Chapitre 15

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Je glisse mes doigts le long de ses cheveux bruns contre son dos. Elle s'est endormie, sa tête posée sur mon épaule. Cette proximité me perturbe. Je ne pensais pas dormir avec elle, ni même qu'elle me colle ainsi, mais ce n'est pas trop désagréable. Il est sept heures du matin, je devrais me lever pour la laisser dormir et m'en aller. Je n'aurais jamais imaginé succomber à Charlize. Elle est tout le contraire de mes conquêtes habituelles. Physiquement parlant certes, mais également psychologiquement. C'est une femme avec un fort caractère, qui me pousse dans mes retranchements chaque fois qu'elle me parle, elle me pousse à bout. Et j'adore ça. Mes conquêtes sont insipides, imbues de leurs personnes ou trop extraverties. Tout le contraire d'elle.

Elle frotte son visage à mon cou avant de se tourner dos à moi et de s'éloigner un peu. Je la recouvre de la couette avant de me glisser hors du lit. Je renfile mon jean, attrape ma chemise et sors doucement de la chambre. Je suis déjà venu quelques fois ici avec sa colocataire. Nous avons couché ensemble une ou deux fois pas plus, à part son physique je ne lui trouvais pas grand-chose. Elle se met beaucoup trop en avant, pense tout savoir et ça m'insupporte. J'allume une lampe au-dessus du balcon dans la cuisine. Je n'ai pas réellement envie de partir. Je vais aller lui chercher des viennoiseries, j'ai repéré une boulangerie juste en bas.

Après un rapide aller-retour, je dépose le tout sur la table et enclenche la machine à café. J'entends la porte s'ouvrir et me retourne vers Charlize qui frotte ses yeux, vêtue d'un peignoir en soie. Elle murmure un bonjour ensommeillé avant de découvrir le petit-déjeuner sur la table.

— Oh... C'est gentil merci beaucoup.

— Tu bois quoi le matin ?

— Hum c'est le week-end, donc du chocolat chaud.

Je cherche dans ses dosettes avant de lui faire couler. Elle s'installe à table et je lui apporte, m'asseyant de l'autre côté de la table. Elle me remercie en posant ses mains de part et d'autre de la tasse. Elle finit par relever ses beaux yeux bleus vers moi.

— Tu n'étais pas obligé. Les coups d'un soir ne payent pas le petit-déjeuner.

— Tu m'as fait un très bon dîner hier soir, ainsi qu'une très bonne soirée donc ça ne me coûtait rien de faire un petit effort.

— Merci beaucoup en tout cas, c'est délicieux.

Elle savoure son croissant et je fais de même. Je vais partir ensuite, même si pour une fois, je ne suis pas pressé.

J'aide Charlize à débarrasser la table avant d'aller récupérer ma veste. Elle m'accompagne jusqu'à la porte et croise ses bras en me regardant.

— Rentre bien alors. À bientôt.

— Je t'appelle dans la semaine pour te parler de ta collection, ok ?

Elle acquiesce avec un léger sourire. Je me penche sur elle et lui vole un baiser avant de sortir de son appartement. Je souffle lorsque j'entends la porte se fermer. J'avais besoin de ce qui vient de se passer. Ces derniers jours ont été très compliqués pour moi, émotionnellement parlant, et bizarrement elle a réussi à m'apaiser. Je rentre chez moi et m'affale sur mon canapé sans prendre la peine de me déshabiller après m'être servi un whisky. Je me sens extrêmement seul tout d'un coup. La présence de Charlize ne me dérangeait pas, bien au contraire. L'absence de mon frère me donne envie de gerber. J'avale mon verre cul sec et ferme les yeux. J'aimerais oublier ça, mais malheureusement c'est impossible.

***

Je consulte mes mails en ce lundi matin. Je me suis plongé dans mon travail pour apaiser mon esprit. Je regarde la photo de mon frère et moi, posée près de mon ordinateur. La vie est tellement injuste. Je déteste la vie. Je ne m'autorise jamais à ressentir quoi que ce soit pour ne pas être comme ça, mais avec Romain je ne peux pas faire semblant. Il est tout ce que j'avais, je m'occupais de lui depuis longtemps. Nous n'étions que tous les deux. Je relève la tête lorsque l'on toque à ma porte, que j'ai oublié de fermer. Ma secrétaire vient me déposer mon courrier, je la remercie avant de regarder les expéditeurs. Une lettre que je ne connais que trop bien attire mon regard et je l'ouvre. Pas d'en-tête rien, juste ces mots : Un mois.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !