Chapitre 20

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Je suis roulée en boule sur le canapé de mon frère, dans un plaid. Il n'était pas là lorsque je suis arrivée, mais il ne va pas tarder à rentrer je pense. Il a dû aller récupérer les enfants chez la nourrice. Je lui ai quand même envoyé un petit message pour le prévenir avant d'éteindre mon téléphone. Le numéro de Chris apparaissait toujours. Maëlys, quant à elle, n'a même pas essayé de me joindre. Avec son comportement des derniers jours cela ne m'étonne même pas. Je comprends mieux désormais. Elle cachait quelque chose. Sur le trajet j'essayais de me remémorer l'élément déclencheur de son changement de comportement, mais à part le lien avec le début de ma relation avec Chris je ne trouve pas. Et moi qui pensais que c'était de la jalousie... Ils couchaient même certainement encore ensemble. Je suis écœurée.

La porte s'ouvre et mon neveu accourt pour me faire un câlin. Il commence à me raconter très vite sa journée. Je ne comprends qu'un mot sur deux, mais il est adorable. Marceau marche à l'aide de la main de mon frère. Qu'est-ce qu'il a grandi. Mon frère le lâche et il vient jusqu'à moi sans tomber. Je ne peux m'empêcher d'avoir les larmes aux yeux et de le prendre dans mes bras. Mon petit bébé. Ça pousse trop vite. Mon frère m'embrasse la tête avant de s'asseoir à mes côtés.

— Qu'est-ce qui se passe petite sœur ?

Je repose Marceau qui gambade vers ses jouets.

— J'ai trop de gros mots à dire pour le faire devant les petits. Je suis tellement énervée. Non même pas. Déçue. Et le mot est beaucoup trop faible. Je me sens trahis.

— Je peux aller lui refaire le portrait à l'autre espèce de...

Il se retient de dire un gros mot et je me blottis dans ses bras en enlaçant sa taille.

— Ce n'était qu'un plan cul, je m'en fiche de lui. Ça me fait mal parce que je le croyais un minimum sincère, mais il a couché avec moi par intérêt. Il n'avait aucun désir pour moi alors qu'il me disait le contraire. Le pire c'est Maëlys... Je ne sais pas ce qui lui a pris.

— Je t'avais dit, quand tu étais à l'université, qu'elle était bizarre comme fille. Il faut toujours écouter son grand-frère. Et l'autre, je vais aller le défoncer.

Je n'ajoute rien et reste blottis contre lui. La confiance en moi que je prônais s'est effondrée. Et par-dessus tout, j'ai quitté mon boulot. En même temps, je ne pourrais plus travailler pour lui. J'aurais tellement voulu qu'il me raconte tout, droit dans les yeux. Qu'il m'avoue m'avoir menti et manipulé pour arriver à ses fins. Quelles fins ? Que voulait-il ?

— Allez, je vais préparer le dîner et te chercher un bon gros pot de glace.

— Je n'ai pas faim, Matt.

— Ouh la. C'est très grave là.

— Ne te moques pas. Je me déteste de me sentir mal, mais c'est plus fort que moi. Je me sens... Je ne pourrais même pas t'expliquer comment.

— Je sais ce qu'est la trahison Charlize.

— Ce n'est pas comparable Matt. C'est rien comparé à ce que toi tu as vécu.

— Moi c'était ma femme. Toi c'est ta meilleure amie et ton mec donc ça compense.

— Ce n'était pas mon mec, Matt.

— Bref, je comprends ce que tu ressens quand même. Mais quand ça ira mieux il faut que tu aies une conversation avec ces deux personnes pour comprendre et pouvoir passer à autre chose.

— Je ne veux même pas entendre le son de leur voix Matt. Sinon je commets un meurtre. Et je ne pense pas le vouloir un jour.

— Tu peux rester ici autant que tu veux dans tous les cas.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !