Chapitre 17 : Monsieur Meyer

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La nouvelle de l'enlèvement de la Princesse Béthanie se répandit telle une trainée de poudre dans la capitale. Quand elle parvint aux oreilles des soldats de l'Ombre, aucun n'hésita : ils firent leur valise à peine défaite, dirent au revoir à leur famille tout juste retrouvée.

Nul ne fut surpris de voir son camarade sur les quais de Miflamys. Nul ne fut surpris du regroupement sur le pont de l'Ombre. Et nul n'attendit bien longtemps : le capitaine monta à son tour sur le vaisseau.

D'un calme redoutable, il observa ses hommes, qui ne pipèrent mot, dans l'attente.

Quand il parla, ses paroles portaient le poids d'une rage meurtrière, promesse de mille et une souffrances pour ses ennemis.

-Ma femme, ma sœur, et l'un de vos collègues ont été enlevés par la Résistance voici une heure.

Il plissa ses yeux gris, étudiant chacun d'entre eux avec une colère palpable. Tous l'avaient déjà vu dans cet état. Il y avait quelques jours seulement, quand la Princesse était tombée par-dessus bord. Ils avaient assisté à cela des mois auparavant, ils avaient assisté à leurs débuts, à l'arrivée même de Béthanie à bord du vaisseau.

-Nous partons à leur recherche maintenant. Que ceux qui souhaitent partir partent. Mais qu'ils ne reviennent jamais sur ce navire.

Dans un parfait ensemble, les soldats de l'Ombre se mirent au garde-à-vous, faisant claquer leurs talons, la main en visière devant eux.

Pas un n'abandonnerait le navire maintenant.

-Dans ce cas, allons chercher ma femme, gronda-t-il.

*

Nathan revint à lui, sans pourtant autant ouvrir grand les yeux. Faisant son possible pour paraitre aussi détendu que dans son sommeil, il tendit l'oreille. Il se trouvait sur un sol froid et huileux. Une odeur de brulé et de métal en fusion emplissait l'air, caractéristique des usines... Il respira doucement, décontenancé par ces fragrances. Il ne les avait plus humés depuis longtemps...

Une usine, c'était certain.

Maintenant, le tout était de savoir qui l'avait emmené ici, s'ils se trouvaient toujours là, et où se situaient Béthanie et Sarah par rapport à lui.

Risquant l'ouverture d'un œil, il se retrouva nez à nez avec Sarah. Bon. Au moins savait-il déjà à quoi s'en tenir avec elle. Inconsciente, elle gisait sur le côté, un filet de sang coulant le long de son cou. La fléchette anesthésiante avait laissé une plaie sur son passage...

-Le dirigeable est prêt à partir, monsieur Meyer.

Il dut faire un effort pour ne pas se tendre à cette voix. D'autres personnes se trouvaient avec eux. Bloqué face au mur, il pesta intérieurement. Les poignets attachés dans le dos, il ne pouvait pas faire grand-chose.

Mais il pouvait toujours écouter.

-Parfait. Avez-vous pensé à enlever la boucle d'oreille de la Princesse ?

-Oui. Cette fois-ci, sa balise ne la perdra pas. Ce Sigmar ne pourra pas la retrouver.

Il y eut un silence, puis ce fut ce Meyer qui reprit la parole.

-Bien. Elle doit rejoindre le Serpent au plus vite, puis elle devra être extradée de ce maudit pays. Evitez Aniort à tout prix.

-Je crains que cela soit impossible, monsieur Meyer. Le commandant Brior s'y trouve. Il exige de la voir dans les plus brefs délais.

-Le Commandant a passé la frontière ? Diantre, mais comment y est-il parvenu !?

-Il est dans le pays depuis un moment, monsieur. Il attendait simplement que nous retrouvions la Princesse. Comprenez-le... Il tient à elle plus que tout au monde.

Corset et Bottes de CuirLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant