Chapitre 29: Humans are not angel

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Mia

Aujourd'hui, nous sommes le 9 Décembre 2012. Et ça fait exactement 3 ans, jours pour jours, que tout à changé. Ça fait exactement mille quatre-vingt-seize longues journées que tout à basculé. 

Le 9 Décembre 2009 marque le dernier jour de ma vie. Et il marque également le début de ma nouvelle existence. C'est à partir de là que j'ai commencé à sombré, m'éteignant un peu plus chaque seconde. J'ai commencé à me dégrader cette journée là, jusqu'à n'être plus qu'un résidu de cendre. 

Oui, j'ai commencé à me pulvériser le jour où Kate est décédée. 

J'avoue que je ne comprends toujours pas pourquoi son décès m'a autant affecté. Des milliers de personnes meurent tous les jours, brisant la vie de leur entourage. Et ces individus, qui subissent le départ d'un proche, finissent par s'en remettre. Ils finissent par faire leur deuil, comme on dit. Oui, on finit tous par faire notre deuil. Mais ça peut être plus ou moins long selon les personnes. Moi, je n'ai toujours pas accepté la mort de Kate. 

Et comment serais-je censé faire mon deuil si je n'ai toujours pas accepté son départ? 

Si je n'ai jamais réussis a accepté la mort de ma soeur c'est parce qu'elle n'est pas morte naturellement. C'est elle qui a fait le choix de partir. Et ça, c'est toute la différence.

Cette nuit du 9 Décembre, j'ai vu Kate pour la dernière fois. Elle était plus ou moins comme d'habitude, je dirais. Elle était fidèle à elle même. Froide et directive, sûre d'elle et déterminée. Oui, elle était comme d'habitude. Elle n'a rien laissé paraitre, rien qui aurait pu me donner un indice sur ce qu'elle s'apprêtait à faire. Alors je l'ai laissé partir, la laissant s'échapper définitivement. J'aurais du l'en empêcher ou au moins avertir mes parents. Mais je n'ai rien fait. Et aucun mot ne serait assez fort pour exprimer combien je m'en veux. Parce que si je l'avais empêcher de sortir, elle serait toujours là. 

Je me souviens encore des frissons qui m'ont parcourut l'échine lorsque j'ai entendu ma mère crier, ce matin là. Je me suis réveillée en sursaut et ai sauté de mon lit, le coeur battant. J'ai couru jusque dans la chambre de Kate, l'endroit d'où venait le bruit. Je me suis arrêtée sur le seuil de la porte et j'ai trouvé ma mère écroulée dans les bras de mon père. Elle tenait fermement une feuille dans sa main tremblante, la froissant. Ses joues étaient inondées par les larmes et mon père avait les yeux clos, essayant visiblement de ne pas craquer. 

Je me suis approchée doucement d'eux et ai posé la main sur l'épaule de ma mère. Je me souviens avoir chuchoté "Maman?" mais n'avoir obtenu comme réaction de sa part. Je la regardais, sans parvenir à comprendre ce qui la mettait dans un état pareil. J'ai attrapé délicatement la feuille, alors qu'une sensation horrible s'emparait de mon être. 

Le premier mot qui était écrit dessus était "désolé". C'était la fine écriture de Kate. 

C'est à cet instant précis que j'ai commencé à m'éteindre. 

J'ai lu la lettre, les mains tremblantes et les yeux écarquillés. Quelque chose en moi s'était déchirer violemment durant ma lecture. Et une sensation de solitude s'était logée dans ma poitrine. Je l'ai relu plus d'une centaine de fois depuis cette journée là. Je connais cette lettre par coeur maintenant. Elle est composée de seulement vingt-deux phrases, et de deux-cent quarante-deux mots. 

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