Je rentre tout juste du centre commercial d'Edgelake où j'ai fait plusieurs courses pour la crémaillère de ce soir et pour m'acheter le matériel manquant afin de pouvoir enfin commencer mon projet d'arts plastiques. Même si le concours n'est que dans quelques mois, la tâche s'annonce difficile et je ne veux pas risquer de prendre du retard.
J'installe le chevalet dans un coin du salon que j'ai dédié à mon « atelier ». J'étale toutes les peintures, palettes, pinceaux, chiffons, récipients d'eau, et accessoires en tout genre sur la table. J'attache mes cheveux en une sorte de chignon maintenu par une pince et pose enfin mes fesses sur le tabouret face à la toile. Tout est prêt pour commencer, il ne manque rien excepté... l'inspiration. Ok « arts et matières » qu'est-ce que ça m'inspire ? Du volume, de l'abstrait, je vois ça assez coloré... Je vais me lancer, la tête à vide, en espérant qu'une idée m'illumine l'esprit en cours de route.
Je déverse différentes tintes de bleu dans la première palette, de rouge et de vert dans la seconde. Pour débuter, j'opte pour une large brosse, la trempe dans un bleu ciel et badigeonne la toile avec. Je répète l'action avec le bleu électrique. À l'aide d'un couteau, je dépose du vert forêt et du vert empire sur le bas et les bords latéraux de la toile. Enfin, je trempe un pinceau éventail dans un rouge terne et balaye légèrement le tissu.
Le résultat n'est pas très parlant. Les couleurs se rencontrent çà et là sans avoir de réel sens. Je le regarde encore un moment, me rapprochant et m'éloignant, à la recherche d'un quelconque signe, une image, une émotion, n'importe quoi mais c'est peine perdue. Enfin pour aujourd'hui. Je n'ai plus le temps, les filles ne vont pas tarder à arriver et il faut encore que je range tout, m'occupe de l'apéritif et prenne une douche. J'ai l'impression d'avoir gardé ce haut beaucoup plus de temps que prévu.
Me voilà enfin complètement installée. Je me sens de mieux en mieux. J'ai enfin pu prendre mes marques, mes habitudes. Être seule constamment ne me perturbe plus autant qu'à l'arrivée, il y a deux semaines maintenant et les filles y sont clairement pour quelque chose. Je ne pourrais pas expliquer le lien qui nous unit, il est tellement fort, tellement anodin. Je ne pensais pas que le coup de cœur amical existait avant que je ne fasse leur rencontre.
Attablée avec mes amies les plus proches, de la musique, du vin et une fondue bourguignonne (au vin évidemment) au milieu de la table, que demander de mieux ? À part encore plus de vin bien-sûr.
Les notes de musique se font couper par un appel entrant. Je regarde l'écran, c'est ma mère. J'hésite un instant à répondre, ça doit être son coup de fil mensuel pour être sûre que je vais bien, autrement dit : pour avoir quelque chose à dire à ses copines quand elles se renseignent sur moi. Je réponds tout de même :
— Bonjour, Aimee. Es-tu libre demain midi ?
— Euh...
— Parfait, nous venons manger chez toi. Il serait temps qu'on sache où tu habites. Nous apporterons une tarte.
Et elle raccroche.
Waouh, ils s'invitent réellement chez moi, dans mon appartement sans me laisser un mot à dire. Je me sens prise au dépourvu, ce n'était ni une question, ni une suggestion.
Voyant mon air importuné, Kellyn pose une main sur mon épaule ce qui me fait lever la tête et me reconnecter à la réalité.
— Bon, les filles. Cette semaine la soirée n'était pas vraiment réussie à cause de... Vous savez qui, dit-elle en montrant Tiphany d'un doigt qu'elle lui cache par son autre main.
Nous pouffons de rire en voyant Tiphany lui donner une tape sur le bras.
— Tout ça pour dire que cette semaine, on doit se rattraper ! Proclame Jasmine. J'ai parlé avec Aaron et...
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Always find me
RomanceAlors qu'Aimee prend son indépendance et se concentre sur ses études et ses amis, un visage familier réapparait après plusieurs années. Seulement, cette fois c'est différent : elle ne le voit plus de la même façon. Elle tente tout pour ne pas succ...
