Chapitre 18-1

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— Pourquoi les humains s'en prendraient-ils soudainement à nous ? Comment pourraient-ils connaître notre vraie nature et les endroits où nous vivons ? Tu es certain de tes infos ? demanda Nicolas en allant lourdement s'assoir dans l'un des deux fauteuils, voulant certainement par ce geste m'inciter à en faire autant.

Je réfléchis quelques secondes avant de finalement opter pour une station debout un peu plus prolongée et si possible le plus loin possible de Aaron...ce type me rendait nerveuse.

— Dois-je te rappeler les conditions de notre rencontre ? lui répondit Aaron d'un ton dur et agacé.

— Tu sais pertinemment que cela n'a rien à voir avec ce qui nous occupe aujourd'hui ! contra Nicolas, la mine sombre. C'était de simples humains bêtes et ignorants, rien à voir avec des attaques organisées et coordonnées, ajouta-t-il avant de fixer le vide d'un regard hanté.

Comme les deux hommes semblaient avoir complètement oubliés ma présence, je me contrains à ne rien dire, même si j'en mourrais d'envie. De quoi parlait-il ? Du passé de Nicolas ? Si c'était le cas, vu la mine triste et désolée qu'il arborait à présent, ce ne devait pas être une histoire très gaie. Et comment connaissait-il des détails du problème qu'affrontait Aaron, puisque ce dernier ne les lui avait même pas exposés ?

Après tout, pourquoi je m'intéressais à ça ? me dis-je soudain. Cet homme, ces gens n'étaient rien pour moi ! Bientôt, le plus vite possible je l'espérai, je serais de retour chez moi et n'aurais plus de contact avec eux, alors pourquoi je me prenais la tête au lieu de chercher un moyen de partir d'ici au plus vite ?

— N'y pensez même pas Rose, m'avertit soudain Nicolas avec un petit sourire triste. Vous n'auriez même pas le temps de faire deux pas avant que je ne vous rattrape. Détendez-vous, nous n'allons pas vous manger ! ajouta-t-il d'une voix légèrement sarcastique qui m'irrita instantanément les nerfs.

— Vous ne trouvez pas normal que ma seule préoccupation soit de partir d'ici, puisque vous n'avez pas l'air de vous préoccuper de la question ? Et puis vos histoires ne me regardent pas, alors qu'est-ce que je fais là ?

— Vous êtes là, parce que j'ai besoin d'informations, me répondit Aaron d'un ton autoritaire et condescendant qui me déplut.

— Et moi j'ai besoin de rentrer chez moi et d'oublier toute cette histoire de fou, le contrai-je instantanément. Bizarrement, mon souhait n'a pas l'air de s'exaucer, alors pour quelle stupide raison vous rendrai-je encore service, vu la gratitude que j'en retire ? lui demandai-je d'un ton hargneux qui ne me ressemblait pas.

— C'est vrai que je ne vous ais pas remercié comme je l'aurais dû, me dit-il enfin du bout des dents mais d'une voix sincère qui m'étonna. Alors merci. Mais sachez qu'aussi reconnaissant que je puisse être à votre endroit, tant que je penserais que vous détenez des informations importantes pour nous, vous resterez ici ! Ça vous convient comme raison ?

Bien qu'il eût été franc et honnête avec moi à première vue, j'avais quand même une féroce envie de répliquer, mais un regard dissuasif de Nicolas m'arrêta net.

— Que savez-vous de cette vidéo ? enchaina Aaron en m'emprisonnant de son regard noir et intimidant.

— Mais quasiment rien ! C'est juste une conversation stupide que j'ai entendu dans la rue le soir d'Halloween...

— Elle a tout de même retenue votre attention cette conversation stupide, m'interrompit-il abruptement. Pourquoi celle-là plus qu'une autre ?

— Franchement ? Aucune idée ! Peut-être parce que la fille a parlé d'aigle-garou et que c'était la première fois que j'entendais ce terme ? Ou autre chose...je n'en sais rien bon sang !

Ombre Fauve (sous contrat d'édition )Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant