CHAPITRE 20

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— Que faites-vous vraiment ici ? demanda-t-elle soudainement.

— Je vous l’ai dit, je…

— Mon assistante a appelé pour me signifier qu’elle avait dit à la vôtre ou je me trouvais il y’a à peine trente minutes, alors non, pas de ça avec moi, le coupa-t-elle en frappant dans la balle qui s’envola vers le point d’eau.

Elle eut une mimique ennuyée.
On positionna de nouveau une autre balle blanche.

— Alors, que faites-vous ici ?

Elle se rapprocha du tee.

— Non pas comme ça, l’arrêta-t-il doucement lorsqu’elle voulut frapper. Automatiquement ses mains se posèrent sur sa taille, et il la sentit se crisper sous ses doigts. Elle sentait si bon, cela faisait longtemps qu’il n’avait plus humé son parfum, encore plus longtemps qu’il n’avait pas été aussi près d’elle. Sans qu’il ne le veuille, ses mains glissèrent langoureusement plus bas, se posant sur ses hanches.

— Écartez légèrement les jambes. Un peu plus, murmura-t-il sur un ton chaud en la guidant de son pied, voilà, approuva-t-il tandis que de ses doigts, il effleurait les bras de Rainbow, faisant mine de lui montrer comment tenir son club.

Entre eux cette étrange tension remonta, comme chez lui durant ces quelques jours où il avait en dépit du mauvais temps, eut une certaine accalmie, et comme en ces jours-là, aujourd’hui, sous ce magnifique ciel ensoleillé, il n’avait qu’un seul désir, la faire lâcher ce club, puis la retourner pour posséder ses lèvres, quels gouts pouvaient-ils d’ailleurs avoir ? Probablement celui du paradis.

— Ne faites pas ça, susurra tristement la jeune femme sans pour autant bouger.

— Faire quoi ?

— Ça. Ne me flattez pas de la sorte. Vous n’avez pas besoin d’utiliser cette technique pour pallier à vos mots d’hier.

Doucement il recula, interloqué, et elle se retourna pour le fixer.

— Rainbow, je…

— Antonio Grimaldi ! Que de surprise de te voir là, roucoula une voix féminine qui lui donna dans l’instant même un mal de tête.

Avec un sourire dissimulant son exaspération, Antonio se retourna vers cette arrivée des plus désagréables.

— Sissi, comment vas-tu ?
Portant une jupe encore plus petite que celle de Rainbow, elle glissa ses cheveux à la fausse blondeur derrière l’oreille suivant une nonchalance étudiée pour plaire à celui qui regardait.

— Mieux maintenant que je te vois. Kyle me disait la fois dernière que tu étais assez occupé ces temps-ci.
Une petite moue boudeuse relevant le rouge de ses lèvres la rendit tout à fait charmante, tandis que de l’ongle elle effleurait le bras d’Antonio d’un geste loin d’être innocente, et cela en se foutant royalement du vieil homme qui l’attendait dans la voiturette. Et au vu de son âge, il ne devait rien voir. Antonio baissa les yeux sur cette main féminine et remarqua l’énorme solitaire qui ornait son doigt.

— Encore fiancée à ce que je vois, éluda-t-il, mais d’un mouvement de la main, elle balaya ce sujet qui pour elle n’avait aucune espèce d’importance. Elle n’avait que vingt-huit ans, et elle était à son troisième mari, et elle avait même une fois porté la minijupe noire du veuvage trois petits jours, avant de comprendre que son défunt mari ne lui avait rien laissé, ou du moins, pas suffisamment pour qu’elle puisse vivre comme elle l’aurait voulu. C’était là qu’était intervenu Antonio en qui elle voyait un potentiel conjoint de vie, mais la seule chose qu’il lui avait offerte, était une nuit. Assez agréables d’ailleurs, toutefois, comparativement à un des moments qu’il avait partagé avec Rainbow chez lui, ces quelques heures avec Sissi paraissaient bien fades. Il pivota sur lui-même mais ne vit plus Rainbow, portant son regard plus loin sur sa gauche, il remarqua sa magnifique chevelure ondoyer, et son club qu’elle tenait telle une machette. Et sans même voir ces traits, il sut qu’au train où allaient les choses, ce n’était pas demain la veille qu’il règlerait cette situation.

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant