Chapitre 17

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Quand je poussais la porte de mon appartement, j'eu l'impression que cela faisait des siècles que je n'y étais pas entrée. Pourtant, rien n'avait changé depuis hier, quand nous étions parti courir. Mon portable m'attendait sur la table du salon, mon sac de cours était posé, négligemment vers mes chaussures dans l'entrée.

Je laissais Ronan passer devant moi avant de refermer la porte à clé. Je passais dans la salle de bain pour me changer, n'ayant pas pu le faire à l'hôpital. Je passais un jean et un sweat avant de retourner vers Ronan. Ce dernier était en ligne avec un autre membre de l'équipe. Quant à moi, je devais avertir Del que j'avais passé la nuit à l'hôpital. Il valait mieux que je la prévienne. Je récupérais mon portable pour appeler ma meilleure amie. Mais elle ne me répondit pas, je lui laissais un message rapide.

- Coucou Del. Je t'appelle juste pour te dire que tout va bien ici. J'espère qu'avec Thomas, c'est toujours le paradis. J'ai eu un petit problème hier soir, qui m'a valu de terminer à l'hôpital, mais ce n'est rien de grave. Rappelle-moi vite. Bisous

Je n'étais pas étonnée qu'elle ne réponde pas, elle devait probablement être en cours. Et je n'étais pas certaine que j'aurais pu lui annoncer la nouvelle si elle avait répondu. J'avais volontairement laissé dans l'ombre la menace qui pesait sur ma vie et je ne comptais pas en parler, ni à Del, ni à personne. Je ne voulais pas qu'on s'inquiète pour moi.

J'ouvris le frigo, chose que je n'avais pas fait depuis l'annonce de la mort de mon père... J'avais peur de ce que cela pourrait déclencher en moi. Peur de me mettre à pleurer parce que je ne pourrais jamais plus faire la cuisine avec lui, qu'il ne me donnerait jamais plus de conseil sur une recette... Mais finalement, il ne se passa rien. J'étais comme anesthésiée. Je ne ressentais plus rien.

Je sortis quelques ingrédients pour faire une omelette pour notre déjeuner. Je fis aussi un gâteau en cinq minutes au micro-onde. Je l'agrémentais d'une crème anglaise que je fis rapidement. Je ne vis pas Ronan durant le temps que je passais à la cuisine, il resta dans le salon, à téléphoner. Je ne prêtais pas attention à ce qu'il disait, je ne voulais pas savoir.

J'avais dressé la table et rempli nos deux assiettes quand son coup de fil se termina. Il s'installa en face de moi et mangea d'un bon appétit. On aura dit qu'il avait très faim, comme s'il n'avait pas mangé depuis longtemps. Quant à moi, je me contentais, au départ, de picorer dans mon assiette. Nous venions de manger des viennoiseries. Mais après avoir reçu un regard noir de sa part, je fini par vider mon assiette, pour qu'il me laisse tranquille.

Je m'éclipsais rapidement après le repas pour préparer mon sac. Il fallait que je prenne mon ordinateur et son chargeur ainsi qu'un bouquin que je devais rendre. Quand je retrouvais Ronan, il s'était préparé une tasse de café et en avait fait une pour moi. Il s'était aussi occupé de faire la vaisselle, ce que je trouvais très gentil. Nous savourâmes, en silence, notre boisson chaude avant de prendre la direction de l'université.

Nous étions en cours une demi-heure avant son début. J'avais allumé mon ordinateur. Je m'occupais à relire le chapitre précédent. Je n'avais pas assisté à cette matière depuis un petit moment déjà, mais Hugo m'avait envoyé tous ses cours. Heureusement qu'il était là, je n'aurais jamais eu confiance en quelqu'un d'autre pour ce genre de tâche. Mais mon ami était aussi attentif que moi en amphi. Nous avions des cours assez complets. Mais je n'avais pas eu le temps de me replonger dans mes études depuis la mort de Pap's. Je profitais du temps qu'il m'était offert pour remettre en page le cours et corriger quelques fautes. La pièce se rempli peu à peu mais je restais dans mon coin. Nous étions installés dans un endroit plutôt discret et personne, à moins de nous chercher, ne viendrait nous rejoindre. C'était plutôt une bonne chose.

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant