Chapitre XXIII - Dispute

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Sonnée. Hermione était complètement sonnée. C'était comme si son cerveau était resté sur « pause » et refusait de redémarrer. Daphne, c'était Daphne qui avait frappé à la porte d'Olivier à une heure bien trop tardive pour qu'on ait besoin de lui faire un dessin. Merlin, quelle naïve ! Lorsqu'elle était rentrée dans la chambre de Dubois, ce dernier était habillé pour sortir. Et lorsqu'elle lui avait demandé s'il avait prévu quelque chose ce soir-là, il avait hésité avant de lui répondre par la négative.

« Il avait bien quelque chose de prévu et ce n'était pas d'enfiler des perles, songea Hermione avec colère. »

Son cœur se serra. Est-ce que Daphne Greengrass était en train de faire une scène à Olivier ? Oh, Hermione n'était pas idiote : tout comme elle, Daphne n'était pas venue toquer à la porte de Dubois pour lui parler du clair de lune. Mais lorsqu'Hermione avait ouvert la porte, elle avait bien vu son regard décontenancé. Ils devaient avoir rendez-vous mais Olivier avait décidé de la laisser en plan et elle ne s'attendait sûrement pas à tomber sur Hermione dans les appartements du Professeur de Quidditch ! Qui aurait pu s'y attendre, d'ailleurs ?

Sa gorge enfla.

« Au moins, ce n'est pas à toi qu'il a posé un lapin. »

Elle se gifla mentalement. C'était donc à ce genre de pensées qu'elle se raccrochait pour ne pas se sentir humiliée ?

« Pathétique, tu es pathétique, Hermione... »

Mais c'était plus fort qu'elle. Il fallait qu'elle trouve un moyen de retrouver contenance. Parce qu'à cet instant, une colère indescriptible lui emprisonnait la poitrine. Hermione avait honte. Non pas parce qu'elle avait couché avec Olivier mais parce qu'elle se sentait bernée.

« Pourquoi est-ce que tu prends les choses autant à cœur ? pensa-t-elle. Vous n'êtes même pas ensemble ! Tu ne lui as rien promis et lui non plus. »

C'était vrai. Mais pourtant, il était humiliant de réaliser qu'Olivier Dubois n'avait jamais eu d'yeux que pour elle. Etait-ce prétentieux de l'admettre ? Si Hermione était tombée sous le charme d'un de ses camarades, l'aurait-elle confié à Dubois ? Sans doute pas, mais elle n'aurait clairement pas joué sur les deux tableaux. Encore moins pour sa première fois...

Son cœur se serra. Mais surtout...

« Combien d'autres élèves fréquente-t-il ? »

Hermione crispa les poings et réalisa que ses paumes étaient moites. Elle les contempla avec curiosité. Des vagues successives d'émotions qu'elle était incapable de définir déferlaient tel un tsunami. Il fallait qu'elle se ressaisisse, il fallait qu'elle analyse cette situation à laquelle elle venait d'assister. Il fallait qu'Hermione retrouve son esprit rationnel, et vite.

Prise dans ses pensées, Hermione enjamba l'escalier et manqua la marche escamotable. Sa jambe fut avalée d'un coup sec et elle trébucha violemment. Elle réprima un juron.

« Oh, non, ce n'est vraiment pas le moment ! s'exclama-t-elle avec une grimace. »

La Gryffondor poussa sur ses bras pour tenter de s'extirper, en vain. Elle soupira. Et dire que seulement quelques heures auparavant, elle se baladait dans les couloirs, ravie d'avoir terminé ses ASPIC mais si mélancolique à l'idée de quitter Poudlard ! Et voilà qu'elle n'était plus vierge, qu'elle venait de réaliser que Dubois s'était bien payé sa tête et maintenant, elle était estropiée. Super !

Il lui sembla entendre des bruits de pas au loin et Hermione poussa un soupir de résignation. C'était sûrement Rusard qui avait entendu son raffut et s'empresserait de lui passer un savon. Quelle merveilleuse manière de terminer sa Septième Année...

Après les ruines (Dramione)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant