CHAPITRE 49

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Antonio ne venait que très rarement avec sa fille à cet endroit de son domaine. La honte et la colère étaient trop grandes pour qu’il ne finisse pas par montrer ses larmes à sa fille qui le regardait sans comprendre pourquoi la seule personne qu’elle chérissait le plus pleurait devant une pierre tombale. La plupart du temps il venait quand Blue dormait donc, mais aujourd’hui, après un début de matinée aussi sombre, il désirait se rendre là avec son petit ciel bleu. Il ne l’amènerait pas à la poupée, mais à sa véritable mère.

L’enfant dans les bras, il prit la direction qu’il ne connaissait que trop bien, puis devint surpris lorsqu’il vit une autre personne déjà en face de la pierre tombale. Le costume noir trois pièces de l’homme contrastait avec les vêtements que portaient ses jardiniers. Il ralentit le pas, étudiant cette haute stature et ses cheveux mi-longs au noir parfait. Dans l’air il rechercha cette présence malfaisante qui caractérisait un être qui avait participé à détruire sa vie, mais il n’en trouva pas.

– Tu n’as à pas avoir peur de moi, parla la voix sans se retourner. Il resserra sa fille plus fort contre lui. – À elle non plus, je ne veux aucun mal, ajouta l’inconnu. – Viens.

Antonio n’obéit pas sur le champ, mais il savait qu’il le ferait. Il y’avait quelque chose qui l’attirait chez cet homme, et lorsqu’il entra dans l’espace personnel de l’inconnu, il ressentit fugacement une émotion qu’il crut reconnaitre, sans pour autant savoir où.

– Qui êtes-vous et que faites-vous là ? demanda-t-il calmement d’une voix basse une fois suffisamment proche.

– Je suis venu voir l’endroit que tu fréquentes le plus en dehors de la chambre de ta fille, répondit l’inconnu en retirant se mains de ses poches, et avec souplesse, il se retourna. – Bonjour, Antonio, dit-il dans un léger sourire amical. Et dès que la petite Blue le vit, elle partit dans un petit éclat de rire angélique, et tendit les bras vers l’inconnu en insistant pour quitter ceux de son père, mais Antonio refusa. L’inconnu sourit alors au bébé, et tendit également les mains vers lui, mais Antonio fit un petit pas en arrière.

– Comme je te l’ai dit, tu n’as rien à craindre de moi, rappela-t-il avec un calme rassurant. Il y eut un court silence durant lequel Antonio détailla l’inconnu, cherchant où il l’avait déjà rencontré, car oui, cette chaleur qui émanait de lui ressemblait énormément à celui d’une autre personne. – Je peux ? demanda-t-il en faisant référence à l’enfant.
Antonio baissa instinctivement les yeux sur sa fille, et sans trouver en lui la force ou le désir de dire non, il le laissa approcher jusqu’à lui prendre l’enfant des bras, et cette dernière rit encore plus fort, regardant l’inconnu avec chaleur et amour comme si elle le connaissait du haut de ses huit mois.

– C’est vrai qu’elle ressemble énormément à sa mère.

Cette phrase sortie Antonio de sa transe, alors il reprit la petite Blue qui s’en plaignit.

– D’où connaissiez-vous sa mère et qui vous a laissé entrer ici ?

– Je connais Rainbow depuis toujours, et pour la deuxième question, la réponse c’est toi.

– Moi quoi ?

– C’est toi qui m’as laissé entrer.

– Mais on ne s’est jamais vu.

– Et tu ne peux pas savoir combien j’en suis peiné, pourtant j’ai tout fait pour. On va marcher un peu ? proposa l’inconnu en ouvrant la marche, et sans y réfléchir, Antonio le suivit.

En silence, ils marchèrent, l’inconnu gardait un visage calme, rassurant, avec un léger sourire qui semblait toujours flotter en permanence sur toute sa personne. Antonio avait beau essayer, mais il ne parvenait à détourner les yeux de ce profile parfait. Puis à chaque pas fait en cette étrange compagnie, il prenait un peu de cette paix qui entourait l’inconnu, alors il cessa de le regarder, et marcha comme s’ils étaient tous deux de vieux amis. Et lorsqu’il exhala, un long soupire d’abandon, l’inconnu s’arrêta.  

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant