CHAPITRE 10

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Même profondément endormie, Rainbow parvenait à sentir une odeur qui ne la laissait pas indifférente, toujours inconsciente, elle inspira profondément ce parfum intense, boisé, avec ce qu’il fallait d’assurance et de masculinité, avant de rouler vers la source pour mieux s’en abreuver. Enfermée dans les bras de Morphée, elle était certaine de faire un rêve, un rêve dans lequel elle suivait une odeur, et plus elle se rapprochait, plus elle ressentait une douce chaleur enveloppant son corps.

Dans son rêve, lui parvenait tout aussi de douces notes d’un piano solitaire, et ce n’est qu’en ouvrant doucement les yeux, que la jeune femme se rendit compte que son rêve n’en était pas un, qu’elle avait roulée jusqu’à se retrouvée le nez situé non loin du torse d’Antonio, qu’elle avait même passé le bras autour de la taille de ce dernier, et que la musique qu’elle entendait était Clair de Lune, soit la sonate pour piano n°14 du grand compositeur Beethoven.

Pendant un vague instant, Rainbow se demanda où elle avait bien pu tomber quand les évènements de la veille lui revinrent, la pluie, les orages, elle qui s’était roulé en boule sur le sol de la chambre en pleurant à chaque rafale dans le ciel, les éclairs qui illuminaient méchamment la chambre, elle qui ne supportait plus ni le bruit, ni les lumières, elle qui parcourait difficilement les couloirs afin d’atteindre cette chambre, avant d’y entrer comme une furie, elle qui s’était révélée à Antonio, et pour finir elle qui avait éprouvé du désir pour cet homme à mille lieues du genre d’homme qu’elle fréquentait d’habitude, et comme si ce n’était pas suffisant, elle était toujours dans son lit.

Bref, de quoi mourir de honte !

Doucement, Rainbow releva les yeux pour voir son bras par-dessus la taille de la personne à ses côtés, remonta vers le torse d’Antonio qui était assis dos contre la tête de lit, elle atteignit ses épaules, et au fond d’elle, la jeune femme priait pour que la tête qu’elle allait voir soit n’importe laquelle sauf la sienne, elle accepterait même d’avoir dormi avec un martien, mais pas lui. En posant son regard bleu clair sur le visage de l’homme à ses côtés, la première chose qu’elle vit ce fut ses yeux, le regard malicieux, et amusé d’Antonio qui la fixait.

— Bonjour Mademoiselle Banks.
Instantanément, l’intéressée ouvrit grandement les yeux, rosis vivement.

— Oh mon Dieu ! s’exclama-t-elle dans un couinement surpris et gêné en roulant sur elle-même pour s’éloigner de ce corps qui appelait à la perdition. Dans sa belle tentative pour s’échapper, Rainbow roula plus que nécessaire, avant de se retrouver à faire une belle chute sur le sol froid de la chambre.

Sa tête cognant contre le marbre en la faisant mal, mais elle évita de bouger, allongée comme si là, était sa nouvelle demeure, elle ne bougea pas.

Comment allait-elle gérer toute cette histoire ? Cet homme était son patron, elle avait dormi avec, et s’il le lui avait demandé, elle aurait même couché avec. Juste un moment de faiblesse, se convainquit-elle les yeux fermés.

— Que faites-vous ? demanda Antonio sur un ton vivement intéressé.
Rainbow sursauta en hoquetant comme s’ils jouaient à cache-cache et qu’il l’avait trouvée.

Il était là, grand, torse nu, large, bâtit par un architecte qui connaissait très bien son travail au vu du résultat devant elle, et elle, elle était couchée sous lui, à le regarder en contre-plongée, avec les mêmes sensations que la veille, surtout lorsque son regard de femme se posait sur ce corps d’homme.

Le cœur battant plus que de raison, Rainbow écarquilla une fois encore les yeux en rougissant lorsque son attention se dirigea vers sa ceinture. Les mains sur le visage pour ne plus le voir, et tenter ainsi de refréner sa folie, elle pensa à toutes les manières possibles d’aborder cette affaire sans que les mots honte, et gêne n’y figure, mais elle ne voyait rien.

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant