Chapitre 26

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J'avais fini par sortir deux heures plus tard. Epuisée d'avoir lu. Ce n'était donc pas la peine d'essayer de travailler un peu, je n'en serais pas capable. Il était presque dix-huit heures alors je me rendis dans la cuisine, suivit de Ronan. Décidément il n'était pas prêt à me lâcher encore. Au moins il m'avait laissé tranquille après notre petite conversation, un peu plus tôt.

Je préparais un repas froid, je n'avais pas envie de me prendre la tête avec ça et nous avions mangé tard donc je doutais que nous ayons l'un et l'autre un grand appétit.

Il restait du gâteau, ce qui ferait un très bon dessert. Je pourrais trouver une autre idée pour le lendemain. Avec les stocks prévus, je pouvais faire n'importe quel gâteau sans me poser de question, j'en étais presque sûre. Et j'avais d'ailleurs repéré quelques livres de cuisine dans l'immense bibliothèque, je pourrais toujours m'en servir.

- Je te propose, à partir de demain, de m'occuper des repas du midi pour nous deux. Cela te va ?

La proposition de Ronan me pris par surprise. Jusqu'à présent, c'était surtout moi qui m'occupais de nous nourrir tous les deux -enfin quand je mangeais en fait-.

- Mais tu sais cuisiner ?, demandais-je

- Tegan je t'en prie !

J'explosais de rire et lui aussi. Cela nous fit du bien de détendre un peu l'atmosphère comme cela.

- Je te signale que pour survivre, le célibataire endurci que je suis doit bien se préparer ses repas.

Célibataire ? Je m'en serais doutée. Après tout, il n'y avait que cette raison qui aurait pu justifier le fait qu'il était toujours dans mes pattes depuis le décès de mon père. Nous étions tous les deux seuls - deux âmes solitaires - ce qui expliquait sans doute qu'une certaine complicité était née ente nous deux. Même si je ne lui facilitais jamais la tâche.

La soirée se déroula dans la bonne humeur. Il me raconta quelques anecdotes sur son travail, comme mon père le faisait parfois avec moi. Certaines d'entre elles étaient vraiment amusantes. Comme cette fameuse fois où il avait été appelé avec son équipier pour un cambriolage que la propriétaire de la maison venait de signaler. Cette pauvre femme n'avait pas osé passer le pas de sa porte fracturée. Quand Ronan était entré dans le salon, il avait trouvé le cambrioleur endormi sur le canapé. Autant dire que cet homme était vraiment idiot.

Ce fut sur cette conversation dénudée de sens que s'acheva ma première journée dans cet appartement. J'étais montée dormir, laissant Ronan dans le canapé avec la télévision.

Le lendemain, ce fut beaucoup plus difficile pour moi de trouver la protection amusante. J'aurais aimé pouvoir sortir, ne serait-ce que pour aller acheter du pain frais dans la boulangerie au pied de l'immeuble. Mais je n'en avais pas le droit. Le seul air que je pouvais respirer était celui de cet appartement.

Pour oublier que je ne pouvais pas sortir, je me plongeais dans mes cours sitôt mon premier café avalé.

J'avais enfin pu allumer l'ordinateur qui m'avait été offert et j'avais chargé tous mes cours. J'avais ouvert les trois principaux que je lisais tout en griffonnant sur une feuille à côté de moi. Ronan était assis dans le canapé, à me fixer. Même s'il n'avait probablement rien de plus intéressant à faire, cela m'agaçait qu'il reste ici.

Heureusement, il finit par quitter le salon pour aller préparer le repas tandis que je continuais de travailler. Mes yeux se fermaient tous seuls sur mon écran. Je posais l'ordinateur sur la table basse, repoussais ma feuille de papier et décidais de reposer mes paupières quelques secondes.

- Tegan.

Il me semblait entendre une voix lointaine.

- Tegan !!!

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant