Chapitre 11 : L'Affaire du Bain

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Sarah se leva aux aurores, comme à son habitude. Elle prit un rapide bain, avant d'enfiler sa tenue fétiche pour aller inspecter le navire. Elle n'était pas capitaine, mais en tant que sœur de Marc, elle avait une position un peu étrange au sein de l'Ombre. Soldate comme tous, elle n'en était pas moins la seule femme à bord, avec Béthanie et l'infirmière.

C'était également la raison pour laquelle elle s'interdisait toute relation charnelle avec ses collègues.

Mieux valait paraitre intouchable qu'être la catin du quartier.

Elle serra sa ceinture autour de sa taille, avec un grommellement mécontent. Quelle mouche l'avait donc piqué ? Pourquoi avoir embrassé Nathan hier soir !? Elle pourrait toujours lui faire croire à un tour joué par la fièvre... Mais il n'en restait pas moins qu'elle l'avait fait.

Fichtre !

Tout en se mordillant la lèvre inférieure, elle quitta sa cabine, voisine de celle de Clara l'infirmière. La première chose qu'elle fit fut d'aller dans le hangar, pour s'assurer que tous les monoplaces étaient en places. Puis elle inspecta la salle des machines, où un moteur à vapeur ronronnait doucement. L'équipe chargée du charbon la salua, couverte de suie. Ils travaillaient jour et nuit, aussi avaient-ils institué un roulement afin qu'ils ne s'épuisent pas à la tâche. L'immense chaudière chauffait également le navire, et les divers tuyaux parcourant sol et murs de la salle des machines étaient brulants. Elle ne savait pas exactement comment fonctionnait le moteur de l'Ombre, mais elle faisait confiance aux mécaniciens pour le maintenir en état.

Finissant son inspection de tous les étages, Sarah alla sur le pont, puis à la proue. En contrebas, une nouvelle équipe de monoplaces tractaient le navire. Si ses calculs étaient bons, ils arriveraient à Aniort dans l'après-midi.

Il était temps ! En raison des deux attaques qu'ils avaient subies, l'Ombre avait vraiment besoin de réparations. De plus, cela permettrait de faire une réserve de nourriture, d'eau, de charbon, et ils avaient bien besoin de vérifier les niveaux d'hélium dans la coque. Non, décidément, cela ne leur ferait pas de mal d'arriver à Aniort.

À cette pensée, un nœud se forma au creux de l'estomac de Sarah. Oui, mais Marc allait au-devant de graves ennuis. On l'attendrait certainement là-bas.

Elle se mordilla la lèvre inférieure, inquiète.

Un plan. Elle devait échafauder un plan si jamais les choses tournaient mal.

*

Béthanie se réveilla dans un lit vide.

Les yeux grands ouverts, elle fronça les sourcils, avant d'avoir les idées de nouveau en place. Ha oui. Elle n'avait quasiment pas dormi.

Roulée en boule dans un coin du lit, son cœur avait battu la chamade toute la nuit. Effrayée –vraiment ?- à l'idée que Marc la touche, elle n'avait été vaincue par la fatigue qu'au petit matin. Autant dire qu'elle n'avait quasiment pas dormi.

Pourtant, c'était stupide. Car il ne l'avait absolument pas touché. Même par inadvertance.

Le capitaine avait passé la nuit allongé sur le ventre, le visage tourné vers elle. Il avait même ronflé doucement, ce qui l'avait bercé bien malgré elle. Au final, elle était la seule responsable de sa mauvaise nuit.

Elle poussa un grognement en enfouissant son visage dans le coussin.

Peut-être ne la voyait-il plus comme sa femme ? Peut-être la considérait-il désormais comme une étrangère, et ne voulait-il même pas poser un doigt sur elle...

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant