CHAPITRE 33

1.1K 299 26
                                    

















Le temps s’écoula sans que le couple dans le lit n’y soit sensible, seule la chaleur de l’autre importait, seule le souffle de l’autre importait… seul l’autre comptait. Au dehors, la pluie avait diminué, la musique douce coulait suavement dans la pièce, et lorsque Rainbow releva finalement des yeux rougit vers lui, les lèvres rouges et gonflées à force d’avoir été malmenées, et lorsqu’elle le regarda avec cette soif de lui, lorsqu’elle s’ouvrit à lui et qu’il sentit sa propre âme se fondre dans celle de la lionne qu’il tenait, alors il sut ce qu’il avait à faire. 

— Épouse-moi.

Il la vit retenir son souffle de surprise en écarquilla légèrement les yeux. L’hésitation parut dans ses yeux bleu, mais il ne lui laissa pas le temps de douter.

— Oui Rainbow Banks, épouse-moi. Je n’ai plus que trois mois à vivre, et je veux dépenser chacune de ces secondes avec toi. Pas parce que j’ai pitié de toi ou que je me sens seul, mais plutôt parce que je me sens seul de toi, de toi et seulement toi. Je me sens seul de ton sourire, de ton regard, je me sens seul de ta présence, de ta chaleur, je me sens seul de ta voix, de tout de toi. Alors, épouse-moi Rainbow, permet moi de passer le reste de ma vie à ton ombre. Je suis sans doute égoïste, mais je n’ai pas envie de mourir ailleurs que dans tes bras, et si ce temps devait arriver plus vite alors je dis oui. Je ne suis pas l’homme le plus saint qui soit, j’en suis même si éloigné à un point que tu ne peux savoir, mais épouse-moi. À cet instant je ne te dis pas tout sur ma vie et tu le sais, je le ferai probablement, quand je serai aussi fort que toi, mais ne regarde pas à ma misère, à mes faiblesses, mais épouse-moi. Je ne suis pas l’homme idéal, mais te promets de t’aimer, de te respecter, de te chérir, de partager avec toi tout ce que tu veux partager avec moi, de tout te donner de moi, d’être un homme à ta hauteur, et de t’être fidèle même jusque dans mes pensées.

— Durant leur fin de vie, nombreux sont ceux-là qui veulent voyager, faire la fête, baiser, dépenser, mais moi, la seule chose que je veux c’est ton rire, ton bonheur, toi, alors ne me laisse pas en dehors de ta vie. Dis-moi non si tu veux, et ensuite dis-moi comment te convaincre de me laisser entrer dans ta vie en tant que ton époux. Ou dis-moi oui comme le désir tout de moi, et fais de moi l’homme le plus heureux de tous les temps. Pour le sexe, je ne te demande rien que tu ne veuilles me donner librement. Et si tu ne veux pas que je te touche, alors qu’il en soit ainsi pour tout le temps de notre mariage, mais prends-moi. Épouse-moi Rainbow Banks. 

Antonio parlait vite, mais de façon posée et d’une voix profonde de laquelle il ne parvenait plus à retenir son accent italien tant l’émotion guidait ses mots. Et elle ne le quittait pas des yeux, pas même pour les cligner. Rainbow n’entendait plus la musique, elle était en sous-vêtement en coton blanc dans les bras d’un homme, et ce dernier ne la tenait, ni ne la regardait avec irrespect, et la ferveur qu’elle voyait dans ses yeux. Tout ce feu.

Elle savait qu’il ne lui disait pas tout, peut-être le ferait-il un jour, ou pas. Peut-être lui dirait-elle la fin de cette histoire qu’elle avait elle aussi tut par sagesse, mais la seule chose dont elle était certaine, c’était qu’elle voulait tous les jours de sa vie voir cette lueur dans les yeux d’Antonio, exactement comme quand il la regardait à cet instant.

Ce dévouement, cette honnêteté profonde et totale sur ses sentiments, cet amour tout simplement. Le cœur galopant, la peau recouverte de chair de poule, le souffle rare, les yeux larmoyants tels des fontaines, et le cœur en liesse elle se perdit plus encore dans les yeux d’Antonio qui maintenant lui parlait en italien d’une voix qui espérait.

Elle posa le front contre celui d’Antonio, et ferma brièvement les yeux.

— Je t’aime tellement, lui avoua-t-elle d’une voix brulante de sincérité, et il se tut, les yeux écarquillés, le front recouvert d’une fine couche de sueur. Il lui dit une phrase toujours en italien, et elle sourit.

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant