Chapitre 15 : La Demeure des Sigmar

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L'Ombre filait en direction de la capitale. Voilà vingt-quatre heures qu'ils volaient à toute vitesse, pour rejoindre le cœur de Miflam. Nathan n'en était pas particulièrement ravi, soi-disant passant.

La capitale était une ville gigantesque, presque tentaculaire. Or, là-bas se trouvait tout un tas de personnes imbues d'elles-mêmes, totalement inconscientes de ce qui se passait à la frontière. Des affres de la guerre, des forfaits perpétrés par la Résistance.

Il était tôt, pourtant le chasseur se trouvait déjà sur le pont, à observer les contours de la ville au loin. Au sommet de la colline se dressait le château blanc, celui du Roi et de la Reine. Les habitations se multipliaient tout autour, et au plus on s'éloignait du palais, au plus elles étaient remplacées par des usines.

Pour la guerre, il fallait des armes, des vaisseaux, des monoplaces... Les usines construisaient des aéronefs spectaculaires, des dirigeables, des montgolfières et autres technologies encore à l'état de prototypes.

-La vue semble te déplaire, Nathan.

Il sursauta en découvrant Béthanie, à ses côtés. Resplendissante, elle lui fit un sourire. Depuis vingt-quatre heures, elle avait un tantinet changé. Elle était moins... Tendue. Plus tactile, aussi, avec le capitaine. D'ailleurs, ce dernier ne semblait plus au bord du gouffre.

Inutile d'être devin pour savoir de quoi il en retournait.

-Mouais. Je n'aime pas les villes.

-Parce que tu n'as jamais quitté Lunille ?

-Ha... Ça... Disons que... avant j'habitais ici.

La jeune femme l'observa, la bouche ouverte.

-Ici... Tu veux dire à la capitale ? Miflamys ?

-Oui. C'était il y a longtemps...

Les yeux dans le vague, il étudia les usines. Il semblait y en avoir plus qu'avant. De la fumée envahissait les alentours de la ville, alourdissant l'air.

-Pourquoi l'avoir quitté, dans ce cas ?

-Mmh ? Oh, je... C'est une longue histoire, Béth. Peut-être une autre fois...

-Ouh, tu as le droit de dire que tu ne veux pas en parler ! Ce n'est pas moi qui vais te le reprocher.

-Mouais...

Ils restèrent un moment silencieux. Comme elle ne semblait pas près de partir, il lui demanda :

-Toujours pas d'amélioration ? Côté mémoire ?

-Non, pas vraiment. Simplement des impressions... Ou des certitudes. Par exemple, j'ai la certitude d'aimer Marc de tout mon cœur.

Cette fois-ci, ce fut Nathan qui la contempla avec la bouche ouverte. Elle disait cela avec naturel, accoudée au bastingage, les yeux perdus dans l'infini du ciel.

-Et j'ai l'impression de connaitre Sarah comme une sœur. Je n'ai pas de souvenirs précis. Je ne sais toujours pas comment j'ai rencontré Marc, ni du début de notre relation. Mais je sais... Que notre amour est assez fort pour soulever des montagnes. Étrange, non ?

-Pas tant que cela. Il est clair que vous êtes capables de faire les choses les plus folles l'un pour l'autre.

-Ou alors, tu peux dire qu'ils sont fous tous les deux.

Sarah apparut près d'eux, tout sourire. Elle au moins semblait ravie d'aller à Mifamys.

-Dis-moi, Nathan... Tous nos soldats ont une maison ici. Je suppose que tu as nulle part où aller ?

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant