Chapitre 29

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Nous continuâmes d'avancer en direction du point de rendez-vous. Je me sentais bien avec Ronan. Pour une fois, j'avais l'impression que nous étions sur la même longueur d'onde. C'était plaisant. Je n'avais pas envie d'en découdre avec lui.

En arrivant devant le centre commercial, il consulta son portable et soupira.

- Les autres vont avoir du retard, ils sont dans les bouchons...

Il semblait dépité par cette nouvelle. Quant à moi, je réfléchissais. Cela nous faisait encore plus de temps à passer dehors. Pour un peu, j'aurais sauté de joie. Mais ce n'aurait pas été très correct vis-à-vis de lui... Le pauvre, il allait devoir s'inquiéter plus longtemps encore.

En plein milieu de semaine, le centre commercial semblait désert. Il n'y avait que peu de voitures sur les parkings, et peu de personnes qui se promenaient. Cela offrait l'avantage d'éviter d'étouffer au milieu des autres.

Je pris l'initiative de tirer Ronan par le bras pour le faire entrer dans le centre commercial. J'avais une idée en tête. Puisqu'il n'y avait presque personnes, nous pourrions faire les boutiques sans que cela soit de la torture. Il comprit mon idée et semblait très réticent.

- Ronan, on peut pas rester immobiles, ça va paraitre suspect.

Il soupira. Je me sentais un peu traitresse sur les bords. Je retournais ses arguments contre lui pour le pousser à faire des choses qu'il n'avait pas envie de faire. Rendant les armes sans même s'être battu, il tira la porte et me laissa entrer devant lui. Cet élan de galanterie me fit sourire.

Je regardais la galerie marchande qui s'offrait devant mes yeux. Il y avait beaucoup de magasin, et de la musique plutôt forte. Cela me dérangeait. Je préférais le calme. En soupirant, je passais devant une parfumerie en retenant ma respiration pour éviter une migraine. L'odeur était très puissante...

Je sentais Ronan me suivre, deux pas derrières moi, scrutant tout ce qu'il se passait, tandis que je découvrais avec joie qu'un Starbucks était présent. Je savais que, le moment venu, je n'aurais aucun mal à trainer mon protecteur dans cet endroit, lui qui - comme moi - adorait le café.

Je décidais, un peu au hasard, de pénétrer dans un magasin de vêtements. Ce n'était pas une boutique dont j'avais l'habitude, mais leur vitrine semblait plutôt bien agencée. Je passais de portant en portant, regardant rapidement ce qu'ils proposaient. Trois minutes plus tard nous étions sortis et je vis Ronan pousser un soupir de soulagement. Il avait sans doute eu peur que je reste des heures ici.

Je n'étais pas partisane des magasins de vêtements. Je n'aimais pas faire les boutiques. Au plus grand désespoir de Del d'ailleurs. Elle pouvait passez des heures dans un même lieu, à regarder chaque pièce avec soin. Cela la rendait folle quand je trépignais d'impatience à côté d'elle, voulant m'en aller. Sur ce point nous étions différentes. Elle avait essayée de me convertir au shopping, mais les seuls endroits où je pouvais passer plus de quinze minutes étaient les librairies.

Et puis je repérais mon magasin préféré : la Fnac. Ce fut plus fort que moi, je voulais y aller. Je pris la main de Ronan et l'entrainait avec moi. Cela me semblait naturel de l'avoir juste à côté de moi. Je préférais ne pas m'interroger sur la signification de ces sentiments. C'était sans doute juste parce que je me sentais protégée quand je l'avais avec moi.

Je passais le rayon livre, je savais que j'y resterais des heures sinon. Et je me rendis au rayon multimédia. J'adorais me balader dans les allées. Le calme régnait. Cela m'apaisait.

Faire quelque chose d'aussi normal pour moi me donnait l'impression de reprendre la main sur ma vie. Comme si je pouvais à nouveau contrôler les choses. Je me promenais dans mon magasin préféré, passant de rayon en rayon, laissant mes mains saisir un objet au hasard puis le reposer.

Tegan, fille de flicLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant