Chapitre 25

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Ça fait une heure qu'on travaille sur le projet. Samuelle s'est calmée. Elle est toujours assise sur moi, mes bras alentours d'elle. Ça ne semble pas la déranger, d'être aussi prêt de moi, et ça me fait sourire. Je sais que je ne suis pas très lourd et plutôt assez mince, mais je suis plus grand qu'elle et elle est très légère. Je sens toujours mes jambes. En tout, on s'est trouvé 12 points commun. Les deux points sur lesquels ont a décidé de faire des recherches sont la batterie et la langue des signes, les deux choses qui nous unis le plus.

- On pourrait mettre un arrière de plan de musique pour la partie où on parle de la batterie, propose Samuelle.

- Ou, on pourrait mettre une photo de toi et moi qui joue de la batterie.

- Ouais, trop bonne idée, s'exclame-t-elle!

Elle tourne sa tête vers moi et me regarde quelques instants avant de me donner un bisou sur la joue droite. Je souris face à son geste et le sujet dont je me suis préparé toute la journée me revient en tête. Le baiser de vendredi soir.

- Sam, il faudrait que je te parle de quelque chose qui me dérange depuis un bout de temps, dis-je.

- Qu'est-ce qu'il y a? J'ai faite quelque chose de mal, demande-t-elle tout d'un coup inquiète?

- Non t'inquiète, ce n'est pas toi. En fait, oui c'est toi, mais pas toi en tant que tel. En fait...

Tu t'enfonce vraiment Fred. Fait juste lui dire d'un coup.

- Oublie ce que je viens de dire. Mais oui, ça à rapport avec toi. Tu te rappel vendredi dernier, lorsque tu es venu ici avec Chris?

- Oui, dit-elle, en comprenant où je voulais en venir.

- Avant de partir, tu... m'as embrassé. Est-ce que... ça voulait dire quelque chose pour toi? Ou est-ce que c'était un défi que les amis à Chris t'ont donné.

- Quoi? Non, c'est pas du tout ça Fred, s'exclame-t-elle en évitant mon regard! Personne ne m'a forcé à faire ça. Je l'ai faite parce que je voulais.

Alors que j'allais lui dire que j'avais bien apprécié se baiser, des coups sur le cadre de ma porte de ma chambre me font sursauter, pareil pour Samuelle. On se retourne tous les deux vers la porte et on voit ma mère me regarder avec un regard noir. Eh bien merde. Samuelle se dépêche de se lever de sur mes jambes pour adopter une position présentable devant ma mère, même si je crois très fortement qu'elle sait que ma mère n'apprécie pas les personnes qui ont le même style qu'elle.

- Bonjour madame, dit-elle très poliment à ma mère.

- Frédéric Owens. Tu pourrais m'expliquer ce qui se passe ici? Qu'est-ce qu'une fille comme elle fait ici? Je t'ai déjà dit que je déteste les gens comme elle et je te retrouve avec cette fille habillé de guenille sur tes genoux en train de parler d'un baiser que vous avez échangé! Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête mon fils! Tu es devenu fou ou quoi!

Vous savez l'insulte « nique ta mère »? Et bien là, j'ai envie de niquer la mienne en plus de l'étrangler avec son collier de perle qu'elle a au cou. Je regarde Samuelle pour voir sa réaction, mais étrangement elle reste très calme face à ce que viens de dire ma mère. Je me lève de ma chaise pour affronter ma mère, mais c'est Samuelle qui le fait avant moi, en parlant en langue des signes.

- Madame O-W-E-N-S, je ne crois pas qu'on se soit rencontré auparavant. Je m'appelle S-A-M-U-E-L-L-E C-L-A-R-K et je parle la langue des signes. Ne vous en fait pas, j'ai compris chacun des signes que vous venez de faire. Je ne comprends pas votre haine envers les personnes comme moi, sur qui vous jugez à partir de leur apparence. Vous ne me connaissez pas personnellement madame, et avec le plus grand respect que je vous dois... en fait, non, je n'ai aucun respect envers vous. Si vous voulez savoir, oui j'ai embrassé votre fils lorsque je suis rentré en douce chez vous la semaine dernière. Jugez les goûts de votre fils et le critiquer par ces choix, ce n'est pas ce que j'appelle une bonne mère. J'imagine que vous ne savez pas qu'il joue de la batterie depuis 5 ans et qu'il y excelle merveilleusement.

- Qui êtes-vous pour me dire ça, espèce de fainéante, s'exclame ma mère en fusillant Samuelle du regard, puis moi.

- La traductrice de votre fils et, elle se retourne vers moi, une fille qui a eu le coup de foudre pour lui.

Sans que je m'y attende, Samuelle approche rapidement son visage du mien, mais dépose délicatement ses lèvres sur mes lèvres. Immédiatement, des papillons s'envolent dans mon ventre avec des feux d'artifices qui explosent. Bien décidé de ne pas la laisser filer comme la dernière fois, je glisse mes mains sur ses joues et approfondi le baiser. Samuelle mets ses mains sur les miennes et on s'embrasse pendant ce qui semble être qu'un millième de seconde, mais qui était probablement une bonne minute. À mon plus grand mécontentement, elle détache ses lèvres des miennes pour me souffler tout bas :

- À bientôt mon petit muet.

Elle se retourne subitement pour attraper son sac à dos part terre et sortir de ma chambre en courant. On l'entend descendre les escaliers et claquer la porte. Je me retourne vers la fenêtre qui est juste à côté de mon bureau et je la regarde descendre l'allé de ma maison, son skate dans les mains et un sourire semblable au mien sur son visage. Lorsqu'elle arrive dans la rue, elle dépose son skate part terre, se tourne vers moi et me dit :

- Désolé de te dire ça maintenant, mais je crois que j'ai eu le coup de foudre pour toi F-R-É-D-É-R-I-C O-W-E-N-S.

- Pas besoin d'être désolé pour ça S-A-M-U-E-L-L-E C-L-A-R-K, car je crois que c'est la même chose pour moi.

Son sourire s'élargit d'un coup et elle baisse la tête avant de la relever pour me sourire de nouveau. Après m'avoir dit au revoir, elle embarque sur son skate et se mets à rouler jusqu'à ce que je ne puisse plus la voir. Avec un sourire idiot, je me retourne, la tête dans les nuages, et vois ma mère en colère me regarder. Je l'avais zappé celle-là. Maintenant, place aux foudres de ma mère.


Muet [TERMINÉ]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant