CHAPITRE 9

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La maison dans laquelle elle ne voulait pas être durant cet orage était ce qui se faisait de mieux en termes de dernière technologie. Les matériaux utilisés étaient pour la plupart constitués de verrerie renforcée, et d’acier. De ce fait, arrêtée dans l’une des chambres qu’Antonio lui avait prêtée pour se changer, Rainbow pouvait voir au-dehors le ciel toujours de plus en plus sombre se déchainer. Les arbres tanguaient violemment, les gouttes d’eau battaient frénétiquement le verre sous ses yeux, mais à l’intérieur, tout était si calme, qu’immobile, et le corps tremblant de peur, elle se retenait de pleurer encore plus sur son sort.

C’est certain que son patron allait la prendre pour une folle après son comportement des plus étrange. Mais pour le moment, il y’avait plus inquiétant, car il était aussi certain qu’il ne la laisserait pas partir avant la fin des intempéries. Elle devrait alors rester ici et son secret n’allait donc pas perdurer plus longtemps.

Ses vêtements étalés dans la salle de bain, et le t-shirt d’Antonio sur le dos, Rainbow avait refusé le repas qu’il voulait lui servir, et même si elle avait faim, la honte de se présenter à lui, doublée par sa peur de la suite des évènements, lui ôtait toute envie de faire face à son patron.

En boucle Antonio ne cessait de tourner les dernières heures dans sa tête a la recherche de ce qui avait bien cloché mais il ne voyait pas la faute. Un instant ils étaient assis dans le bureau a travailler, et l'instant d'après elle avait blêmit comme rarement il avait vu quelqu'un le faire, puis sans crier gare elle avait fuit sous la pluie. Et depuis qu'il l'avait presque ramener de force a l'intérieur, elle s'était enfermée dans la chambre qu’il lui avait donnée. des heures donc qu’il ne l’avait pas revu,

En vain il avait frappé a la porte, en vain il avait demander ce qu'elle avait sans obtenir de réponses, alors au bout de la cinquième fois, il n’avait plus insisté. Il n’avait d'ailleurs jamais été le genre d’homme à être patient pour supporter les caprices d’une femme, mais avec elle, étrangement, il sut qu’il aurait pu faire preuve de patience si elle le lui avait permis. Elle ne voulait pas le voir ni lui dire pourquoi elle semblait si désemparée, et ce manque de confiance en lui le titillait, mais il allait faire avec.

Après un dernier regard vers sa chambre d’où il pouvait voir la lumière sous la porte, Antonio continua au dernier étage, vers sa propre chambre, avec sous le bras, les documents sur lesquels il n’avait pas pu se pencher et ferma derrière lui pour se mettre au lit. Les papiers éparpillés sur son couvre-lit marron foncé, et son ordinateur reposant sur ses jambes allongées, il étudia pendant de longues heures les comptes rendus de réunion sur la mise en place d’un certain nombre de produits.

Au-dehors, le bruit des orages devenait de plus en plus fort, mais il n’y accordait pas plus d’importance. Puis, un sourd bruit de chute se fit entendre avant que sa porte d’entrée ne s’ouvre dans un grand fracas. Irrité et surpris, il fronça les yeux vers l’entrée, et remarqua son assistante affalée sur ses genoux le visage en larmes, et cette image fut si violente pour son esprit, qu'Antonio bondit presque de son lit en balayant dans l’instant tous les documents qui s'éparpillèrent sut le sol, et à grands pas il alla soulever par les épaules une
Rainbow qui sanglotait abondamment en tremblant de tout son être.

Elle avait les lèvres entrouvertes comme si elle cherchait un air qui devenait de plus en plus rare, et ses yeux d’habitude d’un bleu ciel, étaient assombrie par la panique qui s’y lisait.

— Qu’est-ce que vous avez ? l’interrogea Antonio désespéré de ne pas savoir ce qui lui arrivait. Quelqu’un est entré dans la maison ?
Mais la jeune femme ne lui répondit pas, ou plus exactement, elle n’arrivait plus à parler.

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant