— Tu agis bizarrement Azealya, et je n'aime pas du tout ça.
Je souffle, en captant le regard du blond depuis le miroir de ma coiffeuse.
— Keenan s'il te plaît, il est trop tôt pour qu'on se mette à se disputer.
— Tu n'as rien à me reprocher. J'ai des choses à te reprocher Azealya et ce n'est pas la même chose. Tu vas où et dis moi la vérité, cette fois ci.
— Ale-
— Il n'y a pas d'Alessio qui tienne, tu me dis où tu vas.
— Tu ne me fais pas confiance Keenan Richardson ?
— N'ose même pas retourner ce problème à ton avantage. Depuis hier soir je te questionne sur ta fameuse activité que tu ne veux pas me dire, et tu restes évasive sur le sujet. Alors arrête de me cacher des choses et parle moi.
— Dit-il alors que tu m'as caché pendant je ne sais combien de mois que tu travaillais sur une campagne présidentielle, je fais d'un méchant sourire, ne me dit pas que moi je cache des choses.
— Je déteste lorsque tu fais ça putain ! Tu es celle qui est en tord et tu vas trouver le moyen de me faire culpabiliser, alors qu'il n'y a pas lieu à culpabiliser ! Tu sais quoi, va faire ce que tu as à faire, j'en ai rien à foutre.
Il sort en claquant violemment la porte de la chambre. Je ferme les yeux avant d'insulter intérieurement Keenan en entendant les pleurs d'uns des enfants.
— James ! Je fais surprise en redescendant jusqu'au rée de chaussée une trentaines de minutes plus tard, bonjour, je ne m'attendais pas à vous voir aussi tôt.
— C'est un grand jour aujourd'hui Azealya, faire la grasse matinée n'était pas du tout dans mes plans. Puis si c'est pour ne pas rater leurs réveils, ça vaut le coup.
Il joint ses paroles à un regard attendrie envers Adana dans ses bras, cette dernière qui sourit créant mon sourire également. Je vois un grand père aimant, image qui change bien de celle que j'avais de lui à mes dix sept ans. Je m'approche d'Adana et embrasse longuement sa joue jusqu'à qu'elle pousse une petite protestation. Je souris en caressant sa main avant de m'avancer vers la cuisine, en enfilant mon trench coat.
Je trouve dans la cuisine, Keenan à présent propre, vêtue d'une chemise entrée dans un pull en cachemire suivie d'un pantalon à pince et des chaussures italienne. Je souris malgré le fait qu'il ne me porte aucun regard, en train de s'effectuer un sandwich, Aydan entre ses bras trop concentrée à manger la joue de son père. Je ris en m'approchant du petit métis, qui lui aussi je bombarde sa joue de baisers. Mais contrairement à Adana qui ne m'aime que pour mon lait et qui refuse de venir dans mes bras, Aydan accepte volontiers mes baisers en tendant même ses bras vers moi. J'attrape le dessous de ses bras mais Keenan me stoppe mon action en me lançant un regard noir.
— Je croyais que tu devais partir ?
— Je n'ai même pas le droit de prendre la chair de ma chair entre mes bras, parce que tu es énervé contre moi Keenan ?
Comprenant bien que son action est juste enfantine et puéril, il libère Aydan de son étreinte. Je pose de nombreux baisers sur les joues potelés du bébé de quatre mois, sa tête que je tiens de ma main alors que son père se fait son café. Après avoir reçu toute l'affection possible de mon fils, je me rapproche de Keenan qui tend ses mains vers Aydan, ce dernier qui lève automatiquement les bras afin d'être dans les bras de son père.
— Je reviendrai dans l'après midi.
— Tu passeras le bonjour à ton amant.
Je marche à reculons face à Keenan a qui je lance un sourire amusée. Nous savons tous les deux que c'est faux, monsieur veut juste me prouver qu'il est énervé et je suis bien trop préoccupée pour l'instant sur ce que je m'apprête à faire que de me soucier de l'agacement passager de mon mari. Je saurais comment me faire pardonner, mais là j'ai plus important.
Je ferme la portière de notre chauffeur, Douglas qui me salue chaleureusement.
— Où je vous emmène madame Richardson ?
— A la prison Douglas s'il vous plaît.
Je préfère abaisser le regard sur mon téléphone pour éviter de rencontrer son regard curieux, par le rétroviseur. Le trajet est passé rapidement à mes yeux, alors que mes mains n'ont fait que de trembler. En une année j'ai refusé de faire face à celle qui a ôté la vie de mon fils, et aujourd'hui alors que peut être que je deviendrais la futur Première Dame des États unis, et Keenan le futur président du pays, je vais enfin la confronter. Je vais enfin pouvoir lui dire ce que j'ai à dire, toute la haine que j'ai intériorisé tout au long de ces deux années presque.
Garé dans le parking de la prison, suivie des quatre molosses qui me servent de garde du corps, j'entre dans la prison et m'approche du comptoir d'accueil en serrant mon sac, et le doudou de naissance d'Alessandro contre moi.
— Bonjour, me fait la policière, que puis-je faire pour vous ?
— Bonjour, je suis Azealya Harrison, j'ai appelé pour voir une prisonnière, à onze heures.
— Quel est le nom de la prisonnière ?
Ma gorge se noue, je bataille pour ne pas laisser mes yeux s'humidifier.
— Alexandra Godwin.
La policière hoche de la tête et attrape son téléphone avant de passer un appel. Un policier arrive quelques minutes plus tard, et m'escorte jusqu'au parloir. J'ai utilisé mon nom de jeune fille en espérant que ma venue ne soit pas rendue publique aux médias bien qu'on pourrait facilement me reconnaître à cause de mon visage qui tourne partout dans le pays comme celui de Keenan. Si j'avais utilisé mon nom d'épouse, je serais sortie avec une foule de presse à l'extérieur.
Je serre contre moi le petit ours blanc alors que ma tête se lève en entendant du bruit. Mon cœur bat plus vite lorsque mes yeux rencontrent ceux de celle qui ôtée la vie de mon fils. Lorsqu'elle se rend compte que je suis la personne qui l'attend au parloir, ses yeux s'ouvrent de surprise alors qu'elle ose même commencer à secouer négativement de la tête. La policière qui l'escorte l'amène juste face à moi, alors que mon téléphone se met à vibrer dans mon sac. Je sors ce dernier et découvre un appel entrant de Keenan, j'espère qu'il m'appelle pour me dire qu'il a été élu président. Je lui envoie un message en le prévenant que je l'appellerais plus tard, alors que mon ancienne employé s'assied face à moi.
Dans mon regard je lui transmets toute la haine que je lui voue, tous ce que j'aurais aimé lui faire si cette foutue vitre et ce foutu mur ne nous séparait pas. J'attrape le combiné sur le côté, et le colle à mon oreille. D'un regard des plus noirs, je l'incite à faire de même. Les mains tremblantes, elle attrape le combiné et le colle à son oreille.
— J'espère que tu pourriras ici Alexandra, j'espère que tu mourras d'une maladie ou autre qui te ferra souffrir, comme tu as fais souffert mon bébé en brulant notre maison tonta.
Elle se met à sangloter alors que c'est juste une colère et une haine immense, qui me submerge face à ses larmes de crocodile.
— Parce que maintenant tu pleures ? Parce que maintenant tu vas me dire que tu regrettes cabrona ?! Tu as tué mon fils de trois ans hija de puta, tu l'as tué en toute bonne conscience et maintenant tu vas me dire que tu regrettes ?! Pourquoi tu as fais ça ?
— Je... Azealya je suis-
— J'ai accouché, y'a quatre mois, de deux enfants aussi beaux que l'était Alessandro. À cause de toi, ils n'auront jamais l'occasion de connaître leurs grands frère. Ils n'auront jamais eu l'occasion de fêter son quatrième anniversaire ou même l'assister depuis mon ventre. Je te déteste tellement Alexandra, si tu savais. Peut être dans quelques heures, je deviendrais Première Dame, et Keenan president. Une fois que je serais à cette instance, crois moi que je ferrais tous pour que jamais tu ne vois autres choses que ces locaux, et je me fiche se savoir si je dépasse la loi, tu as bien dépassé la loi en m'enlevant mon fils, et le fils de Keenan, tu l'as bien dépassé alors peut être pas que je t'attendrais physiquement mais si je dois le faire moralement, crois moi que je ne manquerais pas de le faire tonta.
— Azealya je suis tellement des-
Ma main s'abat violemment sur la vitre qui nous sépare, les larmes ayant dévalés mes joues alors que les policiers attrapent Alexandra qui pleure.
— N'ose même pas t'excuser hija de puta, n'ose plus jamais t'excuser cabrona. N'ose plus jamais ! ¿ Entendido ?
Je suis reculée de la vitre par les services secret, alors que je me laisse guider vers la sortie, mes haussements de voix ayant attiré des curieux.
Le trajet retour je l'ai passé à pleurer toutes les larmes de mon corps, serrant Nono le doudou comme l'appelait Alessandro. Arrivée devant la maison bondée de monde, je sors de la voiture complètement vidée d'énergie. J'entre dans la maison remplie, sans que je n'ai à demander, on m'annonce que pour l'instant Keenan a cent quatre vingt dix voix, et son adversaire cent quatre vingt dix huit. Ça, ce n'est pas bon. Trop perturbée par ce qu'il c'est passé ce matin, je ne cherche même pas Keenan du regard, ce dernier doit être trop concentré sur la télévision, ou sur les sondages sur les réseaux sociaux. Je décide de remettre à plus tard les bonjour à tout le monde qui se trouve dans mon séjour, incluant ma famille.
Fébrile, je monte les escaliers lentement en essuyant mes joues mouillés de larmes.
— Azealya tu ne viens pas avec nous au salon ? Me demande Ethan au bas de la cage d'escalier.
— Je vais me reposer Ethan, je ne me sens pas bien. J'essuie mes larmes avant de lui faire face. Les enfants vont bien ?
— Oui, ils sont chouchoutés par tout le monde et ils ont déjà fais leurs premières siestes, y'a quelques heures.
— Merci à vous, s'il y'a besoin de moi, je serais dans ma chambre.
Il hoche de la tête bien que je le vois dans ses yeux qu'il aimerait savoir ce que j'ai. Je lui tourne le dos et monte les dernières marches avant d'atteindre l'étage. Dans ma chambre, ma gorge se noue une nouvelle fois alors que j'enlève mes bottines à talon, ma veste, mon col roulé et mon pantalon pour simplement rester en sous vêtements. J'enfile par dessus un t-shirt appartenant à Keenan qui fait robe sur moi.
Je me faufile sous la couette en explosant en sanglots, en serrant fortement le doudou d'Alessandro. La porte de la chambre s'ouvre, mes yeux vont vers l'entrée qui me laisse entrevoir Keenan. Ce dernier ferme la porte, et s'avance vers moi alors que je tente de lui lancer un sourire histoire de le rassurer. Il s'assoit près de moi, son pouce qui essuie le dessous de mes yeux alors qu'il m'incite à poser ma tête sur ses cuisses.
Il s'assied contre la tête du lit, je pose ma tête sur ses cuisses en explosant en sanglots, sa main qui caresse mes cheveux et ma joue.
— Je suis allée à la prison. Je fais faiblement après m'être calmé.
— Est ce que ça t'as fait du bien ?
— Je le pensais, je fais en riant sarcastiquement, mais ça m'a fait plus mal qu'autres choses de lui faire face.
— Elle n'a que ce qu'elle mérite derrière les barreaux Aze. Alessandro sera toujours avec nous, même s'il n'est pas là physiquement.
Il se penche jusqu'à moi et embrasse longuement ma joue, mon cou et ma nuque. Je le serre un peu plus fort contre moi en lui chuchotant que je l'aime.
— Moi aussi je t'aime omorfia. Je te ramène les enfants, leurs mère les a manqué.
Je souris et laisse le blond s'en aller. Quelques minutes plus tard, il revient avec les enfants entre ses bras. Je souris en me redressant légèrement, Keenan enlève ses chaussures avant de grimper sur le lit avec nos enfants qui se mettent à rire lorsque leurs père les posent sur le lit et se met à les chatouiller. Et je sais que ce moment permet à Keenan de penser à autre chose que ce qu'il se passe en bas, c'est un moyen pour lui de décompresser.
Adana tente tant bien que mal de me rejoindre, je souris en l'aidant à me rejoindre, mes lèvres qui embrassent longuement sa joue et son cou alors qu'elle chouine, sûrement sentant la fatigue arriver. Je l'allonge sur ma poitrine alors que je fixe Aydan qui sourit, alors que son père lui raconte sa matinée.
Les enfants finissent par s'endormir une vingtaine de minutes plus tard, Keenan les place sur le lit en les bloquant avec des coussins avant de s'approcher de moi et de déposer ses lèvres sur les miennes.
Avant qu'il ne parte, je le rattrape par la manche de son pull, et le ramène face à moi.
— Tu me réveilles, lorsque tu seras président ?
— Les votes ne sont pas en ma faveur pour l'instant. Il sourit.
— Je sais qu'ils le seront. On ne passera pas d'autres jours dans cette maison, mais dans la Maison Blanche, c'est une certitude Keenan. Le poste de Première Dame me plaît bien finalement.
Il sourit amusé et m'embrasse plusieurs fois de suite, mes doigts qui glissent dans ses cheveux, ce qui le fait légèrement grogner de satisfaction contre mes lèvres.
— Si tu deviens président, lorsque tout le petit monde sera partit et que les enfants seront endormis, je souris alors qu'il louche sur mes lèvres, on fêtera ça à la Richardson. Comme le soir de notre lune de miel à Boracay.
— Ils ont intérêt à m'élire alors.
— Ils ont vachement intérêts oui.
— Tu as de la chance que les enfants soient juste à côté, et que je sois attendu en bas. Tu as de la chance madame Richardson.
Je souris pour le narguer et repose mes lèvres sur les siennes avant de l'inciter à s'en aller, un sourire remplie de malice, d'amour et de surprise que je lui donne.
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