Chapitre 34

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Dimanche soir. Je viens de terminer de souper, seul. C'est moi qui fait mes propre repas maintenant. Je tape un rythme avec deux crayons sur mon bureau lorsque j'entends un bruit à ma fenêtre. Je me lève pour aller voir et d'un coup mon cœur me lâche. Samuelle! Immédiatement, je pars en courant de ma chambre pour descendre dans l'entrée et sortir de la maison. Je m'avance vers Sam et elle se mets à courir pour venir dans mes bras. Elle m'avait vraiment manquer!

- Salut, dit-elle dans mon cou.

Je la serre un peu plus fort pour répondre et reste collé contre elle. Qu'est-ce qu'elle fait ici? Elle était où? Pourquoi? Comment?

- Désolé d'être partie, dit-elle tout bas.

Je ne veux pas me séparer d'elle pour lui répondre.

- Frédéric, lâche moi. Tu veux parler, dit-elle au bout de quelques minutes.

Contre mon gré je la lâche, mais pris d'un soudain élan de courage, je pose mes lèvres contre les siennes. Elle répond à baiser avec douceur et mon cerveau devient de la guimauve. J'avais besoin de se baiser. J'avais besoin de ses lèvres. On s'embrasse comme ça durant quelques minutes avant de se séparer pour que je puisse parler.

- Où étais-tu? Je me suis tellement inquiété! Je pensais que tu étais parti à cause de moi!

- Fred, arrête de penser ça. Mardi soir, on a reçu un appel qui annonçait le décès d'une tante qui habite à 15 heures d'ici...

- Mes condoléances, dis-je.

- Excuse-toi pas, je ne la connaissais même pas, dit Samuelle. Les funérailles avaient lieu vendredi et je devais y assister. On est tellement parti rapidement que j'ai oublié de prendre mon téléphone.

- D'accord, ça me rassure.

Elle me sourit et revient dans mes bras durant quelques instants avant de se séparer de nouveau de moi.

- Toi avec ta mère? Tout c'est bien passé?

- Non vraiment pas, dis-je. Mais je suis content de ce qu'il s'est passé.

- Explique.

- Attends, viens t'assoir sur moi, dis-je en m'assoyant sur le perron de ma maison.

Elle sourit doucement et viens s'assoir sur mes genoux. Je lui explique tout depuis qu'elle est partie jusqu'à aujourd'hui. Je lui explique mon envie de partir d'ici, que ma mère m'a frappé deux fois et que je commence vraiment à me poser des questions sur mon père.

- Je suis tellement désolé Frédéric d'être partie dans un mauvais moment pour toi. J'aurai dû rester et te supporter.

- C'est pas grave. Je devais bien dire les quatre vérités à ma mère un jour ou l'autre. Et c'est grâce à toi que je me sens enfin libre en ce moment.

Elle me sourit en m'entoure avec ses bras.

- Tu peux venir habiter chez nous si tu veux, le temps que tout se calme chez toi, me propose Samuelle.

- Ça ne dérangerait pas tes parents?

- Non. On a déjà fait ça pour Chris et son petit frère lorsque ses parents avaient des problèmes financiers. T'inquiet. Ils vont être ravi de t'avoir à la maison.

- D'accord. Je peux partir maintenant?

- Bien sûr.

- Je vais chercher mes choses, je reviens.

Avant que je ne puisse me lever, elle me vole un baiser qui me fait ressentir encore plein de trucs indescriptibles. C'est tellement agréable.

- Dépêche-toi, dit-elle en se levant de sur moi.

J'hoche la tête et me dépêches d'aller chercher mon sac de fugue dans mon placard avant d'en prendre un autre et le remplir de vêtement. Je prends mon sac d'école et mon skate et vais porter tout ça dehors, où Samuelle m'attends. Je lui fais signe que je reviens et retourne dans la maison, prendre un papier pour laisser une note à ma mère. Au cas où elle s'inquièterait pour moi.

« Je suis parti vivre chez Samuelle, quelques temps, pour souffler un peu. Elle habite la rue d'à côté. Pas besoin de d'inquiéter, même si je sais que tu ne le feras pas. Oh, et en pensant, je vais essayer de retrouver papa. Que tu le veuilles ou non.

Frédéric »


Muet [TERMINÉ]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant