Chapitre XI: Flore Dimensionnelle

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Ferdinand espéra que ce dont il se remémorait actuellement était justement l'un de ces fameux détails, qui étaient sensés relier tous les gens dont les capacités violaient l'ordre naturel. Il préféra laisser De Jésonnes continuer sa prise de parole sur les anomalies secrètement universelles, alors qu'au-dehors le Soleil était déjà parti, et le ciel à la couleur d'abysse maintenait un constant bruit de pluie, et de tonnerre quand celle-ci ne suffisait plus. Quant à Julien, il sentait que son esprit était à l'orée d'une révolution, dont ce noble en allait relâcher les clés contenues dans ces mots, qu'il prononça avec un accent de scepticisme:

-Ce détail, qui revient dans beaucoup d'histoires, mythes et rumeurs, est la mention de... «mondes parallèles», c'est probablement le terme qui convient le mieux, ainsi que de rayons d'énergie. Le plus souvent pour les mondes parallèles, il s'agirait de simples visions qu'on les détenteurs de dons, et qui diffèrent pour chacun d'eux, mais dans certaines histoires, les gens normaux seraient également témoins de visions... Quand au rayons d'énergie, il semblerait que ce soit une chose dont les détenteurs seraient capables, mais je n'ai pas beaucoup d'information là dessus.

Ferdinand avait bel et bien deviné que cet étrange détail était ces moments, où le monde autour de lui semblait se remplir de poussière et le ciel prendre des teintes étranges. Car cela était trop éloigné de la réalité pour ne pas avoir de rapport avec son don, même si le fait que cela ai débuté le jour du départ, plusieurs mois après l'accident donc, compliquait les rapprochements. Mais aucun signe de rayons de lumière dans ses souvenirs. Il en informa de Jésonnes.

-J'ai été témoin de ces visions depuis plusieurs jours. A chaque fois, je vois le monde... En plus poussiéreux. Aussi, je n'ai jamais fait l'expérience de ces traits de lumière.

Plus que l'intéressement, c'était l'étonnement qui se lisait sur le visage de l'hôte.

-Vraiment!? Donc on est vraiment sensé avoir des visions?

Il marqua une pause dans le but de mieux organiser ce qu'il allait dire ensuite. Si j'ai l'air aussi étonné, voyez-vous, c'est parce que moi aussi, alors que j'étais plus jeune que vous, je possédait un pouvoir, mais je n'eus jamais de vision, et encore moins de traits d'énergie. Et pour des raisons que j'ignore, ce pouvoir a disparu après quelque mois, c'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à faire des recherches sur ce sujet.

Son regard sombra à nouveau dans des eaux troubles... «Mais encore aujourd'hui, je n'ai trouvé aucun autre cas où un pouvoir disparaîtrait.»

Ferdinand n'avait jamais vu cette possibilité que ce miraculeux élan l'ayant sorti de l'inaction puisse être une rafale sporadique, pouvant l'envoyer quelque part dans la mélancolie soumise au passé... Est-ce qu'il serait capable de ne pas retomber dans la paresse sans son pouvoir?

La perception Julien était dilatée, vers des mondes exotiques et ésotériques superposés à la perfection au notre, dont chaque lieu possédait son propre kaléidoscope de répétitions plus ou moins lointaines. Les détenteurs de dons serait donc des arbres, montrant leur feuilles merveilleuses dans l'air commun, et ayant pour symétrie par rapport à la surface de la réalité des racines mystérieuse tordant un humus à l'aspect fantastique. Et Ferdinand était l'un d'eux... Lui qui est si distant... Risquait-il de franchir définitivement la limite de ce monde? Et si ce monde, sur lequel fleurissait les réalités était lui même une branche d'univers dont les caractéristiques du frêne, voire même de la forêt, étaient chacune inimaginables?

De Jésonnes décida d'éloigner ce silence constitué d'interrogations pensées, aux réponses beaucoup trop éloignées sur un fond pluvieux, avec une question plus terre à terre et assez légitime:

- Dites-moi, que font deux jeunes paysans comme vous dans une ville comme celle-ci?

-On est en voyage, répondit Julien. On fait le tour du royaume, histoire de voir un peu du pays car avec ses pouvoirs, Ferdinand eu l'envie de voyager, et je l'accompagne.

-Je peux regarder vos provisions?

-Euh...Bien sûr.

En regardant au niveau de l'argent, De Jésonnes grimaça.

-Apparemment vous deux vous découvrez vraiment le monde. Venir se reposer Colimère, une ville habitée en grande partie par des membres de la cour et des bourgeois, avec un bourse pareille, c'est le début d'un désastre! Maintenant, je comprend mieux pourquoi je vous ai trouvés sous la pluie... Vous pouvez dormir chez moi, car il me faut plus d'information sur lui (il désigna Ferdinand). Je pense que je vais vous accompagner dans votre voyage, car j'ai entendu parler d'autres détenteur de dons dans le royaume, et je fait en ce moment mes préparatif pour aller les étudier dans le but de montrer les résultats au roi, afin qu'il accepte de financer mon expédition en Isodorique, mais ça ce n'est pas vraiment vos affaires...

Ils passèrent donc la nuit chez lui, Ferdinand acceptant de dormir dans le salon, et Julien dans la chambre du domestique. Le lendemain fût le début des préparatifs de Jésonnes, et en attendant, il donna selon lui, un peu d'argent, et selon Julien, énormément. Il leur fila également un plan de la ville avec dessus des endroits, qui pourrait leur plaire. Ce qui leur rappela que si ils n'avait pas rencontré le noble, ils n'auraient pas pris le temps de s'arrêter, et d'admirer la marche valeureuse des monuments à travers le temps, pressés par leur éducation et instincts gueux d'optimiser le temps pour le travail en levant la tête le moins possible du sol.

Et comme ils ne pouvaient labourer ce sol, autant lever les yeux vers les fontaines, ces instruments de pierre, aux cordes faîtes d'eau et produisant une musique puissante ou minimaliste. Même si ils étaient inhabituellement surveillés par les gardes, du fait de leur habits en provenance des tréfonds de l'échelle sociale, ils allèrent également visiter un grand jardin, à portée de vue du palais royal. Celui-ci se tenant presque isolé sur une colline et qui mariait sa beauté avec celle du ciel, le blanc des statues sur les balcons avec celui des nuages et les dorures avec le Soleil. Seul le bleu parfait n'était pas présent chez le palais. De l'autre côté de l'échelle des distance, Ferdinand vit les parterres de fleurs multicolores, qui lui rappelèrent ses visions, où l'arc-en-ciel devenait le ciel. Et pour pousser un peu plus la similitude, l'odeur émanant des fleurs lui fît également penser au émanations poussiéreuses. Ce moment où cette réalité lui en rappelait une autre le fît soupirer. La beauté ne pouvait pas modestement s'arrêter à elle-même, elle serait toujours le couvercle de mystères humainement indéchiffrables...

Le jour suivant, De Jésonnes était finalement prêt. Julien pouvait presque fondre dans le confort procuré par la pensée qu'il ne dormirait plus à terre, et de la perspective d'un voyage où il n'aurait pas à gratter le sol de ses pieds, pour gagner quelque décimètres en moins vers la prochaine étape. Ferdinand en fut également ravi, même si le voyage à pied ne lui avait point déplu. Le clapotis des sabots commença à l'avant et la coquette ville se retira par l'arrière, mais en raison de sa longue robe de constructions à l'élaboration classieuse, elle retarda à quitter les fenêtres...

-Bon, maintenant que le voyage à commencé, voici le trajet que l'on va prendre: actuellement, on se dirige vers Tancy. Étant donné que ce n'est pas très loin, on y sera sûrement ce soir. Et vu que c'est la ville la plus peuplée du royaume, il y aura sûrement là-bas d'autres gens avec des pouvoirs. Ensuite, on ira à Fréance au sud, car il y cour des rumeurs de vols qui m'intéressent. Après cela, on remontera par le nord-est vers Neauterelle, il y a un lieu à proximité de cette ville que je voudrait bien étudier. Ça sera notre dernière étape avant de retourner à Colimère.

-Mais pourquoi avez vous besoin de Ferdinand et moi?

-Vous allez m'aider pour cette étude. Vous serez rémunéré en échange.

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