Chapitre IV: Retour Au Monde

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Dix jours après le réveil de Liaorme, la troupe de vésaliens terminèrent le tour de l'île, et ne trouvèrent durant ce laps de temps pas grand-chose de plus ayant de la valeur. Leur retour au bateau n'était pas accompagné de colère et de frustration émanant de l'éventualité d'un trésor oublié, mais au contraire de la satisfaction de vivre la fin de cette expédition, ayant cyniquement coûtée au membres de l'expédition beaucoup plus qu'elle n'a rapportée. Liaorme ne savait pas vraiment où aller, et comment sa vie se poursuivra dans ce monde en ayant gravé en lui les visions, les bruits et les odeurs d'une époque dont il était le dernier témoin, mais il savait qu'il était stupide de rester sur cette île pour gratter et lécher des décombres des souvenirs qui étaient déjà en lui. Il décidât donc de suivre les vésaliens, qui d'après ce que lui avait dit celui qui parlait l'élardien (et qui était l'organisateur de l'expédition), embarquaient pour Noaral. Liaorme ne connaissait pas l'emplacement de ce lieu, pas plus que son existence avant cela, mais il devinât au nom qu'il désignait une cité vésalienne ayant probablement acquis sa renommée durant son sommeil. Pour ce qui est des chercheurs de trésors, ils accueillirent ce nouveau venu avec une indifférence, nuancé de la peur de certains.

Sur le pont du bateau, s'était écoulé par la passerelle menant à la terre ferme une masse de corps, à l'attention entièrement centrée sur la suite d'ordres qui les feront rentrer chez eux. Et actuellement, les ordres étaient criés par un vésalien (tout le monde ici l'était sauf Liaorme) au corps maigre recouvert d'une légère couche de muscles, qu'il devinât être le capitaine. Après un autre ordre incompréhensible, tout ceux qui étaient montés à l'exception de l'organisateur se mirent en rang pour procéder à un décompte, Liaorme là encore du le deviner tout seul.

Une fois que le capitaine terminât le passage en revue des passagers, il annonça quelque chose qui fît que les passagers chuchotèrent, et se lancèrent des regards curieux dont beaucoup s'arrêtaient sur Liaorme qui lui même se doutait qu'il était la cause du problème. Et pour confirmer ses craintes, l'organisateur et le capitaine, qui eux aussi discutaient, firent à de nombreuse reprise des gestes et des rotations de visages dans sa direction, jusqu'au point où le capitaine s'approcha du concerné pour lui demander son nom, dans un mauvais élardien incapable de cacher sa volonté d'abandonner ce passager supplémentaire sur l'île. Liaorme Narévire le lui donnât, après un bégaiement causé par le regard inquisiteur du capitaine, immédiatement après furent levés la passerelle et l'ancre.

Les voiles furent déroulées et le navire commença sa longue glissade sur l'océan, propulsé grâce aux mouvements de la couche d'air, et survolé par des nuages blancs aux allures d'embruns monumentaux. Le groupe de chercheurs se dilua dans le navire et ses différentes couches, et Liaorme fût appelé par un membre de l'équipage lui faisant signe de le suivre dans le pont inférieur avec des vêtements à la main, vêtements que Liaorme devait mettre dans une petite pièce vide éclairé par le reflet aquatique du Soleil.

Le contact nouveau de la chemise propre avec sa peau mis celle-ci en chair de poule, car après qu'il ai porté un bout de tissu déchiré ayant finit par acquérir au fil des jours une chaleur moite, celui-ci avait fini par y prendre ses habitudes, et ne s'imaginait pas que le confort finirait par revenir tout seul, comme les vagues brossant continuellement la plage. Il fît attendre l'organisateur et son guide encore un peu, car il voulait profiter le plus possible de ce premier moment d'intimité depuis une éternité en laissant son regard parcourir la surface océanique d'un bleu profond, que seul pouvait produire la plongé de la lumière solaire dans le cœur interne de la mer, et il respirât avec une intensité suffisante pour renouveler une bonne partie de l'air de ses poumons en une seul respiration. Celui qui lui avait donné les vêtements toqua à la porte, au moment où Liaorme trouvait justement que sa conduite entrait dans le domaine de l'impolitesse. Il l'ouvrit et s'excusa pour avoir fait perdre du temps, avant de réaliser que son interlocuteur ne parlait pas l'élardien. Il se contenta donc de le suivre dans la direction inverse à la proue, à travers le pont inférieur, sorte d'interstice entre un sol et un plafond de bois, dans lequel évoluaient aux travers des raies lumineuses surgissant d'en haut des silhouettes plus ou moins sombres.

Une fois arrivé devant une porte, le guide toqua et cria quelque chose dans sa langue. Après que la réponse de l'organisateur se fasse entendre à travers le bois de la porte, le guide de Liaorme ouvrit sur l'organisateur assis de toute sa graisse devant une table garnie d'objets servant à la navigation, ce qui laissa supposer qu'il s'agissait là de la cabine du capitaine, qu'il congédia avec le matelot ayant accompagné Liaorme. Une jeune humaine, la première qu'il voyait depuis son réveil, se tenait droite, la bouche fermée, à la gauche du gros vésalien. Celui-ci commença à parler en vésalien en regardant Liaorme. La fille ouvrit la bouche en sa direction également.

-Je me présente, je me nomme Melise, et je serait l'interprète entre vous et monsieur Seolda se trouvant à côté de vous. Et la première question qu'il voudrait vous poser est «Que faîtes-vous ici?»

Le gros vésalien dont le nom était donc Seolda montra à Liaorme une expression qui lui fît comprendre que cette fois-ci, il attendait une réponse beaucoup plus concrète que «c'est dur, à expliquer».

-Et bien pour faire simple, à l'époque où l'île était prospère depuis plusieurs siècles déjà, on décida de faire dormir des volontaires dans des caissons en métal jusqu'à ce qu'on les déterre dans un futur lointain, pour montrer au prochaines générations ce à quoi ressemblaient les gens avant. Et j'étais l'un de ces volontaires.

Mélise répéta ces propos en les ayant traduits méthodiquement en vésalien à Seolda, qui écoutait attentivement, sa main soutenant une tête pensante. L'explication de Mélise se terminât, et pendant l'unique seconde de silence qui s'en suivit, la curiosité de Seolda chercha et trouva des zones d'ombre dans le trajet de l'humain se tenant devant lui. Au terme de cette seconde, il posa une question à Liaorme que Mélise traduit par «vous étiez donc un habitant de cette île?». Celui-ci répondit «oui». Elle dit alors à Seolda un unique mot en vésalien qui au contact de ses oreilles fît soulever ses paupières et changer le bas de son visage duquel émergea, un indiscret sourire de curiosité impatiente d'où sortirent pour répondre à ce «oui» qu'il avait entendu dans deux langues différentes, une suite de mots marqués d'une énergie enfantine (et un peu infantile) que Mélise traduisît en une gène pudique et un regard au mains de Liaorme.

-Il y des légendes qui raconte... Que les habitants de l'île ont des pouvoirs magiques... Est-ce que cela est vrai?

La gène atteignît également Liaorme qui le forçat à quitter cette position ridicule où il continuait à cacher ses pouvoirs pour ne pas dévoiler l'existence de la Lorande pendant qu'il était dans les décombres même de celle-ci. Et pour abandonner ce comportement entièrement, et ainsi fermement se détacher de toute hypocrisie obsessionnelle, il décidât, plutôt que de dire un mot en ayant le corps inactif, de leur exposer, à Seolda et Mélise, le creux de sa main gauche face au plafond de bois. Leur regards se portèrent sur l'emplacement où devra prendre place un phénomène, que les légendes de tout le continent décrivaient nostalgiquement depuis des siècles. Et un clin d'œil, se matérialisa dans le creux qu'il avait crée en élevant ses doigts, une structure faîte de lignes de pure énergie de tailles différentes, orchestrées dans une harmonie rendant le tout comparable à une nouvelle espèce de flocon de neige, qui aurait délaissé l'eau pour la constitution au profit de la substance jaillissant du vide brisé, pour explorer des géométries autres que celles provenant de l'hexagone, projetant sa lumière blanche depuis la main de Liaorme, et éblouissant dans un silence de roi ses deux témoins. Du bout de son index, il fît disparaître la structure, qui n'avait pas quitté le creux de sa main.

Seolda se mit alors à rire de la capacité du destin à le favoriser jusqu'au ridicule, et quand le rire redevint un sourire enthousiaste, il se tourna vers Mélise et l'ordonna de dire à Liaorme qu'une fois à Noaral, celui-ci pourra loger chez lui et en échange l'aider dans son travail d'archéologie. Liaorme accepta, voyant là une occasion juteuse de se trouver une place confortable dans ce monde sans avoir à forcer la destinée. Pour refermer cette entrevue, Seolda chargea Mélise d'apprendre à Liaorme la langue vésalienne durant la durée du voyage.

Quintessence Jardin CélesteLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant