Chapitre 13

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Je regarde la télévision avec Marceau blottit sur mes genoux et Malo affalé sur le canapé pendant que Matthieu bosse un peu dans ma chambre. Ils sont là depuis samedi et ça m'a fait tellement de bien. On est sorti tout le week-end, et nous avons été au zoo aujourd'hui. Et demain c'est le grand soir. J'ai beaucoup trop hâte et je suis horriblement angoissée. Matthieu essaye de me détendre au maximum, mais ce n'est pas simple. En plus, il ne pourra pas être là, car nous n'avons trouvé personne aussi rapidement et de confiance. Du coup je vais essayer de lui retransmettre en direct.

Je m'occupe de coucher les enfants dans la chambre d'amis avant de rejoindre mon frère et de m'affaler à ses côtés sur mon lit. Il tapote à toute vitesse sur son ordinateur. Il s'interrompt un instant pour me regarder.

— Tu as couché les enfants ?

— Oui, tout le monde s'est endormi sur le canapé.

— Merci Charlize. Tu devrais t'occuper, tu vas trop y penser.

— Je ne vais pas faire nuit blanche quand même. À un moment donné je vais y penser. Je veux que tout soit parfait. Ma collection va passer pendant même pas dix minutes, au milieu de celle que tout le monde attend, celle des tailles standards voir XXS même.

— Tu vas cartonner Charlize, je ne m'en fais pas du tout ! Je finis ça et je te laisse te reposer.

— Prends ton temps ne t'en fais pas.

Je me tourne sur le ventre et regarde mon téléphone. Demain à cette heure-ci ce sera fini et réglé.

***

Je me maquille dans la salle de bain. Les garçons crient dans tous les sens. Heureusement que l'immeuble est bien insonorisé sinon les voisins vont finir par venir sonner à la porte. Je me boucle les cheveux à l'aide de mon fer à lisser. Je vois Matthieu dans le miroir.

— Tu es magnifique dis donc !

— Merci Matt.

Je souris en arrangeant mes cheveux et finissant par un rouge à lèvres rouge, seule couleur vive au milieu de ma robe noire. Une voiture doit passer me prendre d'ici quelques minutes, je n'ai plus qu'à me chausser. Je vais dans le salon et Malo pousse un petit cri d'étonnement enfantin, à croquer. Il me dit que je suis belle. Je le remercie en embrassant sa tête et enfile mes escarpins. Le chauffeur sonne à l'interphone et je souhaite bonne soirée aux garçons, rappelant à Matthieu de garder son téléphone près de lui. J'enfile mon manteau et descend rapidement retrouver le chauffeur. Il m'ouvre la portière de la limousine et je m'installe sur la banquette. Une si grande voiture pour moi toute seule. J'ai le cœur qui tambourine dans ma poitrine, j'ai l'impression de n'entendre que ça. Je souffle et regarde défiler Paris. Tout va bien se passer. Ou pas. Anderson Cie n'a pas pour habitude de soutenir les rondes. Il est dans la mode haute couture avec des mannequins très fins, squelettiques. Leur audience n'aimera jamais ma collection. Et je n'ai personne pour me rassurer.

Je sursaute lorsque le chauffeur m'ouvre la portière, devant l'hôtel Molitor. Un tapis rouge mène jusqu'à l'entrée. Je descends le plus élégamment possible. Les photographes présents ne me connaissent pas, il y en a un ou deux qui prend une photo et c'est tout. J'arrive devant une femme à l'entrée qui contrôle les arrivants.

— Votre invitation, madame.

— Euh, je suis Charlize Marchal. Ma collection est présentée ce soir en collaboration avec Monsieur Anderson.

Elle me dévisage de la tête au pied, clairement avant de jeter un coup d'œil à son registre. Elle me donne un badge sans même me porter attention. Je lève les yeux au ciel en entrant dans l'hôtel. J'aurais pu lui lâcher un petit mot grossier, mais je vais éviter ce soir. Le hall de l'hôtel est magnifique bien décoré et je suis les indications vers la piscine où va se dérouler le défilé. Lorsque j'y arrive, je suis complètement émerveillée. Je l'ai vu dans les magasines, à la télévision, mais jamais en vrai. La piscine est totalement revisitée pour un défilé. C'est tout simplement sublime.

L'amour n'a pas de tailleLisez cette histoire GRATUITEMENT !