Chapitre XX: Restes froids

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La Lorande se montrait maintenant à Liaorme à l'air libre du présent, abandonnant son terrier mémoriel. Et dans ce présent, le ciel vierge s'était doté d'un mur de nuages monumentaux qui arrêtaient les visions cherchant le ciel simple, les vents étaient dorénavant froids, et les vagues semblaient plus que prêtes à submerger l'île. Quand Liaorme essayait encore de mesurer la distance sur laquelle ces sensations avaient dérivées par rapport à son souvenir, il entendit l'interpellation de l'archéologue en chef de cette expédition constituée d'une délégation de soldats, d'ouvriers et d'archéologues, venus accomplir leur travail avec une austérité imposée par la solennité grise des lieux.

-Buvez ça, c'est une potion contenant du tayon qui vous protégera contre la malédiction rongeant certaines parties de cette île... Officiellement, le but de cette expédition est d'étudier, avec votre aide, ces grandes machines de métal que l'on trouve sur cette île... (l'archéologue se rapprocha de lui) Mais officieusement, il s'agît de vérifier la possibilité de leur réutilisation, sans aucun doute à des fins militaires.

Pour ce qui était du but, Liaorme eu ses intuitions confirmées. Cette mention d'utilisation militaire lui rappela ce que Naelto lui avait dit au sujet de mourir au combat. Mais si il parvenait à réactiver ces machines et les rendre utilisables à nouveau, en plus d'accroître le prestige lorandien, sa civilisation continuerait à vivre à travers la Vésalie...

Il but la potion, qui avait un goût étrangement similaire au miel, et tout aussi curieux, au fond de la potion, se trouvait un petit pavé métallique. Le groupe, après chacun avoir bu sa potion, était sur le point de commencer son avancement dans cette lande de pierre.

-Pouvez-vous nous guider vers l'un d'entre eux?

-Non, je suis sincèrement désolé. Je ne connais pas moi-même tout sur cette île, je ne m'y était pas beaucoup intéressé avant mon sommeil. Et puis, je la reconnaît à peine, je serais bien en peine de m'y orienter...

Au loin sur le côté, il revit le grand engin fouetté par les flots qui avait fait parti d'un des moments les plus proches de son réveil. Au vu de son état et son emplacement, leur trajet ne sera pas parallèle à l'écume.

Leur marche vers l'intérieur des terres fut par moments une escalade de dunes dont les énormes grains étaient des morceaux de constructions, une traversée d'arches solitaires, et un dépassement de colonnes libres de tout fardeau. Tout cela, ralenti par le pas progressif de leur bêtes de somme, des tortues où deux adultes pouvaient être allongés de bout en bout en longueur et largeur.

Ils finirent par trouver, prisonnier de plusieurs collines, une machine de la même espèce que celle se trouvant sur la plage, avec son image d'insecte réveilleur de phobie devenu géant métallique de vingts mètres, ravageant les courages déjà effrités par le simple silence des ruines clairsemées, et faisant valdinguer les imaginations dans les éventements cataclysmiques terrés dans le passé, même si la rouille et sa position renversée rassurait les soldats et les archéologues quant à la possibilité de la mise en mouvement des huit pattes de cette monstruosité de métal. Emportant avec eux leur courage, ils grimpèrent sur la face exposée, au milieu de ces énormes crochets sensés servir de pattes. La solidité de cette peau d'acier fit couler de nombreuse gouttes de sueur de soldats, mais la vieillesse de la structure permit finalement aux rayons solaires d'aller s'enchevêtrer dans les innombrables coudes, articulations, et fémurs de métal où le temps avait propagé la rouille et la poussière.

-D'après les écrits qui nous sont parvenus, les machines possédaient des sortes de réceptacles où était placé l'arcane nécessaire à son fonctionnement. Voyez-vous dedans quelque chose de semblable?

-Non, répondit Liaorme. Il faudrait descendre.

-Apportez-nous une corde et des torches, s'il vous plaît! Demanda l'archéologue en chef.

-Pas besoin de torches, je peux créer de la lumière avec une arcane.

Après avoir démontré son affirmation et attaché la corde, lui et une partie des archéologues descendirent sur ce qui ressemblait à une plateforme d'où des ramifications métalliques partaient des côtés. Au compte-goutte ils touchèrent le sol, du fait de sa solidité douteuse.

Ils descendirent bien vite de ce sol car l'arcane lumineuse de Liaorme révéla sa forme similaire à un tronc, posé sur une vallée de métal aux pentes latérales douces, à la canopée plongé dans l'automne du fer. Ils allèrent vers une des extrémité de cette colonne abattue, en dépassant les toiles d'araignées et quelques rats. Quand leur progression vers l'avant eu atteint le maximum atteignable du fait de la montée trop brusque de la colonne en cet endroit, et du mur, l'un des archéologues remarqua ce qui ressemblait à une porte entrouverte au niveau du plafond.

Ils reçurent de l'extérieur une échelle, leur permettant de continuer dans ce lieu, qui après avoir abandonné la visibilité, abandonnait maintenant la praticabilité. Un premier archéologue monta sur le seuil de la porte grâce à l'échelle et déclara: «Derrière, il y a une salle, qui aurait pu être à ciel ouvert si cette énorme machine n'était pas renversée, il y a beaucoup de débris de verre au sol, je crois que cette pièce devait être entourée de vitres. Sur le plafond, il y a des sortes de tables très étranges... Mais le sol est trop bas de l'autre côté, je ne puis descendre.»

Heureusement pour eux, la pente de la colline faisant office de toit, ils purent au prix d'un jour, construire un échafaudage où leur cheveux frôlaient le sol renversé en plafond. Après que Liaorme aida à la construction de l'échafaudage, il se proposa encore pour examiner ces tables étranges qu'il voyait au plafond. Une fois sur la structure en bois, son instinct effrayé par les hauteurs essaya de lui faire regretter, mais dans l'une des tables, dont il avait remarqué les deux poignets sur sa surface, il vît le fameux réceptacle, servant sans doute à propager une onde de vie dans ce colosse... Le dessein à l'intérieur du réceptacle ressemblait à une arcane de foudre... Cette fois-ci il s'était préparé, les douches froides étaient finies... Il avertit du plus fort que sa voix le pouvait tout ceux présents sur, ou autour de la machine qu'il allait essayer de l'activer brièvement et compta jusqu'à trois lorsque tous se furent éloignés. Au troisième nombre, il fît éclore son poing pour placer l'embryon de foudre dans le réceptacle qui lui était dû.

Quintessence Jardin CélesteLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant