Chapitre 3

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Après deux jours passés avec mes petits monstres, mon frère est rentré à la maison et moi je retourne dans mon petit appartement parisien. Je descends du tramway à mon arrêt et marche vers l'appartement. Je cherche mes clés en montant à l'étage et ouvre la porte. La lumière est allumée dans le salon, Maëlys doit encore être réveillée parfait. Et pas seule, vu les chaussures d'homme dans l'entrée.

Je dépose mon sac et mes chaussures dans le hall avant de passer dans le salon. Je me cogne contre quelqu'un qui venait également vers la porte. Je me retrouve sur les fesses par terre et lorsque je relève la tête, ce n'est pas ma colocataire. Ni son petit ami d'ailleurs. Ces yeux gris me transpercent à nouveau. Bordel, mais qu'est-ce qu'il fait là lui ?

Poliment il s'excuse et ne m'aide bien évidemment pas à me relever. Là je suis sûre qu'il se souvient de mon entretien. Pourtant lorsque je l'ai vu lundi, il y avait comme une connexion entre nous. En même temps, je m'étais bien apprêtée, maquillée, etc. Là je rentre de chez mon frère, pourquoi me regarderait-il ? Il enfile ses chaussures puis sort immédiatement. Je regarde Maëlys qui est venue me rejoindre.

— Je peux savoir ce que tu fiches avec ce gros con, Maëlys ? Et Mickaël ?

— Je l'ai rencontré au congrès et puis tu l'as vu... Et Mickaël bah j'en sais rien. Ce n'est pas sérieux avec lui je te l'ai dit. Et puis ce n'était que ce soir.

— Non, mais... Enfin bref.

Je vais boire un verre d'eau à la cuisine. Il ne manquerait plus que ça, que j'ai à le voir tous les jours. Mais bon c'est sa vie elle fait ce qu'elle veut.

— Il est moins con que ce que tu dis, tu sais.

— Ah bah oui toi tu fais une taille mannequin, tu es magnifique. Moi il me considère de son air supérieur. Encore là, il ne m'a même pas donné la main pour me relever alors qu'il m'a bousculé.

— Ne dis pas de bêtise, il était pressé. Tout le monde ne te trouve pas grosse et moche tu sais. Il faut que tu commences à avoir confiance en toi.

Je ne réponds rien et je prends mon sac pour aller dans ma chambre. Je m'affale sur le lit en soupirant. Elle n'a aucun compte à me rendre ni même me soutenir là-dedans, mais ça me fait chier d'avoir à le côtoyer.

***

Lundi matin ! Je me suis levée aux aurores pour me préparer. Je me suis maquillée à allure d'escargot pour être sûre de ne pas ressembler à un pot de peinture. J'ai enfilé une des tenues que j'ai achetée avec Maëlys, mais un tailleur jupe cette fois-ci, qui comprime un peu mon ventre. J'ai mis des escarpins dans mon sac que je ne mettrais qu'une fois devant l'entreprise car je ne veux pas me casser la tête dans les transports.

Et me voilà partie. J'espère n'avoir rien oublié. Je n'ai pas vu Maëlys, elle est en déplacement jusqu'à samedi et je ne sais pas si elle a été dormir chez son copain ou son amant. J'ai passé un week-end toute seule, qui a été horriblement long. Je me suis occupée de ranger mes affaires et de faire de nouvelles créations. J'ai dessiné des vêtements pour enfants cette fois-ci, j'avais mes neveux en tête. Ça change et ça ne me déplaît pas du tout non plus. J'ai fait beaucoup de nouvelles tenues pour femmes également et même pour homme et j'en ai mis quelques-unes en ligne. En gros, je me suis bien ennuyé pour avoir le temps de faire tout ça ! Mais maintenant c'est fini, j'ai un nouveau boulot !

J'arrive devant Anderson's Magazine. J'ai troqué mes baskets pour mes escarpins dans le bus et je suis prête. Je me présente à l'accueil avant de monter rejoindre madame Bernard qui doit m'accueillir, me donner mon badge et toutes les consignes. Elle m'offre un café pour commencer la journée tout en me présentant les locaux et le personnel. Nous terminons par mon bureau. J'ai le droit à un bureau personnel, hors de l'open space. Elle m'invite à poser mes affaires.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !