Loki sortit de son sommeil le lendemain, le réveil indiquait sept heures. Jeanne n'était plus là mais Théo était à nouveau dans ses bras. Il pensait que cet enfant était impossible à venir dormir avec lui. Il se leva doucement pour ne pas le réveiller. Il se regarda rapidement sur le miroir de l'armoire, ses plaies étaient visibles mais ne le faisaient plus souffrir. Arrivé dans la pièce à vivre, Jeanne était déjà habillé et finissait son petit déjeuner.
- Bonjour, lui dit-il tout sourire, tu es matinale ?
- J'ai des choses à faire, répliqua-t-elle froidement.
Il s'approcha pour lui prendre la main mais elle la recula avec un regard glacial.
- Loki ! Je viens de perdre mon époux.
- Et pourtant tu es bien venu me chercher cette nuit.
- Je ne comprends pas, c'est toi qui en avais besoin, s'offusqua-t-elle.
- Je ne pense pas uniquement que c'était moi.
Elle se leva et prit la direction des chambres d'un pas déterminé. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait eu besoin de l'avoir près d'elle. Lui se sentait blessé qu'elle l'abandonne, il la rattrapa et l'enlaça brutalement dans ses bras. Elle s'en libéra avant de se retourner vers lui furieuse pour lui mettre une gifle. Il en fut interdit, il sentait la colère monter en lui. Il ne comprenait pas pourquoi elle le repoussait après cette nuit. Elle vit son regard se durcir et se sentit extrêmement mal d'avoir agi ainsi.
- Tu viens me chercher et tu me jettes ensuite, tu me prends pour qui ? lui cracha-t-il au visage.
- Je suis désolé. Mais je ne te comprends pas, je ne suis pas venu te chercher. Tu m'as dit que tu avais besoin de moi !
Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi il se mettait dans cet état. Lui ne savait qu'une chose, il ne voulait pas qu'elle s'éloigne.
- Non ! Mais pendant deux nuits, je t'ai entendu pleurer et j'étais ... j'avais besoin de t'aider. Comment ? Je ne sais pas. Alors quand tu es venu ... j'ai voulu faire ce dont j'avais envie ... te prendre dans mes bras pour te réconforter comme dans la forêt,...
Il s'était rapproché de Jeanne en disant ces mots, il lui avait attrapé la main. Elle avait été incapable de le lâcher du regard. Il la tira à lui et l'enlaça. Elle se sentit immédiatement bien dans ses bras. Lui était apaisé. Elle finit par passer ses bras autour de son buste dans un soupir d'aise. Il posa son menton sur le haut de son crâne en la berçant légèrement.
- Je dois réveiller les enfants pour qu'ils aillent à l'école, finit-elle par dire en se détachant doucement.
- D'accord. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
- Rien, te reposer. Tu es encore blessé.
Elle lui adressa un sourire. Le sourire qui réchauffait son cœur de glace.
Jeanne était parti avec les jumeaux. Pendant le trajet qui les emmenait à l'école du village voisin, elle repensa à ses différents échanges avec Loki. Elle ne comprenait pas son attirance qu'elle avait pour lui depuis le début. Elle savait que c'était une tendance de sa mère à toujours vouloir aider les gens brisés par la vie, mais là c'était plus. La perte de Joyce l'avait affectée au plus haut point mais dans les bras de Loki, elle avait ressenti un sentiment de sécurité qu'elle n'avait plus connue depuis toute petite. Elle déposa les jumeaux à l'école et informa la maîtresse des événements récents. Elle reprit le chemin du château pour se changer avant d'aller au travail. Elle en avait besoin pour avancer. en consultant son téléphone, elle vit qu'elle avait une réunion concernant les funérailles à quinze heures. Elle sentit la plaie béante de son cœur mais moins douloureuse que la veille.
Loki avait pris son petit déjeuner et une bonne douche avant de s'habiller. Jeanne venait de partir. Il s'allongea sur son lit pour reprendre la lecture de son livre. L'oreiller portait encore son odeur lui faisant ressentir un léger manque. Il jura entre ses dents. C'était quoi son problème, ca matin ? Il sortit de sa chambre pour s'aérer l'esprit sur le balcon.
- Tu as encore cauchemardé cette nuit, affirma la voix encore ensommeillé de Thor derrière lui.
- Je sais.
- Jeanne est venu ?
- Oui.
- Comment vas-tu ce matin ?
- Bien, mais je suis troublé.
Thor resta silencieux. Il n'avait pas vraiment envie d'en parler à son frère mais il avait besoin de comprendre les sentiments qui naissait en lui. Son frère ayant vécu une histoire d'amour avec une midgardienne, il pourrait surement l'éclairer.
- Je ... non laisse tomber.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Je te trouve étrange.
- C'est bien ça mon problème, je ne sais pas ce qui m'arrive !
- Tu veux en parler autour d'un café ? Car moi, j'ai besoin d'un café, dit-il plus pour lui-même.
Ils rentrèrent tous les deux et Loki attendit que son frère se fût assis devant lui pour reprendre.
- Il se passe quelque chose en moi, envers Jeanne.
Thor le regardait silencieux un sourcil relevé.
- Je ... non, oublie !
- Allez, mon frère, j'essaie d'écouter tes besoins.
Loki ne comprit pas la réflexion mais continua :
- Je ne sais pas. Depuis que je l'ai vu dans ma cellule, je suis comme attiré par elle.
- Oh ! Mon petit frère est tombé amoureux d'une midgardienne, se moqua ouvertement Thor.
- Non ! s'offusqua Loki en tapant du poing sur la table. Non ! Je ne la désire pas ! J'ai besoin d'elle !
Thor arrêta de rire immédiatement, Loki était surpris de la ferveur avec lequel il avait dit cela.
- Oublie, ce que je viens de dire.
- Attends ! Je suis désolé. Raconte-moi.
Il se mit à raconter ce qui s'était passé dans la forêt. Comment il avait eu peur de la perdre. Comment il l'avait sauvé. Et toutes les sensations qu'il avait eues. Il lui raconta l'épisode du sang et ses conséquences.
- ... c'est surtout quand elle a demandé à se mettre contre moi, j'étais mal à l'aise. Elle venait de perdre Joyce et quand elle m'a retenu par le bras pour que je reste, mon cœur a fait un bon dans ma poitrine. Quand elle se lova contre moi... je ne sais pas... je me suis sentie plus apaisé que jamais et surtout je voulais la garder en sécurité près de moi. Même cette nuit quand elle n'était pas bien, je n'avais envie que d'une chose, c'est elle contre moi. Je ne comprends pas pourquoi. Je t'avoue que je suis perdu.
Loki le regarda par-dessous, inquiet attendant d'être éclairé, mais Thor restait devant lui sans rien dire.
- Oublie, je n'ai rien dit, finit Loki.
Jeanne s'immobilisa à l'entrée en voyant les deux frères attablés en train de discuter. Loki avait un air bizarre plaqué au visage, Thor aussi.
- Je dérange ? demanda-t-elle sur la défensive.
- Non, on a fini, répondit Loki en se levant, raide.
- Ok ! ... Je me change et je vais aux écuries, je reviendrai pour manger. Madeleine préparera le repas, les jumeaux rentreront de l'école vers midi. Si vous voulez, vous pouvez voir avec William pour l'accompagner au centre d'entraînement, dit-elle en traversant l'appartement pour aller dans sa chambre.
Loki regarda Thor qui lui faisait un geste pour qu'il aille vers Jeanne. Le brun le regarda, déconcerté. Le bond le pointa, puis Jeanne en formant un « aller » silencieux. Il ne réagit pas, ce qui fit soupirer son frère en levant les yeux et les mains au ciel.
- Jeanne, Loki voudrait savoir s'il peut t'accompagner ce matin ? demanda Thor alors que Loki s'agitait dans tous les sens pour dire non.
La lycane repassa la tête par la porte tout en se changeant et demanda :
- Tu veux venir monter avec moi ? Mais tu es encore convalescent.
- Non, mes blessures sont guéries.
- Tu es sûr ça va te fatiguer ! Tu as de quoi t'habiller pour monter à cheval ?
Loki désigna sa tenue asgardienne avec un sourire arrogant.
- Non, ça n'ira pas.
Jeanne disparut un instant pour attraper un polo, un pantalon et une paire de chaussette à Thomas, car même si le Dieu de la Malice était plus grand, ils avaient à peu près la même carrure.
- Tiens, enfile ça !
Il envoya un regard assassin à son frère qui avait l'air content de lui.
Loki prit les vêtements et alla dans sa chambre, les passer. Maintenant qu'il allait l'accompagner, il tenterait de tout faire pour qu'elle lui cède afin de comprendre ses propres sentiments. Il élabora un plan et pria intérieurement pour qu'il fonctionne. Le pantalon était trop court, il lui arrivait au milieu des mollets et il dut matérialiser une ceinture pour qu'il tienne sur ses hanches. Les chaussettes étaient beaucoup trop longues et le polo ... en faites le polo lui allait. Il se regarda et avait l'impression d'être un bouffon. Il arriva dans le salon, et quand Jeanne l'aperçut, elle ne put s'empêcher de rire car elle le trouva légèrement ridicule, débraillé comme il était. Loki se sentit blessé de sa moquerie. Thor le regardait surpris.
- Viens là ! dit-elle en s'asseyant sur la table basse et en lui montrant le canapé. Commence par me mettre ton polo dans ton pantalon.
- Vous êtes vraiment étrange les midgardiens. Comment veux-tu que je monte à cheval dans cette tenue ? grommela-t-il mécontent tout en enfonçant le bas de son polo dans ledit pantalon.
Il s'assit en face de Jeanne qui attrapa une de ses jambes. Il commença par résister avec un regard interrogateur.
- Donne ta jambe que je te montre comment on met les chaussettes, dit-elle avant qu'il ne se laisse faire.
Elle posa la jambe sur ses cuisses et accrocha le velcro qui était en bas du pantalon, avant de remonter la chaussette d'un geste habile jusqu'en haut de son mollet. Elle fit le même sort à l'autre jambe.
- Voilà M'sieur ! Vous êtes habillé comme un cavalier des temps modernes, lui sourit-elle en lui donnant une petite claque sur le mollet. Tu chausses du combien ?
- Je ne sais pas, répondit-il comprenant pas sa question.
Elle jeta un œil à ses pieds puis se leva et alla dans les tiroirs près de la porte d'entrée. Elle attrapa la veille paire de boots d'équitation de Thomas ainsi que la paire de chaps que William avait oublié la semaine dernière. Elle attrapa les siennes par la même occasion et s'assit sur le canapé à côté de Loki.
- Tiens essaye les chaussures, c'est la veille paire de Thomas cela devrait t'aller pour aujourd'hui, et vu ta taille de mollet les chaps de William iront, dit-elle en déposant les affaires dans les bras de Loki. Fais comme moi pour les mettre.
Loki la regardait, il revoyait la femme qui était allé les chercher. Elle enfila ses chaussures et expliqua tout en montrant comment mettre les chaps autour de ses mollets. Un fois qu'ils étaient prêts, Jeanne le regarda. Elle le trouva même plutôt sexy dans cette tenue. Elle se gifla intérieurement d'avoir eu une telle pensée.
- Tu peux te mettre de profil, s'il te plait ?
- Pourquoi ? demanda-t-il ne comprenant l'intérêt.
Elle se pencha vers lui et prit la mesure de sa cuisse avec sa main, mais aussi de son fessier. Le contact de ses doigts fit frissonner le dieu. Jeanne sentit comme un coup de jus traverser son corps. Légèrement déboussolée par cette sensation, elle décrocha son téléphone avant de composer un numéro.
- On y va, dit-elle en faisant signe à Loki de la suivre. Thor si tu veux t'entrainer, tu trouveras le numéro de William dans ton tel... Oui ! Bonjour Guillaume ...
Tout en parlant, elle prit la direction de la sortie, n'attendant pas que Loki la suive.
- ... tu peux me sortir une Antarès mono-quartier en 17 avec un quartier L3 et des étrivières en 180..., continua-t-elle en prenant le chemin du garage. ..., Ok, D'Artagnan est déjà sorti ? ... Cool, Loki va le monter ce matin après je dirai à Lucas les deux autres chevaux à lui confier.
Loki la suivait mais ne comprenait pas la moitié de son jargon. Il saisit qu'il devrait monter trois chevaux avant midi. Jeanne raccrocha en arrivant dans le garage.
Jeanne et Loki arrivèrent en voiture aux écuries qui se trouvait à deux kilomètres au nord du château. Loki fut surpris par la taille gigantesque des pâturages ou broutaient des juments avec leur poulains, de jeunes et des adultes. Il suivit Jeanne qui entrait dans un des nombreux bâtiments. Elle lui expliquait qu'il y avait une soixantaine de juments qui mettaient bas tous les ans. Ils étaient ensuite élevés jusqu'à leur 18 mois où ils commençaient l'entrainement pour les courses de galop. Les moins bons étaient reconvertis en chevaux de selle et c'était là qu'elle intervenait même si elle s'occupait aussi de toute la gestion des écuries. Loki regarda attentivement la disposition de l'écurie et demanda pourquoi les chevaux étaient en liberté dans les stalles.
- Ce ne sont pas des stalles, expliqua-t-elle, ce sont des boxes. C'est mieux. Les chevaux ont moins de problème de santé ainsi.
Elle s'arrêta devant le box d'un cheval bai avec une étoile sur la tête.
- Je te présente ce bon vieux D'Artagnan, ce sera le premier cheval que tu monteras aujourd'hui, dit-elle en gratouillant la tête du cheval qui vint se frotter contre sa poitrine. Il me permettra d'évaluer ton niveau et de te confier les bons chevaux.
- Je suis un très bon cavalier, je chevauchais déjà les montures d'Asgard alors que tes ancêtres humains se déplaçaient plus souvent à pied qu'à cheval, dit-il sur un ton suffisant alors que Jeanne le regardait en haussant un sourcil l'air dubitative.
Guillaume arriva à ce moment avec la selle et un tréteau en forme de dos de cheval. Il posa le tout devant Jeanne, et lui fit la bise. Loki sentit ses muscles se crisper involontairement devant ce geste de familiarité. Jeanne le regarda et se demanda pourquoi était-il si tendu d'un coup.
- Allez grimpe là-dessus que je regarde si elle te va, dit-elle en tapant sur la selle.
- Quelle étrange selle ? observa Loki intrigué par la forme de la selle.
- On appelle cela une selle anglaise. Elle a beaucoup évolué depuis le XVIIe siècle. Toi, ... tu connais plutôt ce type-là, dit Jeanne en lui montrant une photo d'une selle médiévale sur son téléphone.
Loki acquiesça. Elle tapa à nouveau sur la selle pour qu'il y grimpe. Ce qu'il fit. La sensation était plutôt étrange car il se sentait moins écartelée aux niveaux des cuisses mais surtout moins maintenu dans la selle. Jeanne lui souleva la cuisse pour lui avancer la jambe sur le quartier afin de régler les étriers. Le contact les fit frissonner à nouveau tous les deux. Elle lui glissa le pied dans l'étrier et fit pareil de l'autre côté.
- Guillaume, peux-tu aller me chercher Barricade, je vais le préparer dans l'allée, demanda Jeanne tout en étudiant la position de Loki. Comment te sens-tu ?
- Emoustillé, répondit-il dans un sourire charmeur.
- Je te parle dans la selle, crétin, s'exaspéra Jeanne en levant les yeux au ciel.
- Les étriers sont courts, s'étonna Loki légèrement insulté.
- Mets-toi debout.
Loki s'exécuta en posant ses pieds par terre de chaque côté du tréteau et en se levant de la selle.
- Mais non, le réprimanda Jeanne, debout dans les étriers.
- Ah ! fit-il penaud avant de renfiler les étriers et d'essayer de déplier ses jambes pour tenir en équilibre.
Jeanne se rapprocha et lui positionna sa jambe correctement sur la selle. Elle grimaça en le trouvant mignon d'essayer de se plier à ses demandes.
- Qui y-a- t-il ? se laissa tomber Loki.
- Rien la selle te va très bien, je réfléchissais, dit-elle contrarié d'avoir ce type de sentiment envers lui. Tu peux descendre, je vais te donner le matériel pour préparer d'Artagnan pendant que je prends le mien.
- C'est à moi de préparer mon cheval ? s'étonna Loki.
Jeanne qui avait déjà avancer vers la sellerie, s'arrêta nette avant de se retourner, les sourcils froncés.
- On fait tout nous-même ici, je te rappelle, s'agaça-t-elle. Tu ne vas pas jouer la diva. Tu as voulu venir avec moi, donc tu vas faire ce que je dis. Suis-je clair ?
Loki la trouva très attirante dans sa tenue d'équitation qui mettait en avant ses formes. Mais surtout le petit côté autoritaire qu'elle avait pris lui plaisait. Il souriait tout en se rapprochant d'elle avant de lui prendre la main et de la baiser :
- Tout ce que vous voudrez, Princesse, lui susurra-t-il.
Le visage de Jeanne se détendit aussitôt mais le rouge prit ses joues immédiatement. Le contact de ses lèvres sur sa peau lui fit éprouver une vague de bien-être qui apaisa son cœur blessé. Elle se reprit immédiatement en lui retirant sa main et en le fustigeant du regard. Loki lui sourit victorieux, elle ne lui était pas insensible. Elle fila dans la sellerie. Elle lui donna un chariot où il pouvait y mettre selle, tapis, protection, brosses, ... Elle lui tendit l'harnachement de D'Artagnan et attrapa son chariot avant de ressortir. Guillaume venait d'attacher Barricade. Loki avait trouvé son cheval plutôt basique, il n'en fut rien quand il vit celui de Jeanne. L'animal était grand, plus grand que Jeanne mais légèrement plus petit que lui, d'un bai dont le corps était plus près du rouge cerise que du marron. Son poil brillait sous la lumière du jour. Sa peau était fine et laissait apparaitre les différents muscles. Ses jambes étaient élancées mais robustes. Sa tête fine était d'une beauté. Plus Loki étudiait le cheval, plus il en tombait sous le charme. Il était lui-même un adepte de ses animaux.
- Il est magnifique, comment s'appelle-t-il ? demanda Loki subjugué en caressant l'encolure soyeuse de l'animal.
- Barricade. Il a 6 ans. Il a fini sa carrière de galopeur l'an dernier et est maintenant dans mes chevaux de sport. Il est le propre frère de D'Artagnan, expliqua Jeanne en commençant à le brosser vigoureusement.
- Comment peuvent-ils être frère alors que le mien est des plus banal ?
- D'Artagnan a peut-être un physique plus banal mais il a gagné beaucoup de courses quand il était jeune. Il a 16 ans maintenant et est un bon cheval d'apprentissage. Va-t'en occuper.
Jeanne n'aimait pas que l'on critique ses protégés. Loki se dirigea vers le box de son animal. Ignorant comment préparer son cheval, sur Asgard on lui amenait déjà harnaché, il copia les gestes de Jeanne.
Dix minutes plus tard, les animaux étaient prêts et eux avec. Jeanne attrapa son casque et sortit des écuries suivit par Loki. Elle vérifia l'harnachement de D'Artagnan sous les protestations de Loki. Ce dernier finit par se taire au regard glacial qu'elle lui lança.
- Je n'ai pas pensé, dit-elle en tendant son casque à Loki. Si tu pouvais créer le même que moi à ta taille grâce ta magie se serait parfait.
- Oui, mais je n'en ai pas besoin, je suis un dieu, répondit-il arrogant.
- Tu m'as bien dit que tu m'obéirais ? ... Non, continua-t-elle alors que Loki allait rétorquer, je ne veux pas savoir. Ici, on monte avec un casque dieu ou pas.
Loki attrapa le casque de Jeanne de mauvaise foi tout en marmonnant dans sa barbe. Il l'étudia avant de se créer le sien dans l'autre main et de le rendre à Jeanne.
- Parfait, sourit Jeanne triomphante. A cheval. Donne-moi ta jambe, on ne met pas le pied à l'étrier ici pour économiser le dos des chevaux.
Loki, interloqué par ses pratiques équestres, lui demanda ce qu'elle entendait par là. Elle lui montra la position qu'il devait avoir pour qu'elle le hisse sur le dos de D'Artagnan. Il se mit en place, elle attrapa sa jambe et il se retrouva sur le dos de l'animal en une fraction de seconde. Jeanne l'avait soulevé comme s'il ne pesait rien. A son tour, elle vérifia son matériel avant de mettre son cheval au pas et de sauter sur le dos de l'animal avec une souplesse dont envia Loki.
- Tu me suis ? dit-elle prenant la direction de la carrière, tout en souriant de voir le Dieu de la Malice habillé comme un cavalier lambda.
- On va où ?
- Dans la carrière, on va travailler les chevaux.
Elle se lança dans l'explication de l'utilité des chevaux aujourd'hui qui était plutôt un loisir qu'un moyen de transport. Loki remarqua que la carrière était une étendu de sable où il y avait ces drôles d'obstacles que les chevaux sautaient sur les photos dans l'appartement. Jeanne dit ce qu'elle attendait de lui. Il s'exécuta comme il pouvait.
Alors qu'ils commençaient à galoper, Loki s'arrêta pour regarder l'attitude de Jeanne sur le cheval. Il comprit l'intérêt des étriers courts et pourquoi elle lui avait demandé de se mettre debout sur ses pieds. Jeanne lui expliqua tout en continuant de galoper qu'elle se tenait « en position d'équilibre ». Elle lui indiqua comment faire avant d'arrêter son cheval pour qu'il puisse le faire sous sa houlette.
Le dieu mit son cheval au galop sur un cercle autour d'elle et suivi ses conseils. Un peu dérouté par cette nouvelle technique, il trouva vite son équilibre et finit par la trouver plus confortable. Jeanne continua de lui enseigner. Car oui, il se rendit compte qu'elle lui apprenait quelque chose de nouveau. Il lui jeta un regard rapide et vit qu'elle était aussi concentrée que lorsqu'elle regardait la course dans l'avion. Il sentit alors à quel point le travail de ses chevaux lui tenait à cœur. C'était une partie intégrante de la femme complexe qu'elle était.
Il repassa au pas et la détailla alors qu'elle passait un coup de téléphone. Elle avait encore les traits tirés mais son visage s'était détendu, preuve qu'elle y prenait du plaisir. Alors qu'il marchait tous les deux leurs chevaux, il vit à quel point elle faisait corps avec l'animal. Sa jambe était fixe. Sa main légère sur les rênes. Son bassin accompagnait d'un mouvement d'avant en arrière ceux de son cheval. Une pensée érotique lui passa en tête ce qui le fit sourire. Son dos était droit tout en étant souple. Sa tête était haute et ses épaules descendues. Il imagina que si elle avait été sur Asgard, elle aurait été la Déesse des cavaliers et que beaucoup l'aurait envié pour sa dextérité mais aussi son charme.
Même au téléphone, Jeanne l'épiait du coin de l'œil. Elle avait remarqué qu'il ne la lâchait pas du regard. Elle en profita pour analyser sa posture. Il s'était vite habitué au nouvel équipement et avait été un élève plutôt exemplaire avec quelques pointes d'arrogance, mais elle avait bien compris, cela faisait partie de sa personnalité. Il se tenait droit, la tête haute, les bras descendu le long du corps, sa jambe manquait un peu de précision dans ses actions. Il était vraiment à l'aise à cheval. Elle espéra un instant qu'il voudrait continuer de venir aux écuries, elle lui enseignerait tout ce qu'elle savait avec grand plaisir. Elle se sortit de ses pensées en raccrochant son téléphone.
- Je vais te montrer quelques exercices qu'on va faire et après on nous apportera le deuxième lot de chevaux.
Elle commença donc à faire différents exercices pour assouplir les chevaux, tout en faisant sauter quelques obstacles. Loki s'y prêta volontiers. Il trouvait que c'était un bon professeur. Il reconnut en elle la même bienveillance et la même patience dont elle avait fait preuve avec lui la première nuit. Elle lui disait quoi corriger tout en lui montrant. Elle l'encourageait quand il ratait, légèrement à son propre avis. Lorsqu'il réussissait l'exercice, elle lui disait un « voilà », ou « c'est bien ». Ils se remirent au pas et marchèrent le temps que les chevaux récupèrent avant que les suivants arrivent.
Une fois monté sur les deuxièmes, ils sortirent de la carrière pour prendre la direction du bois. Loki se dit que c'était une promenade et que ça allait être plutôt tranquille.
- Pour ce lot, on va faire un trotting, dit-elle.
- Qu'est-ce qu'un trotting ?
- Tu vas voir, dit-elle sur un ton malsain.