Chapitre 72

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« Chaque esprit, chaque goût plus élevé quand il veut se communiquer choisit son audience : du même coup il trace une démarcation à l'égard des autres » de Friedrich Nietzsche.

Je me tortille sur ma chaise sans trop savoir quoi répondre. Je ne peux pas dire que je l'aime comme cela devant tout le monde, ce n'est pas possible. Je me rappelle alors des paroles de Drunogo quand il est venu pour me préparer.

- Je vis quelque chose d'intense et que je cherche encore les mots pour mettre sur ce que je ressens, dis-je avec la voix un peu tremblante.

- Vu votre état, j'en conclue que c'est plutôt faux, mais bref, j'ai finis, balance-t-il avant d'aller se rassoir.

Je baisse la tête sans rien dire, alors que je refoule encore de nombreuses larmes qui veulent fuir de mes yeux. Les juges me demandent de retourner à ma place, alors qu'Emilien ricane encore en venant se mettre à ma place. David passe ses mains dans mon dos et me dit qu'il est là avant que la juge lui demande de se taire.

J'essaye de ne pas croiser le regard d'Emilien, sinon je pense que je vais m'effondrer. Je vois juste qu'il est en costume noir et une chemise blanche avec une veste et une cravate noires aussi. Je me concentre sur ma respiration et sur mes mains en essayant d'ignorer ce qu'il se passe autour. Mais tout à coup, Emilien commence à parler très fort et sûr de lui.

- Elle est venue chez moi sans me prévenir, habillée en pute. Elle a commencé à m'allumer. Et après avoir bu quelques verres, elle m'a dit que l'on allait faire un jeu de rôle. Donc je devais faire le dominateur comme dans son roman du moment 'Cinquante nuances de Grey' de E.L. James.

Je relève le regard pour le voir. Il joue tellement bien le rôle du mec, qui voulait me faire plaisir. J'ai tellement peur, que mes membres se remettent à trembler. Mais j'essaye de ne pas me mettre à pleurer.

- Nous avons commencé. J'y suis allé doucement sachant qu'elle ne l'a jamais fait comme cela. D'habitude, j'étais délicat et j'allais toujours à son rythme en écoutant ses réactions, dit-il avec des yeux de chien battu.

J'hallucine sur ce qu'il vient de dire. Je me rappelle alors comment était le sexe à l'époque et je compare cela avec ce que David m'a fait découvrir et notamment notre week-end pour mes dix-huit ans. Je me rends alors compte qu'Emilien pensait que je prenais du plaisir.

Il commence à me faire douter sur ce procès. Peut-être que j'ai tort, peut-être qu'il n'est pas si méchant que cela et que je lui pourri la vie... Je commence à m'en vouloir. Je m'éloigne de la main de David dans mon dos, aussi bien, c'est lui qui me manipule. Ce dernier ne dit rien, mais je sens son regard interrogateur se poser sur moi.

- On s'est endormi ensuite dans le canapé. Quand je me suis réveillé, elle était devenue folle, elle se frappait et se jetait un peu partout. J'ai essayé de la retenir, mais cela n'était pas possible. Elle est tarée. Faut la faire enfermer, je crois. Du moins pour la protéger d'elle-même, finit-il.

Une nouvelle fois, je suis choquée par ses paroles. Pour lui, je suis bonne à aller me faire enfermer dans un hôpital psychiatrique. Je regrette alors mes pensées quelques minutes plutôt. Je me replace devant David, qui repose ses mains sur mes reins.

- Alexie, murmure-t-il à mon oreille. Il joue la comédie... Je suis désolé...

Je baisse la tête sans lui répondre. J'aimerai tellement le sentir dans mes bras pour lui montrer que si cela ne va pas trop, je sais que c'est bientôt fini. Mais cela n'est pas possible, il faut encore l'écouter répondre aux questions.

Liaison dangereuse 2. Un amour de prof...Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant