Chapitre 27

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Le réveil retentit dans ma chambre. Je l'avais réglé pour sept heures. Je l'éteignis rapidement et sorti du lit. Je passais sous la douche pour me réveiller un peu. Je me sentais fatiguée. Je n'avais pas très bien dormi. J'avais étouffé une partie de la nuit, cherchant à éviter la chaleur autant que possible, voulant fuir.

Je savais que c'était dû à mon emprisonnement. Je me sentais de plus en plus enfermée. Et comme je ne pouvais pas sortir, c'était un cercle vicieux. Je savais que, si j'avais pu mettre le nez dehors, tout aurait été différent. Mais alors, ma vie ne serait pas en danger non plus et aussi bien mon père ne serait pas mort. Avec des si, j'aurais pu réécrire le passé et avoir une vie bien meilleure. Mais ce n'était pas possible.

J'enfilais un débardeur et un jean bleu classique avant de rejoindre la cuisine. Ronan était déjà en train de préparer du café.

- Mais tu ne dors jamais toi ?

Il sursauta et se tourna vers moi. Il ne s'attendait pas à ce que je sois là et ma question le pris par surprise.

- Du café pour la demoiselle très matinale ?

Je hochais affirmativement la tête. Il me trouvait matinale ? Je ne m'étais pas levée si tôt. Enfin, si en fait, pour moi c'était plutôt tôt. Mais je voulais travailler et je n'avais pas beaucoup avancé la veille à cause de la sieste que j'avais faite.

Je pris la tasse qu'il me servit et je me rendis directement dans le salon. J'allumais l'ordinateur et repris mes cours où je les avais laissés avant de m'endormir la veille.

Ronan me suivit du regard avant d'intervenir.

- Tegan, il est vraiment tôt. Tu devrais attendre un peu non ? Tu pourras travailler plus tard.

- Non !

Ma voix avait retentit, implacable. Je n'allais pas changer d'avis et Ronan sembla le comprendre. Même s'il avait son regard désapprobateur. Je n'avais presque rien fait depuis que nous étions là. J'avais lu quelques livres, vaguement avancé dans mon travail. Mais dans le fond, je ne pouvais rien faire...

Je n'en pouvais plus. Cet appartement que j'avais trouvé pas si mal à mon arrivée était en train de me rendre dingue. Cela ne faisait que deux jours que j'étais ici. Mais passer deux jours entiers sans pouvoir sortir c'était quelque chose d'insupportable. J'allais finir par commettre un meurtre.

La prévenance et la présence continuelle de Ronan empiraient tout. Je me sentais ingrate d'être aussi en colère alors qu'il n'y était pour rien. Il était là pour moi, à chaque minute de la journée qui s'écoulait. C'était sans doute ça le plus dur. Je ne pouvais pas avoir d'intimité. Je devais, sans cesse, présenter un sourire sur mon visage, lui montrer que, oui, j'allais bien. Mais bon sang, ne pouvait-il pas comprendre ce que je ressentais ?!? Comment voulait-il que j'aille bien ?

La colère est quelque chose de dangereux quand elle reste inexprimée. Mais je ne pouvais pas me mettre à lui hurler dessus. Il ne le méritait sans doute pas. Enfin, disons que j'estimais qu'il ne le méritait pas encore. Mais j'allais finir par saturer. Et je n'avais pas pu calmer cette colère avant qu'elle ne déchaine sa force en moi. Cette remarque de Ronan sur mon travail me rendait folle de rage. J'avais envie de hurler. Je savais que ce n'était pas uniquement à cause de cela, mais je n'avais pas eu conscience du fait que j'étais en colère avant qu'il n'ouvre la bouche.

Mes mains tremblaient, je m'en rendis compte quand mon café se retrouva sur mes doigts, laissant sa trace brûlante sur ma peau. Je soupirais. Posait violement la tasse sur la table basse, laissant du café dessus.

Je me rendis dans la cuisine pour passer ma main sous l'eau sans lancer un regard à mon colocataire. Pourtant, il se tenait juste derrière moi. Comme s'il attendait que je lui demande de l'aide. Mais j'étais trop en colère pour cela. J'avais envie de le mettre dehors. Ou de prendre la fuite... Mais je ne pouvais faire ni l'un ni l'autre.

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant