Chapitre 12

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Près de quatre semaines sont passées depuis le Nouvel An. Ma collection avance très rapidement et sera prête cette semaine. Le défilé est le soir de la Saint-Valentin donc dans environ deux semaines et nous avons les essayages finaux à faire avec les mannequins. Je suis passée chez Anderson Cie une fois par semaine et je n'ai jamais croisé monsieur Anderson. Je ne sais pas où il est passé. J'avais un peu peur de le recroiser, je ne sais pas si je pourrais le regarder en face après son baiser. Je dois y retourner cette semaine pour les essayages avec les mannequins. J'ai hâte de les voir porter.

Aujourd'hui je travaille sur une nouvelle maquette du magazine. Nous réorganisons tout le magazine, nous lui donnons un coup de neuf pour cette nouvelle année et pour essayer de doubler les ventes. Nous devons être le plus performant possible. Il a survécu à la fin d'année, comme convenu, maintenant il doit continuer de vivre. Ce ne sera pas simple. Je devrais discuter avec Madame Bernard pour savoir s'il est toujours question de le liquider ou plus du tout. Sinon, mon travail à moi est presque fini et je n'aurais plus rien à faire ici. Ce sera le cas après le lancement de la nouvelle maquette. Je devrais trouver autre chose sinon je risque de m'ennuyer. Je le sais. Je ne tiens jamais longtemps à un endroit car ce que j'aime par-dessus tout c'est ça : sauver une entreprise grâce à mes compétences. Et il y en a plus d'une à sauver.

Benjamin entre dans mon bureau après avoir toqué. Je ne l'ai pas revu en dehors du boulot. Il me sourit en venant poser un café sur mon bureau.

— Un petit remontant, mademoiselle.

— Merci beaucoup Benjamin. J'ai presque fini de réunir toutes vos idées pour la maquette.

Je la tourne vers lui pour qu'il puisse jeter un coup d'œil. Il l'observe longuement avant de sourire.

— Elle m'a l'air parfaite.

— Plus qu'à la faire approuver par la direction. Vous avez fait du bon boulot, vous n'avez plus besoin de moi.

— Oh si crois-moi. Sans toi on ne se débrouillerait pas aussi bien.

— Je suis certaine du contraire.

Je souris avant de finaliser la maquette lorsqu'il sort de mon bureau. Madame Bernard l'aura dès ce soir et le magazine de février sera tout beau tout neuf. Je boucle le tout et je vais lui déposer dans son bureau, elle est déjà partie ce soir. Je récupère mes affaires et me rend à l'ascenseur. J'y croise à nouveau Benjamin l'attend déjà. Nous y entrons en silence et une fois à l'extérieur de l'immeuble, il pleut. Et j'ai oublié mon parapluie.

— Je te ramène viens.

— Non merci Benjamin. Mon tramway ne va pas tarder.

— Allez viens.

Il me sourit et je n'ose pas lui dire non à nouveau et le suis jusqu'au parking.

Après de longues minutes de trajet à cause des embouteillages parisiens, il se gare enfin devant mon appartement. J'aurais été plus vite en tram, mais c'est gentil de sa part de me raccompagner. Je détache ma ceinture.

— Merci beaucoup Benjamin. Bonne soirée, à demain.

— Charlize attends. Est-ce qu'on pourrait se revoir prochainement ?

— Je passe beaucoup de temps entre le magazine et la préparation de ma collection en ce moment, je n'ai pas trop de temps.

— On pourrait déjeuner ensemble demain si ça te dit ? Tu es déjà sur place.

Il me sourit en me regardant. Il est adorable. Et je ne peux pas lui dire non.

— Bon ok, va pour le déjeuner.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !