Chapitre 6 | Franco

Depuis le début

- Et du coup, il me manque un peu d'argent.


Hochement de tête des deux parents.


- Pour ouvrir.


Hochement, plus ferme, mais toujours pas un mot.


- Voilà. Si je ne trouve pas cinquante mille euros avant la fin de la semaine prochaine, tout part en sucette.


Le hochement a laissé place à des yeux taille XXL aussi j'ai continué :

- J'avais pensé que vous pourriez me les avancer. Pendant quelques mois, le temps qu'on se lance. Le comptable nous a dit qu'on pourrait se faire soixante-dix mille euros par an, donc à tous les trois on pourrait vous rembourser rapidement. Dans l'année quoi.


Ils se jetaient des petits coups d'œil de temps en temps mais je ne pigeais toujours rien. C'était quoi l'embrouille ?


- Vous ne dites rien, vous ne voulez pas c'est ça ?


Ma mère a semblé prendre son courage à deux mains.


- Ecoute mon chéri, ce n'est pas qu'on ne veut pas. Mais on ne peut pas. Enfin pas cinquante mille euros en tous cas.


D'où ils ne pouvaient pas ? Cent cinquante mille balles à la banque, j'avais assez entendu mon père s'en vanter : pour nos vieux jours, pour les coups durs. Et alors, c'était pas un coup dur pour moi ?


- Ah d'accord, bon. Très bien. Je ne voyais pas ça comme ça mais ok.


Maman avait dit « pas cinquante mille ». Je pouvais racler quelques milliers d'euros malgré tout.


- Et alors, vous pourriez me prêter combien ?

- Dix mille euros ? Oui, on pourrait te prêter dix mille euros.

Dix mille euros. J'aurais dû être content, mais non. Bordel ils étaient où les cent quarante mille euros manquants ?

- Je ne comprends pas. Vous avez perdu de l'argent ?

- Ton père a fait un investissement malheureux. Tu sais avec la crise, on a, comment dire, on a fait une erreur et.

- Vous avez perdu 140 000 euros ? Non mais c'est pas vrai ! Vous avez joué notre héritage ? Ne me dites pas que c'est une banque qui vous a arnaqué !

- Non mon chéri. Personne ne nous a arnaqués. C'est la vie, parfois, parfois ça ne tourne pas comme on avait prévu.


Tu m'étonnes. 140 000 balles, envolés, évaporés. Quelle connerie.


- Bon, je voudrais bien rester pleurer avec vous là mais il me reste dix jours pour trouver quarante mille euros donc je peux pas faire grasse mat tout le temps.


Je leur en voulais. Merde, les parents, ça devrait toujours être là pour ses enfants non ? Mais les miens me plantaient au moment crucial. Dix mille euros. Je me sentais orphelin. Mes parents venaient de me déshériter ou tout comme. On était jeudi. Il me restait sept jours pour trouver l'argent manquant. Même en réduisant le budget au maximum, en faisant des efforts à droite à gauche, il manquerait toujours trente mille euros.

Une tarte dans la gueuleLisez cette histoire GRATUITEMENT !