Chapitre 16 : Rencontres au Palais Royal

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-Marc, la Résistance nous pose un sérieux problème.

Le capitaine leva les yeux de la carte qu'il étudiait. Le Roi de Miflam avait les poings fermés, posés sur la table. D'une trentaine d'années, il avait des cernes et une barbe naissante. Le souverain était toujours tiré à quatre épingles, aussi cela était-il un indicateur peu folichon de la situation.

-S'ils sont parvenus à prendre Aniort, alors la guerre n'est plus à nos frontières, fit Marc avec un hochement de tête.

-Nous devons absolument reprendre la ville. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ces chiens de Brilois avoir une base dans nos terres.

C'était une réalité que peu connaissaient. Il ne savait pas si Béthanie s'en souvenait, mais la Résistance qui clamait haut et fort qu'elle haïssait la royauté... Était en vérité au service de Brilois. Financés et armés par l'ennemi, ils avaient pris la Résistance pour couverture, afin de tenter de provoquer une guerre civile. Cela permettrait de déstabiliser les hommes au front, de les démobiliser. Alors, l'armée ennemie pourrait faire une percée, une avancée décisive sur Miflam.

Alors, les enfants du pays naitraient Brilois, et non plus Miflames.

Si Marc devait donner sa vie pour empêcher cela, il le ferait. Le Roi de Brilois ne devait en aucun cas mettre la main sur leur royaume !

-Laissez-moi y aller, Erdor. Je suis né à Aniort, je la connais comme ma poche. Avec l'Ombre, je dois pouvoir les faire tomber.

Le Souverain se passa une main dans les cheveux, las.

-Ce serait une mission suicide, Marc.

-Bien sûr que non. Vous m'en savez capable. Nous ne pouvons pas les laisser si proches de nous.

Ils s'observèrent un instant. Puis Erdor poussa un soupir.

-Ton ardeur au combat est sans égale, mon ami. Qui eut cru que ton mariage avec Béthanie te rendrait d'autant plus féroce ?

-Je donnerais ma vie pour elle.

-Je sais. Et c'est pour cela que tu veux aller à Aniort, ajouta-t-il en le regardant droit dans les yeux. Pour éloigner la menace d'elle.

Cela, il ne pouvait le nier. Pourtant, il ne flancha pas sous le poids du regard de son souverain.

-La Résistance ne doit pas l'attraper. Vous le savez tout aussi bien que moi.

-Je le sais Marc. Je le sais...

*

Sarah était ravie d'être de retour au palais. C'était là sa seule chance de se comporter comme une femme, et cela ne lui déplaisait pas. Sa robe à crinoline courte dévoilait ses jambes, ainsi que le pistolet attaché à sa cuisse. Membre de l'Ombre et donc fidèle serviteur du Roi, elle était habilitée à porter une arme dans l'enceinte de leur demeure.

Après avoir vérifié que son bustier n'avait pas décidé de dévoiler l'intégralité de sa poitrine, Sarah jeta un coup d'œil à Nathan.

Il était terriblement crispé.

-Tout va bien ?

Dans son costume trois-pièces, dont il avait laissé la veste à la maison, il faisait plus distingué. Ses cheveux rejetés en arrière, il avisait les environs avec des mâchoires crispées de mauvais aloi. Autour de son cou, ses lunettes d'aviateur attestaient de son appartenance à la flotte royale.

-Non. Je ne devrais pas être ici.

Dans les jardins ? Mais pourquoi ? Elle observa autour d'elle, cherchant une explication plausible à la situation. Pourtant, rien d'édifiant ne surgit à son esprit.

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant