Chapitre 25 : Le Chien de Miflam

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-Je n'en ai rien à fiche de ma vie ! tonna Béthanie en fracassant son poing sur la table.

-Pourtant, tu devrais y penser ! répliqua Sarah sur le même ton, de l'autre côté. Car si tu meurs, mon frère n'y survivra pas ! Tu le sais ! Te sauver c'est le sauver lui !

Face à cet argument imparable, elle serra les dents, fusillant la sœur de Marc du regard. Sarah avait les yeux aussi cernés que les siens, la mine aussi livide. Entre elles, le Commandant Brior avisait l'échange avec un certain détachement.

-Du calme, toutes les deux, déclara-t-il. Nous allons revoir notre plan.

-C'est du suicide ! Nous ne devrions même pas l'envisager !

-Ils ne me feront rien ! Je suis un symbole de guerre, la femme derrière laquelle ils se rangent pour combattre !

-Si Sergei a rejoint l'autre côté de la frontière, alors il a passé le mot comme quoi tu étais avec Marc ! Pas parce qu'il t'a enlevé et abusé de toi, mais parce que tu l'aimes !

-Ça suffit !

L'exclamation de son grand-père les fit taire. Avisant son visage sombre, Béthanie rongea son frein. Sarah avait raison, mais il n'en restait pas moins que ce plan était leur unique chance !

Posant les mains sur les cartes, le Commandant prit un temps de réflexion, qui les força à se calmer. Après l'attaque d'Aniort et le revirement de situation, il n'avait pas hésité une seconde à les aider. De toute façon, l'idée semblait lui trotter dans la tête depuis un moment déjà. Il n'avait pas apprécié les nouvelles de la vie Briloise de Béthanie, et encore moins de savoir que l'un des responsables était l'actuel Roi.

-Papy, avec ou sans vous je le ferai.

-J'en suis conscient. C'est pour cela que notre aide est indispensable. Écoutez, Sarah, je sais ce qu'il se passe de l'autre côté de la frontière. Béthanie a quasiment été élevée au statut de Sainte. Elle est la figure de proue des affrontements. On ne pourrait pas l'en déloger si facilement.

-Mais, Sergei...

-Sergei a Marc entre ses mains. Mais si j'ai bien cerné ton mari, ma chérie, il va faire en sorte de reporter toutes les fautes sur lui. De te garder immaculée aux yeux des Brilois. Ce qui fait que Béthanie est la seule à pouvoir suivre ce plan.

-Mais ! s'exclama Sarah. Je...

-S'il te plait, la coupa la Princesse. Fais-moi confiance.

*

Sarah avisa les cieux nocturnes, l'estomac noué. Elle ne parvenait pas à se détendre. À se reposer.

Depuis l'enlèvement de Marc par Sergei, elle était dans cet état. Identique à celui où il s'était retrouvé à la cour Briloise, dans sa mission pour tuer les souverains. Elle ne savait pas si son frère vivait. S'il était mort. S'il était en bonne santé.

Sur ce dernier point, elle ne se faisait aucune illusion.

Le prétendu bourreau de Béthanie était entre les mains des Brilois, qui vouaient une certaine vénération à leur Princesse. S'il n'était pas déjà torturé, c'était un miracle.

Non. Elle ne devait pas penser à cela. Tout allait bien se passer. Tout allait bien se passer...

-Sarah !

On l'appelait ? Ce n'était pas Béthanie. Cherchant l'auteur de ce cri, elle leva le nez, pour découvrir Nathan, perché sur l'une des barres transversales du mat principal. Il quittait son poste de vigie, son arc en travers du torse, son carquois dans le dos.

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant