Chapitre 66

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PDV OLIVIA

C’était assez étrange de me retrouver encore une fois dans la même position que plus tôt dans la journée. C’était assez étrange qu’Adrien soit venu me voir après avoir pratiquement détruit le salon de notre suite. Mais le plus étrange dans tout ça, c’est que je venais d’apprendre que mon frère était mort.

Adrien : S’il te plaît, dit quelque chose…

Je relevai la tête, perdue. Il me regardait, suppliant, et je ne comprenais pas pourquoi tant d’inquiétude envahissait ses yeux. Il avait peut-être parlé et je n’y prêtais pas attention. J’avalai difficilement sans toutefois briser notre contact visuel.

Moi : C’est toi qui es venu pour me parler.

Ma voix n’avait aucune émotion. Peut-être que je ne voulais pas me sentir coupable pour quoique ce soit, alors j’essayais d’ignorer ce que je venais d’apprendre.

Adrien : C’est vrai… Mais je veux m’assurer que tu vas bien avant…

Une boule restait prise dans ma gorge. Qu’est-ce qui pouvait bien rendre ma vie plus misérable encore?

Moi : Avant quoi?

Son regard se posa sur le sol, et il prit une grande respiration. Moi par contre, je retenais la mienne.

Il regardait soudainement autour de nous, tournant la tête dans tous les sens. Il se releva même pour observer la cuisine de l’autre côté de la pièce, puis se retourna vers moi.

Adrien : Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre ici?

Je secouai la tête. J’aurai aimé lui demander pour Roxanne, puisqu’il savait sûrement où elle était. Mais j’avais comme l’impression que ce qu’il voulait dire était plus important.

Adrien : Bien. Bien…

Je bougeai impatiemment, et je finis par perdre le contrôle. Il faisait exprès pour tourner autour du sujet.

Moi : Tu vas me dire ce qui se passe!?

Il fixa longuement le fauteuil dans lequel j’étais inconfortablement installé et il se pencha vers l’avant, tenant ses mains, appuyé sur ses coudes.

Adrien : Tu te souviens de la première fois où Warren t’as laissé dans cette grange, à la campagne?

La mention de son nom me fit frissonner, et je me mis à jouer nerveusement avec mes doigts. J’inclinai la tête avec difficulté et il ferma les yeux un moment.

Adrien : Ça faisait partie de son… de notre plan. En fait, on voulait juste te faire peur. La cabane n’était qu’une résidence temporaire, jusqu’à ce qu’on t’emmène à Paris. J’ai tout de suite compris que j’avais fait une erreur en m’embarquant dans tout ça…

Je ne comprenais pas où il voulait en venir.

Moi : Pourquoi?

Il releva la tête, ses yeux presque luisants de regrets.

Adrien : Parce que j’avais plus vraiment le choix de reculer. Il était trop tard. Et cette fille, cette enfant au parc…

Il s’arrêta et enfouie son visage dans ses mains. Je ne savais pas trop quoi penser de cette nuit-là. Il m’avait tellement fait peur, comme s’il n’était plus le même.

Adrien : J’avais pensé que si je continuais mon contrat comme si de rien était, j’allais réussir à t’oublier, à cesser de penser à toi. Mais tu faisais tout pour que je me sente coupable de t’avoir amené ici. Tu avais l’air si heureuse parfois, comme à la fête foraine, et je n’étais pas capable d’oublier le sourire sur ton visage…

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