Chapitre 4

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Aujourd'hui, j'achève ma première semaine de travail chez Anderson Magazine. J'ai plutôt bien avancé et les équipes sont très conciliantes et m'aident énormément. Je regroupe mes papiers pour les ranger dans le tiroir de mon bureau et j'éteins mon ordinateur. Il est presque dix-huit heures, j'aurais dû finir il y a une heure déjà, mais je voulais terminer ce que je faisais. Je remets mes escarpins et remonte mes collants avant de me lever pour baisser ma jupe crayon sur mes cuisses. Maëlys a voulu que j'achète ce genre de jupe, mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable et ça remonte tout le temps. Je prends mon manteau dans la main ainsi que mon sac à main et me dirige vers l'ascenseur.

J'y entre et je croise mon reflet dans le miroir. J'ai hâte de rentrer et d'enlever ce maquillage et ces vêtements inconfortables surtout. J'arrange mes cheveux en soupirant avant de m'affaler dans le coin de l'ascenseur pendant la descente. Il s'arrête au sixième étage et je me redresse. Une carrure imposante moulée dans un costume bleu très foncé pénètre dans l'ascenseur. Merde. Il est fixé sur son téléphone et ça me va très bien. J'ai l'impression de m'arrêter de respirer. Est-ce par sa présence imposante ou par ma peur d'être virée ? Je me sens toute petite dans cet ascenseur. Et face à lui aussi, je dois lui arriver sous le bras sans mes talons. Et il est mal-aimable de ne pas dire bonjour.

La sonnette de l'ascenseur me fait revenir à la réalité et je sors de l'ascenseur avant lui. Vite la sortie. Vite mon bus. Je sursaute lorsque je sens une main sur mon épaule alors que j'atteignais les portes tournantes. Je me retourne et je vois deux grands yeux gris qui me dévisage. Et sa voix grave pénètre en moi.

— Vous avez fait tomber votre écharpe.

— Hein ?

Il brandit mon écharpe en laine devant mes yeux. Oh ! Je balbutie un merci et il s'écarte de moi pour sortir de l'immeuble. J'en sors mécaniquement. Un voiturier lui donne des clés et il monte au volant d'une voiture de sport noire, il fait rugir le moteur tout en s'engageant dans la circulation parisienne. Eh bah il doit être bien riche. Pour ma part, je me dirige vers l'arrêt de bus pour rentrer dans mon appartement.

Lorsque j'arrive, Maëlys s'apprête dans le salon. Je vais encore passer une soirée seule. Je dépose mes affaires dans l'entrée et l'admire. Elle est magnifique comme toujours. Sa robe très courte la galbe et dévoile ses longues jambes fines. Personne ne lui résiste.

— Tu sors avec ton mec, ton amant ou quelqu'un d'autre ?

Je la charrie en souriant et elle me tire la langue. Je jette mes escarpins avant de m'affaler sur le canapé et de détacher ma jupe. Bon sang.

— Ahah. Je sors et tu devrais en faire autant.

— Non, je suis fatiguée et demain je me lève tôt.

— Oh mon dieu !

Elle rit et je lui offre une grimace.

— J'ai ma matinée de bénévolat au centre des jeunes demain.

— Ah je pensais que tu avais lâché ça.

— Non, le centre était en travaux. Je peux enfin y retourner.

J'avais pour habitude tous les samedis ou au moins un sur deux de me rendre dans un centre de jeunes en situation de handicap. J'y fais des activités manuelles comme le dessin par exemple. Et ça me plaît beaucoup et occupe au moins mon samedi.

Elle me fait un signe de main en me souhaitant bonne soirée avant de sortir. Elle va peut-être retrouver l'apollon aux yeux grisâtres. Elle est tout à fait son genre de femme j'en suis certaine. En même temps un homme que lui ne regarderait même pas une femme comme moi. Qu'est-ce que je raconte ? C'est un gros con grossophobe voilà tout ! Je vais rapidement sous la douche, enfiler mon pyjama pilou-pilou et me préparer de quoi dîner rapidement.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !