Chapitre 36

158 16 2

- Une chaise les gars, sérieusement ? Non mais faut arrêter de regarder des films là !

J'aurais peut-être dû fermer ma bouche. Surtout que je venais de prendre un fou-rire. C'était nerveux, mais je n'avais pas pu m'en empêcher. D'autant, que, alors que Nick me tirait vers ladite chaise, je me rendis compte qu'un rouleau de scotch gris était posé sur le sol.

J'avais l'impression d'être plongée dans un film policier, le genre que j'affectionnais particulièrement, même si je ne pouvais pas les regarder avec mon père. Ce dernier ne cessait de dire que ces 'navets' ne reflétaient en rien la réalité. Il ne supportait pas toutes les entorses que faisaient les réalisateurs. Cela me faisait beaucoup rire.

- C'est bon tu as fini, pétasse ? demanda Nick.

- Négatif.

Ma réponse était sortie, avant que je puisse la retenir, presque par réflexe. Il n'apprécia pas trop. Il me balança sur le sol. Malheureusement, cette fois-ci, je ne pus pas empêcher les blessures. Mon visage heurta de plein fouet l'angle de la chaise et je sentis mon arcade sourcilière exploser... Le sang qui coulait m'empêcha de voir clair de l'œil droit.

- Tu trouves toujours cela aussi drôle ? demanda l'un des gardes, sans que je vois lequel.

J'eu presque envie de le féliciter. Pour une fois il n'y avait pas d'insulte dans ses propos. Mais je devais arrêter de faire la mariole si je voulais rester en vie et je le savais.

Je restais sur le sol, ne cherchant pas à me relever. De toute façon, j'étais presque certaine qu'ils ne me laisseraient pas faire.

Nick sorti à nouveau son couteau. Mais je ne m'en aperçu qu'au moment où il trancha les attaches de mes poignets. Je les passais devant pour les observer. J'avais une marque circulaire, qui risquait de me laisser des cicatrices. Cela me faisait comme une brûlure. La vue des plaies me fit prendre encore plus conscience de la douleur. Mais je retins le gémissement de douleur entre mes lèvres. Je ne voulais pas leur donner cette satisfaction.

Celui qui n'avait encore pas ouvert la bouche – était-il muet ? Je dû me retenir de poser la question –, le petit blondinet, me releva et m'installa sur la chaise. Je voulu me défendre, ne pas me laisser faire. Mais il réussit à me tenir tranquille en m'envoyant un coup de poing qui m'assomma à moitié. Ensuite je ne pus que le regarder attacher mes poignets et mes chevilles à la chaise avec le rouleau de scotch.

Je préférais ne pas penser à la douleur que je subirais quand je serais détachée. Ce serait horrible, j'en avais conscience... D'autant que j'avais des plaies à vif dessous...

Je n'avais plus aucun moyen de bouger. J'étais coincée pour de bon. Sans aucune possibilité de prendre la fuite... Cette fois, c'était vraiment la fin... Il fallait que l'équipe de mon père se bouge. Mais ils ne savaient même pas que j'avais disparu... Alors comment auraient-ils pu avoir l'idée de me chercher...

Que me voulaient-ils ? Je me posais la question. Je ne savais absolument rien sur l'affaire. Je n'avais jamais cherché à en savoir plus sur l'affaire qui entourait la mort de mon père. Je savais que son équipe était compétente, il s'entourait toujours des meilleurs. Et les garçons n'avaient pas voulu m'en dire plus à ce sujet. Je crois qu'ils avaient peur que mon impulsivité me conduise à me venger pour ce décès. Pourtant, je ne l'aurais jamais fait...

Mais si j'en avais su plus, peut-être que... Que je n'aurais pas pris la fuite. Je ne pouvais pas savoir mais... Je n'avais aucune idée de la teneur de l'enquête qui avait coûté la vie de mon père. Parce que je n'en avais rien à faire. J'étais trop blessée et détruite par la mort de Pap's pour m'intéresser à tout cela.

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant