CHAPITRE 44

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Sept mois plus tard…

La lumière n’était plus chose autorisée dans cette chambre, et l’espoir une notion qui n’existait plus, seule la souffrance hantait ses veines nuit et jour, et pour faire taire cette voix au fond de sa tête, seul l’abrutissement marchait, aussi, il buvait plus que de raison. Dans les trois premiers mois il l’avait cherché, mais jamais il n’avait pu retrouver la naissance de l’arc-en-ciel, c’était comme si elle n’avait jamais existé, rien nulle part. les autorités ne pouvaient faire quelque chose pour lui, elle était majeure, alors elle pouvait aller où bon la semblait, c’était là ce qu’on l’avait dit. Aussi, il avait fait jouer ses relations, il avait fait jouer l’argent, mais le dieu dollar n’avait pas pu faire mieux, il avait songé à nouveau au suicide, mais il était devenu trop lâche comme l’homme lui avait dit, ou peut-être espérait-il secrètement qu’elle passe les portes de la maison un jour. Ç’avait sans doute pour cela qu’il ne quittait jamais sa villa. Depuis tant de mois qu’il vivait reclus dans leur chambre, toujours vêtu du même pyjama qui sentait maintenant les poubelles. Toute sa chambre sentait la poubelle, mais en tant que déchet, ça ne le dérangeait pas.

Sept mois qu’elle était partie, et il ne pouvait se résoudre à dire qu’elle était morte. Il ne mangeait plus, se contentant de boire jusqu’à en frôler le coma éthylique. S’il ne pouvait pas se suicider d’une manière plus rapide, l’alcool le ferait pour lui. Kyle, son seul meilleur ami avait été repoussé, et enfermé en dehors des portes de sa vie. Ce dernier veillait à distance à toujours remplir son frigo de nourriture saine, et son bar d’alcool, tout en veillant à ne pas trop lui en donner. Il vivait, mais il était mort, et toute cette maison était une tombe grandeur nature. Comme tous les jours, ce fut dans un sursaut et en larme qu’Antonio ouvrit les yeux. Toute la chambre était plongée dans l’obscurité quand bien même qu’il serait douze heures passé dehors. Il se redressa du sol des toilettes où il c’était endormi deux heure plutôt, la tête lancinante, avec difficulté, il prit appuie sur la cuvette et poussa sur un corps qui ne savait plus à quoi pouvait ressembler une activité sportive.

Une barbe de plusieurs mois lui mangeant la moitié du visage, et de longs cheveux noirs lui couvrant la nuque jusqu’aux épaules, il prit en même temps sa bouteille de bourbon, et siffla le dernier quart qui restait avant de l’abandonner dans un bruit sourd. En titubant, il rejoignit la chambre à coucher, alluma l’une des lampes de chevet, afin de seulement avoir de quoi se guider jusqu’à la console de son oubli, et là, il prit une autre bouteille, du whisky cette fois-ci. Sans s’encombrer d’un verre, il l’ouvrit et porta le liquide à ses lèvres. C’était l’heure du petit déjeuner, ou peut-être le diner, qu’importe, c’était l’heure pour boire. Il ne devait pas être sobre, il ne devait pas voir la réalité, il ne devait pas voir ses fautes, il ne pouvait pas y faire face. C’était beaucoup trop douloureux, alors il fallait boire, boire jusqu’à oublier, boire jusqu’à se sentir plus bas que terre, boire pour se punir, boire pour rêver des bons jours, alors il but, il vomit, salissant sa barbe fournit, et l’avant de son pyjama. Maladroitement il essaya de se nettoyer puis abandonna, il avait mieux à faire, boire. La bouteille entamée jusqu’à la moitié, et adossée contre l’un des murs de la chambre, il pleura, c’était ainsi. Il buvait pour oublier, puis l’alcool en fidèle amie se débrouillait pour faire l’exact opposé, en lui rappelant combien il était minable. La bouteille sur sa gauche, les genoux repliés, et la main retenant une tête qui ne demandait qu’à mourir, il pleurait alors de tout son saoul, tel un enfant il sanglotait, tel un rejeté il maudit tout, surtout lui, et lorsque la douleur devenait insupportable, il finissait la bouteille et en prenait une autre, et recommençait jusqu’à ne plus sentir son propre visage, et là, il s’endormait. Tel était devenu l’emploi du temps du grand Antonio Grimaldi.

Le sacrifice de l'angeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant