Chapitre 23

Depuis le début
                                        

— J'en ai suffisamment vu. 

— Je...

Il passe juste à côté de nous, nous ignorant totalement, et j'entrouvre la bouche pour l'insulter. Ce type ne mérite décidément que ma haine la plus féroce.

— Espèce de...

— REGARDEZ CE QUE VOUS M'AVEZ FAIT !

J'écarquille les yeux, surprise, et observe Luther se lever d'un bond et déchirer sa chemise pour nous offrir à l'œil son torse couvert de poil. Ses yeux pétillent de douleurs, les grognements de Klaus persistent, et je me sens lâcher prise.

— Regardez, j'vous dis, continue-t-il de hurler.

— Eh merde, geint Cinq. 

— Vous, en uniforme, claque alors papa en désignant notre frère. Un mot en privé.

— L'addition s'il vous plaît, réclame alors Allison.

Les signes distinctifs de mon manque me revienne à la figure et je ferme les yeux quelques secondes pour me retenir. Aidant Klaus à se relever, j'avance jusque l'ascenseur dans un pas colérique que je ne contrôles pas, mes frères et sœurs à mes trousses. L'ascenseur se met en marche, le silence pesant retombe, et le corps tremblotant de mon frère tombe contre le carrelage froid de l'habitacle.

—  Bon, lance Allison, ça s'est plutôt bien passé pour une réunion de la famille Hargreeves.

— Oh, la ferme, je grince.

— J'ai l'impression d'avoir été violé... J'ai besoin d'un bain aromatique. Tu n'avais aucun droit de me posséder comme ça.

Mon regard se tourne vers le sien, vitreux, et je roule des yeux, épuisée. Le pied de Diego tape nerveusement contre le sol, et je pose ma main sur son épaule comme pour lui prouver mon soutien. Un soupir lui échappe, froid et douloureux, et il détourne le regard.

— Félicitations, ajoute Allison dans un sourire moqueur en se tournant vers Luther.

— De quoi ?

— Je crois bien que c'est la première fois que je te vois tenir tête à papa.

— Oui, fin tu aurais pu te passer du strip tease, je lance en matérialisant une chemise à sa taille.

Il soupire, les joues rosies par la gêne, et l'enfile aussi vite qu'il le peux.

— Ça va ? Demande alors doucement Vanya à Numéro Deux.

— J'me suis senti vachement soutenu, crache-t-il avec douleur. Mon cul, la team Zéro. Allez viens, Gaby, on se casse.

Les portes de l'ascenseur s'ouvre alors et sa main vient se nicher dans la mienne. Je prends quelques secondes à réagir, surprise, alors qu'il me tire en dehors sans prononcer un mot. Le vent vient frapper contre ma peau, soulageant quelques instants mon esprit de ce manque trop fort, et je tourne mon regard vers le sien, sombre.

— Merci d'avoir été là, murmure-t-il douloureusement.

— Je le serais toujours, je répond tout simplement en haussant les épaules. T'es mon frère.

̶A̶l̶o̶r̶s̶ ̶p̶o̶u̶r̶q̶u̶o̶i̶ ̶c̶e̶ ̶m̶o̶t̶ ̶s̶o̶n̶n̶e̶ ̶f̶a̶u̶x̶ ̶?̶

Il s'arrête soudainement, fixant un point au loin, et je suis son regard, les sourcils froncés. Mon cœur rate alors un battement lorsque je croise les iris bleuté de maman, et ma peau se couvre d'une chair de poule. C'est bien elle. Et toute à la fois... Pas elle.

— Maman...

— Elles ont le même nom, la même apparence, m'explique Diego d'une voix lointaine, mais ce n'est pas elle. Je... Je ne comprends pas.

Ꮜꮇᏼꭱꭼꮮꮮꭺ Ꭺꮯꭺꭰꭼꮇꭹ ///Terminée\\\Où les histoires vivent. Découvrez maintenant