Chapitre 68

Depuis le début

Je me rends alors compte qu'il est vraiment en colère quand l'on lui parle de tout cela. Je le suis alors pour le prendre tendrement dans mes bras comme pour lui dire que je suis là. Il se retourne pour poser ses lèvres sur les miennes en me disant qu'il est désolé pour le coup. Je l'excuse aussitôt avant de le trainer à se rassoir.

- J'attends qu'Alexie soit prête avant de la présenter à mes parents. Et je leur laisserai rien faire, ils ne peuvent rien me dire. Ce n'est pas de ma faute si tu n'es jamais tombé amoureux De Martinez, si tu as un cœur de pierre.

De Martinez le regarde comme s'il le méprisait, mais n'ajoute rien à cela. Il baisse la tête vers ses papiers pour pouvoir les lire. Drunogo rigole alors avant de s'adresser à moi :

- Il fait vraiment tout pour vous, mademoiselle Meyer. Je peux vous le dire sincèrement en tout cas.

- Merci, je souris.

Ils commencent à nous expliquer ce qui s'est passé ce matin et le planning du lendemain à savoir mon témoignage et celui d'Emilien. Dès que son nom est prononcé, je me raidis et David enfonce ses doigts dans la peau de mon dos.

Les avocats abordent alors ma partie. Ils m'expliquent que l'autre avocat risque de faire ressortir mes sentiments, mais que j'ai juste à être sincère et qu'il risque d'être très agressif envers moi vu que son but est de prouver que j'ai tout inventé.

Mes sentiments, je réfléchis alors. Ils étaient à l'égard d'Emilien très confus surtout vers la fin. Je me demande alors ce que je dois répondre, ce que je dois faire. Je regarde alors David pour savoir si je peux demander quelque chose.

- Surtout, ne faites pas cela demain ! Cela peut vouloir dire que vous êtes manipulé... S'écrie Drunogo.

Je baisse la tête alors comme une gamine qui vient de faire une bêtise. David me chuchote des mots tendres pour me rassurer un peu et notamment que je peux le regarder, mais quoi que je dise, il me soutiendra.

- Pour mes sentiments, je dois dire quoi ? Je demande alors doucement.

- Ce que tu ressentais avant et maintenant et que tu aimes David aujourd'hui, me répond doucement Drunogo en me souriant.

- Je peux... Je n'ai jamais... Je sanglote alors.

- Chut chut, continue Drunogo. Pour Emilien que tu as pu tomber amoureuse de lui, mais que tu t'es fait manipulée et que c'était ton premier amour. Pour David, que tu vis quelques choses d'intense et que tu cherches encore les mots pour mettre dessus ce que tu ressens.

Cela me rassure alors, surtout que David sourit. Je trouve cela joliment dit. Mais je sais que bientôt j'aurai envie de lui faire part de mes sentiments, que j'en aurai besoin et lui aussi. Pour le moment, je vais m'en tenir à ce qu'a dit Drunogo.

- Sinon, voici une liste des potentielles questions, me dit alors De Martinez en me tendant la page.

Je commence alors à lire les différentes questions dans ma tête en la plaçant entre nous deux pour que David puisse aussi voir. La majorité des questions ne portent pas sur l'agression, mais sur tous les à-côtés : sentiments, décisions d'y aller, psychologue, mon état aujourd'hui...

Je refoule plusieurs fois mes larmes en me serrant un peu plus à David. La feuille n'arrête pas de trembler. J'ai totalement peur, je suis stressée, je ne sais pas si je vais réussir à faire tout cela. Mais j'ai encore le cœur de me battre, surtout que David me soutient.

- Mademoiselle ? Ça va aller ? Me demande Drunogo.

Je hoche la tête avant de reprendre le plateau pour aller tout nettoyer. J'ai besoin de bouger et d'oublier tout cela. David me regarde en posant quelques questions sur le temps que cela va durer et aussi sur le témoignage d'Emilien.

Je reviens vers eux en me replaçant près de David, qui passe sa main dans mon dos pour me tirer un peu plus vers lui. Je n'écoute pas vraiment ce qu'ils se disent pour ne pas me mettre à pleurer.

Quand un silence se fait entendre, je pose alors deux questions après avoir pris une grande respiration :

- Comment je dois m'habiller ? Est-ce que les pauses sont possibles si... Je ne me sens pas bien ?

- En jean chemise, c'est votre look, classe sans en faire trop, me répond en souriant Drunogo.

- Pour les pauses, mademoiselle, dit De Martinez. Il vaut mieux éviter, mais faite signe à David et il nous le dira. D'accord ?

J'acquiesce ce qu'il vient de dire et dis que je me sens prête à le faire. David me sourit en disant qu'il n'en a jamais douté. Je le remercie en lui faisant un bisou sur la joue en prenant sa main avec la mienne.

Les avocats nous donnent des dernières recommandations concernant notre comportement face à Emilien, à l'autre avocat et au juge. Mais ils parlent surtout à David, qui ne doit pas prendre ma défense pendant le procès, que je dois rester calme.

Nous les raccompagnons dans le hall où Adrien les attends pour les descendre au parking. Nous les saluons, alors qu'ils nous souhaitent bon courage et une bonne fin de journée.


Liaison dangereuse 2. Un amour de prof...Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant