle idiote. Bien sûr qu'elle pouvait les voir, désormais. Comment cela pouvait-il en être autrement ? Avait-elle vraiment pu oublier ce détail ? La sorcière déglutit avec difficulté, s'avança vers la diligence et y monta, ignorant les élèves de deuxième et troisième années qui y étaient installés et qui la fixaient avec des yeux écarquillés. Au bout de longues minutes particulièrement pénibles, l'un d'eux se racla la gorge et se pencha vers elle, l'air visiblement intimidé :

« Excuse-moi, est-ce que tu es... »

La diligence s'arrêta, signe qu'elle venait d'arriver aux marches du château. Hermione ne laissa pas le temps au garçon de terminer sa phrase que déjà elle était sortie. Tête basse, elle slaloma entre les élèves qui continuaient de se saluer et de se serrer dans les bras. Elle monta quatre à quatre les escaliers, jetant à peine un regard vers le hall d'entrée du château. En réalité, Hermione était bien incapable de lever la tête, ses yeux restaient obstinément collés à ses pieds. La perspective de regarder ces murs si familiers qu'elle connaissait pourtant depuis de longues années lui était impossible.

A mesure qu'elle marchait, Hermione sentit son pouls s'accélérer et ses mains devenir moites. Normalement, elle aurait dû se comporter comme une Préfète idéale et aider les élèves à venir s'installer à chaque table. Mais la sorcière n'en n'avait pas la moindre envie. Il y avait bien d'autres Gryffondor portant l'insigne qui pourraient s'en charger ! Là maintenant, la seule chose qu'Hermione désirait était de s'asseoir et de se faire la plus petite possible.

Lorsqu'elle s'engouffra dans la Grande Salle, la sorcière fut bien obligée de daigner lever la tête. Elle balaya l'endroit déjà rempli d'élèves et son estomac se contracta. Il y a encore quelques mois, c'était ici qu'on avait allongé les corps de Remus et de Nymphadora. Et puis le corps de Fred, aussi. Oh, Fred... ! Comment un tel lieu qui avait accueilli la mort pouvait sembler à présent si joyeux ? Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux et elle se mordit l'intérieur des joues pour ne pas pleurer. Il ne servait à rien de se mettre à sangloter, et surtout pas en public.

Son regard croisa des yeux rieurs et pétillants et elle reconnut Neville. Il se leva pour lui faire un signe de la main et Hermione s'empressa de se diriger vers lui. Jamais la jeune fille n'avait été à ce point ravie de croiser le Gryffondor. Depuis quand ne l'avait-elle pas vu ? Neville lui sembla subitement plus grand et beaucoup plus mince qu'à l'ordinaire. Mais ce n'était pas une forme athlétique, c'était plus comme s'il avait perdu beaucoup de poids rapidement. Elle se glissa à ses côtés, la respiration haletante.

Après les ruines (Dramione)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant