Chapitre 32

152 19 4

Del roula pendant quelques instants sans parler et je respectais son silence. Je me demandais ce qu'elle pouvait penser. Après tout, je lui avais demandé de venir me chercher sans lui préciser la raison, après avoir disparu pendant plusieurs jours sans donner de nouvelles... J'étais inquiète. J'avais peur qu'elle soit en colère contre moi, même si elle s'était précipitée pour venir me chercher. Mais j'avais eu besoin d'elle et elle avait répondu.

- Ça va ?, finit-elle par demander avant de se reprendre, non bien sûr que ça ne va pas. Non mais je suis vraiment bête... On ne serait pas là si tu allais bien... C'était vraiment idiot comme question, tu me connais je ne réfléchis jamais avant de parler...

J'explosais de rire tandis que Del continuait de dire à quel point sa question était stupide. Elle m'avait manqué. Beaucoup... En étant dans sa voiture, avec elle, qui ne s'arrêtait plus de parler, j'avais l'impression d'être de retour dans mon ancienne vie. Celle où mon père était encore en vie.

Je souriais alors que Del parlait encore toute seule. J'adorais l'écouter. Je pouvais entendre sa voix et cela me faisait du bien. Elle parlait avec des gestes, lâchant assez souvent son volant. Mais sa conduite restait très bonne, ce qui me rassurait.

Il n'y avait presque pas de circulation en ville, et en moins d'un quart d'heure nous étions sur des routes de campagnes plus tranquilles. Il faisait plutôt sombre, même si la nuit n'était pas encore pleinement tombée.

Je glissais le papier qu'Anthony m'avait donné dans ma poche. Sans m'en rendre compte, je l'avais gardé entre mes doigts durant tout ce temps.

Del se tourna vers moi.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, demanda-t-elle.

Je commençais alors un récit rapide des derniers événements. J'expliquais à Del que les enquêteurs de mon père avaient trouvé des éléments qui montraient que j'étais suivie par les hommes ayant tué mon père. Ils pensaient qu'ils pourraient vouloir attenter à ma vie aussi. Ils avaient voulu me mettre en sécurité. Je continuais de parler encore quelques minutes. Je m'en voulais de ne pas avoir pu la tenir au courant au fur et à mesure des événements. Elle était ma meilleure amie... Je lui disais tout tout de suite habituellement... C'était de la faute de Ronan. J'étais tellement en colère contre lui que j'allais lui reprocher chaque souci qui allait se présenter à moi. Et cela pendant longtemps. Il n'était qu'un traître !!

- Ronan et les autres pensaient que c'était mieux que je quitte la ville quelques temps. Du moins, le temps qu'ils trouvent les suspects et les arrêtent. Apparemment, ils n'avaient pas arrêtés de me suivre même après l'enterrement... Alors on est venus ici. Je vivais avec Ronan. Sauf qu'il a menti Del ! Il a menti sur quelque chose de si grave que je ne pourrais jamais lui pardonner.

Del n'était pas ma meilleure amie pour rien, elle comprit sans même que j'ai besoin de lui dire, que je ne pourrais pas parler de la nature du mensonge. Mais elle savait que ce devait être quelque chose d'assez terrible pour que je m'enfuie aussi rapidement du lieu où j'étais supposé être en sécurité. En tout cas, et heureusement, elle ne posa pas de question. Je ne sais pas comment j'aurais pu lui dire que mon père était peut-être encore en vie. Je ne voulais pas dire cette phrase à haute voix. J'avais trop peur d'espérer...

Après avoir discutés pendant une petite heure, tout en continuant de rouler vers notre ville, Del se frappa le front, comme si elle venait d'avoir une pensée très perturbante.

- Teg', on peut pas retourner chez toi ! Même si les méchants n'y sont pas, c'est là-bas que Ronan te cherchera et ensuite, il viendra chez moi. Il est peut-être le pire des hommes mais c'est loin d'être un idiot.

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant