CHAPITRE 27

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Je déteste cet endroit ! telle était la phrase qui illuminait toujours ses pensées lorsqu’Antonio était amené à rentrer au pays. Trop de mauvais souvenirs murmuraient son esprit en dépit du fait qu’il savait que l’Italie était l’un des plus beaux pays au monde. Une ambiance toujours chaleureuse, des femmes magnifiques, une belle odeur dans l’air, des couleurs chaudes, et tout un tas de qualificatifs, mais Antonio détestaient ce pays. Distraitement il en regarda un garçonnet glisser sur un emballage usagé, avant de vite être rattrapé par sa mère. Il ne put alors s’empêcher de sourire en songeant à sa propre mère, mais comme toujours, à la suite de son doux sourire, lui revenait le regard vitreux qu’elle était morte. Une image qui ne s’oubliait pas, tout comme celui de son meurtrier. Il serra les dents. Florence à cette époque était superbe. Longeant une terrasse autour de laquelle s’agglutinaient de jeunes couples, il alla vers la grande fontaine d’eau. Il faisait légèrement plus frais ici. Retirant négligemment ses lunettes de soleil, il détailla les jets d’eau avec encore à l’esprit l’odeur du parfum qu’avait créé Vicente, et il savait déjà le nom qu’il lui donnerait.
Un léger sourire aux lèvres, il glissa les mains dans ses poches, et pivota sur sa gauche pour reprendre le chemin inverse vers son hôtel lorsqu’il percuta un corps. Dans le même instant, plusieurs jurons, et exclamation envahir son ouïe. Il avait oublié combien les Italiens adoraient parler.

— Toutes mes excuses, je ne vous avais pas vu.

— Vous ne pouviez pas faire un peu attention ?

Le jeune homme qu’il avait percuté ne le regardait déjà plus. Nerveux comme on pouvait rarement l’être, ce dernier le contourna pour aller regarder la fontaine.

— Non, non, non, pas ça, marmonna-t-il irrité en fouillant l’eau du regard.

— Je peux vous aider ?

Il se retourna vivement vers lui faisant tanguer ses cheveux sombre retenue en partie par une petite queue de cheval.

— M’aider ? M’aider ? Ce n’est qu’en ne me rentrant pas dedans que vous m’auriez facilité la vie. Maintenant qu’est-ce que je fais d’une boite sans la bague ?

D’un geste courroucé, il lui montra l’écrin à bijou sans la bague de fiançailles qui allait avec.

— Maintenant qu’est-ce que je fais moi ? C’était toutes mes économies !
De nouveau il se retourna vers le bassin, et Antonio l’y rejoignit.

— Je vais vous aider à chercher, on ne quittera pas cet endroit sans la bague.

Le jeune homme parut triste.

— Je ne pense pas qu’on puisse la retrouver. Le diamant n’est pas si gros vous savez, je n’avais pas les moyens pour lui offrir un caillou de la taille de la lune. Et l’anneau est si petit. C’est qu’elle a de fins doigts ma Mila, plaida-t-il d’une voix abattue.
Il exhala un profond soupire en passant la main sur son visage, et Antonio vit la douleur dans ses yeux. Ce n’était pas qu’une simple bague comprit-il. Il fu tenté de vouloir lui signer un chèque, mais le faire serait inapproprié, et ne rien faire n’était pas non plus un choix. Pendant une trentaine de minutes, ils cherchèrent alors dans le bassin avec nonchalance afin de ne pas attirer le regard sur eux par crainte d’un potentiel voleur. Gros ou pas c’était après tout un diamant. Autour d’eux le soleil déclinait déjà, et une fois la nuit tombée ce ne serait pas plus facile.

Se redressant les mains humides, Antonio retint un soupire. Le chèque serait apparemment l’unique solution. Et il en signerait un qui puisse permettre à cet homme de pouvoir payer la lune à sa future femme. Les lèvres entrouvertes, il se retourna vers le jeune homme, prêt à faire sa proposition lorsqu’une voix masculine les interrompit avec cette belle nonchalante propre aux Italiens.

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant