Chapitre 14 : L'Agonie d'un Homme

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Quand le monoplace se posa enfin dans le hangar de l'Ombre, Marc crut sincèrement que Béthanie s'était statufiée autour de lui, les ongles dans ses omoplates. Oh, il appréciait grandement de la sentir contre lui, hein ! Mais à l'instant où elle avait vu les appareils de Miflam leur foncer dessus dans le ciel bleu, pour aller attaquer ceux des Résistants, il avait cru mourir étouffé.

Fort heureusement, il avait pu réintégrer l'Ombre.

À présent, le tout était de désincruster Béthanie de lui.

-Chérie ? l'appela-t-il.

Les mécaniciens se précipitaient déjà vers eux. Il leur fit signe que tout allait bien, aussi s'occupèrent-ils des deux machines : le monoplace d'Aniort et l'automate.

-Plait-il ?

-Chérie, tu te sens de bouger ?

Il y eut un petit silence, durant lequel il eut du mal à ne pas rire.

-Pas vraiment, non.

-Bon. Tu permets que...

-Faites, faites, mon brave.

Quand il se redressa, hilare, elle ne bougea pas d'un pouce. Il parvint à descendre de l'engin sans tomber, tout en portant son épouse tétanisée. À vrai dire, elle avait toujours eu peur du vol. Cela lui venait de son frère, cette ignoble larve, qui l'avait attaché sur le siège passager d'un...

Non, il préférait ne pas penser à cela.

Il parcourut tout le hangar au pas de charge, pour remonter les escaliers surchauffés par la vapeur dans les tuyaux de cuivre, et surgir sur le pont supérieur. Sarah fit les gros yeux en les voyant arriver.

-Béthanie et Marc Sigmar ! rugit-elle en leur fonçant dessus. Puis-je savoir quelle mouche vous a piqué !?

Contre toute attente, son épouse tourna aussitôt la tête vers elle, sourcils froncés. Sans le lâcher.

-Ils voulaient tuer Marc.

-Quoi !?

-Je confirme, approuva le capitaine. D'ailleurs, merci, ma chérie. Sans toi, je serais déjà six pieds sous terre.

-Mais de rien.

Leur nez se touchait presque lorsqu'ils se regardèrent. Son envie de l'embrasser, il eut bien du mal à la refréner. Par bonheur, le rugissement d'un moteur le déconcentra des lèvres pulpeuses de sa femme.

Sans la lâcher, il se rapprocha du bastingage. Parfait. Le vaisseau avait cessé son ascension, pour s'éloigner d'Aniort à toute vitesse. Déjà, les monoplaces de la ville faisaient demi-tour. Effectivement, s'ils pourchassaient l'Ombre, ils se retrouveraient fatalement dans le cas où ils n'auraient plus suffisamment de carburant pour faire demi-tour.

-Bon. Nous sommes en sécurité, Béth.

-Parfait, Marc. Peux-tu me poser à présent ?

-Pourquoi, tu te sens de te déplier ?

*

Sarah était furieuse. Furieuse, car elle s'était inquiétée telle une damnée pour son frère et sa belle-sœur. Or, ces deux inconscients semblaient s'être amusés comme des petits fous !

Incapable de se reposer en dépit de l'heure tardive, elle erra dans les couloirs. Bientôt incommodée par la chaleur, elle monta à l'air libre. Elle n'aimait pas cette situation. Depuis quand les Résistants prenaient ils le contrôlent d'une ville ? Surtout d'une place aussi puissante qu'Aniort ! C'était mauvais... Et puis, la Reine en personne avait prévenu Béth ?

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant