Chapitre 25

Depuis le début

Ronan servit deux assiettes pendant que je terminais la préparation. Il les posa sur le bar et je le rejoignis sur un des grands tabourets. Je le regardais manger tout en savourant mon assiette. Je réfléchissais à quelques autres recettes que je pourrais mettre en pratique avec le contenu de nos provisions. Et pour la première fois depuis longtemps, je me sentais apaisée à l'idée de faire de la cuisine. Cela ne me rendait pas triste. J'avais l'impression que cela me rapprochait un peu de mon père même s'il n'était plus là désormais pour m'aider à inventer des recettes délirantes.

Aucun de nous n'ouvrit la bouche tant que nous mangions la salade. Je finis par me lever pour préparer le dessert. Je tranchais deux morceaux de gâteau au chocolat, je rajoutais une boule de glace à la vanille et je nappais le tout de crème anglaise. Lorsque je me retournais vers Ronan, il avait un sac dans les mains.

- C'est pour toi.

Je le dévisageais.

- Tu n'as pas pu prendre les affaires que tu voulais et je savais que cela t'embêterait beaucoup. Alors j'ai demandé à Zach de faire un tour dans ta librairie favorite pour te prendre quelques livres. Et puis, j'ai aussi pris un ordinateur, pour que tu puisses travailler tes cours et te distraire.

- Ah. Merci d'avoir pensé à moi. Cela me touche.

Et j'étais sincère. Ces attentions me faisaient plaisir. Il avait pensé à ce que je pourrais ressentir. Même s'il n'en avait pas l'air et qu'il ne savait pas toujours me donner ce dont j'avais besoin. J'ouvris le sac, découvrant une saga que j'avais toujours eu très envie de lire et un PC comme il me l'avait indiqué.

Je posais le tout sur le meuble de l'entrée et je revins vers lui pour manger mon dessert. Ronan avait déjà dévoré son assiette. Je lui proposais de le resservir et il accepta avec joie. Il était vraiment gourmand.

- Je vais faire la vaisselle Tegan. Tu peux aller au salon si tu veux.

Je passais sur le fait qu'il m'avait donné un ordre déguisé en me demandant presque de rester dans son champ de vision. Cela allait rapidement m'agacer. Mais pour le moment je ne disais rien.

Je pris le sac et mis l'ordinateur en charge. Je ne pourrais pas l'utiliser avant que la batterie soit pleine, pour ne pas l'abîmer.

En attendant, je zappais jusqu'à trouver un film abrutissant et je pris un livre au hasard dans le sac, il ne faisait partie d'aucune saga. Le livre s'appelait 'L'appel de l'ange' et c'était Guillaume Musso qui l'avait écrit. Je n'avais encore jamais lu cet auteur même si tout le monde en parlait. C'était une bonne occasion de le découvrir.

Tout en parcourant les premières pages, je griffonnais sur une page blanche sans vraiment regarder ce que je faisais. Je tentais de m'occuper un peu.

J'entendais Ronan s'affairer un peu partout dans l'appartement. Toutes les deux minutes très précisément, il s'approchait de moi pour voir ce que je faisais. Il tentait d'être discret, mais pourtant je le sentais et cela commençait à m'énerver sérieusement.

- Je ne suis toujours pas en sucre Ronan. Cela ne sert à rien de venir vérifier que je n'ai pas fondu toutes les deux minutes, finis-je par dire, exaspérée.

- Je sais que tu n'es pas en sucre. Mais tu détestes être ici alors je veux juste que tu ailles bien, avait-il répondu.

- Sérieusement ? Comment c'est supposé aller bien ? Tu veux bien m'expliquer ?

Sans attendre sa réponse, je me redressais, jetais le livre sur la table basse et montais m'enfermer dans ma chambre. Enfin, c'était mon idée de base.

Mais lorsque je passais devant lui, il m'attrapa le bras.

- Tu ne peux pas t'enfuir à chaque fois que je dis quelque chose qui te déplaît. On va devoir vivre ensemble pendant les prochains jours. Oui je suis protecteur avec toi. Et toi tu es indépendante. Alors il va falloir qu'on s'accorde pour éviter ce genre de scène. Mais si n'en parle pas, on ne va pas y arriver.

Il n'avait pas tort. Je le savais. Je tirais mon bras vers moi pour qu'il me lâche.

- J'ai besoin d'air tu ne comprends pas ? Mais je ne peux pas sortir. Alors je fais comme je peux. Et toi, t'es là, toujours sur mon dos... Ce n'est pas gérable pour moi. Alors s'il te plait. Laisse-moi un peu respirer. Je vais bien. Enfin aussi bien que possible. Maintenant tu peux arrêter de jouer au babysitteur. Je suis grande.

Et je montais l'escalier. Mais au lieu de me réfugier dans ma chambre, je pris la direction de la bibliothèque. J'attrapais un autre livre et m'assis par terre pour en découvrir l'histoire.

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant