8 mars 2019, 19h26
Paris, Saint-Germain-en-Laye
Andréa Sanchez
Dans 30 minutes, je dois être prête pour le rendez-vous. Je me dépêche de prendre une douche, de m'habiller convenablement, de me coiffer, de me brosser les dents et de me maquiller. C'est juste un rendez-vous entre potes, pas un rendez-vous genre un rencard quoi.
J'oublie pas de mettre mon portable dans la poche de mon pantalon et mes clefs de voiture. Je me dirige vers la cuisine et je trouve Kadidiatou Diani en train de manger une part de pizza.
Andréa : Je vais y aller. Au fait, merci de m'avoir accueilli et de m'avoir laissé dormir chez toi.
Kati : T'es une de mes meilleures potes, j'allais pas refuser quand même ! Je souris et fais demi-tour. Attends ! Est-ce que... Neymar et toi, vous êtes toujours en conflit ? J'hésite un instant.
Andréa : Je t'expliquerai plus tard parce que je suis en retard ! Bisous, Kati' le pipi !
Kati : Je t'emmerde, Andréa le caca !
Kati' est une amie proche, on traine toujours ensemble lorsqu'on est sélectionnées par Corinne Diacre. Je savais qu'elle habitait à Paris, vu qu'elle joue au Paris-Saint-Germain.
Arrivée devant un parc public, je m'avance et m'assois sur un banc. Il y a déjà du monde, il y a des familles par-ci, des couples par-là. Quand je les observe, je m'imagine moi et Neymar, à leur place, en train de rigoler à gorge déployée.
??? : Andréa !
Je tourne la tête et vois Neymar. Davi est sur la balançoire, il ne m'a pas encore vue. Il me fait un signe de la main. J'enlève mes lunettes de soleil tout en gardant la capuche sur moi. Personne ne m'a reconnu, pour l'instant, mais ça me dérange pas de signer des autographes et prendre un selfie avec des fans. Quand je suis face à Ney', il m'embrasse tout doucement en posant ses mains chaudes sur mes joues froides. On sera peut-être sur les journaux mais je n'en ai rien à faire. Tout ce qui m'intéresse, c'est être avec le brésilien. Manquant d'oxygène, on se sépare tout en souriant. On s'assoit. On n'attend plus que Kylian Mbappé et Dani Alves. J'avais accepté ce rendez-vous, juste pour revoir mes amis et Neymar.
Davi m'a enfin repérée ; il m'embrasse sur la joue et me câline. Je l'adore, ce gosse.
Kylian arrive enfin, accompagné de Dani. Neymar et moi, on se lève pour aller vers eux. J'ai un petit pincement au cœur quand je vois les yeux rouges et les cernes noires de Kylian. Je devine qu'il a beaucoup pleuré après la défaite conte Manchester, tout comme Dani. Je n'imagine même pas comment ça doit être dur de perdre à un match alors qu'on pensait dépasser les huitièmes. Je comprends sa douleur, parce que je la connais et je l'ai déjà vécue. Je n'hésite même pas ; je prends Kyky dans mes bras ; il me fait grave de la peine. Je lutte pour ne pas craquer. Je sens ses mains dans mon dos.
Kylian : J'étais nul, mercredi soir. J'ai perdu plein de duels alors que j'aurai pu sauver mon équipe.
Andréa : Non, dis pas ça ! C'était pas de ta faute. Vous avez fait des erreurs, d'accord, mais t'es pas le seul à en avoir fait. Te sens pas coupable, Kylian.
Neymar : Je vous en veux pas, vous avez fait le maximum. Vous avez fait un très beau parcours. Je peux être fier de vous.
Je prends Dani dans mes bras, il me dit qu'il est très attristé, très déçu, par cette défaite et qu'il a peur du prochain match, d'être hué par les propres supporters. Ça doit être horrible.
On retourne vers le banc. On commence à discuter de tout et de rien, mais leurs voix tremblent lorsqu'ils prennent la parole.
Davi : Est-ce que je peux avoir une glace, papa ?
Neymar : Et le mot magique ?
Davi : Euuh... S'il te plaît ? Ils rient ensemble.
Andréa : Je peux t'accompagner, mon chéri.
Davi prend ma main et je me lève. Juste avant de partir, je regarde les 3 parisiens ; ils sont au bout de leurs vies. Je soupire.
Andréa : Je sais que vous êtes pas biens, moralement, mais est-ce que vous avez envie d'être déprimés jusqu'à la fin du mois ? Je sais que c'est pas facile, je sais ce que vous ressentez, mais les gars, il faut avancer, continuer et garder la tête haute. Il faut se battre, on va gagner d'autres matchs, ça arrive des défaites dans la vie, vous êtes pas des robots, vous êtes des êtres humains qui cherchent à gagner des matchs, à gagner des prix. Mais mercredi soir, ce n'était pas notre jour. Vous n'abandonnez jamais, vous ne baissez jamais les bras, au contraire, vous apprenez vos erreurs, et vous les corrigez. Et on redevient plus forts.
Ne voulant plus continuer de peur de me faire engueuler, je fais signe à Davi de me suivre. J'espère que cette petite leçon de morale leur aidera.
Mais soudain, au loin, j'aperçois une femme blonde, cheveux longs, talons aiguilles, manteau beige, slim moulant noir, qui apparaît devant le camion de glaces. Même de dos, je la reconnais.
Andréa : Mais c'est une blague ? On fait demi-tour. À croire qu'elle me suit tout le temps !
Davi : Mais et ma glace ? Je lui réponds pas, je me contente de retrouver les garçons. Ils froncent les sourcils.
Neymar : Et la glace ?
Andréa : Neymar, rentre avec Davi, Kyky, Dani, vous pouvez restez avec moi, ou vous pouvez rentrer chez vous. Moi, j'ai un truc à faire.
Kylian : Comme quoi ?
Andréa : Comme buter une connasse.
Dani : Elle déconne, là ?
Andréa : J'ai l'air de rigoler ? Neymar attrape mon poignet. Je le fixe.
Neymar : Tu veux bien arrêter de faire ton cinéma et me dire ce qu'il se passe réellement ?
??? : Tiens tiens tiens. On essaye de reconquérir le cœur d'un pauvre brésilien ou vous êtes encore en guerre ? Carolina se tient devant nous.
Andréa : Nope. J'étais en train de me demander si je devais te tuer avec une poêle à frire ou t'attacher contre les rails pour qu'un train t'écrase.
Carolina : Tu me battras pas ; je suis plus forte que toi.
Neymar : Dani, emmène mon fils, s'il te plaît. Fais-le partir.
Carolina : Pas si vite ! Laisse-moi parler avec mon fils. C'est ta dernière chance. Je le redemanderai pas encore une fois.
Andréa : Merde, mais tu dois te le mettre dans le crâne qu'on refuse que tu touches à un seul cheveu de notre fils, MON fils. Tu n'es plus sa mère. Tu ne l'as jamais été !
Carolina : Il me semble que je m'adressais à Neymar, pas à toi, pétasse.
Andréa : Je vois pas ce que ta mère vient faire là-dedans.
Kylian : Arrêtez ! On n'est plus au lycée, là ! J'ai 20 piges et vous êtes plus immatures que moi !
Dani : En gros, ce qu'il veut dire, c'est que vous mettez fin à cette guerre inutile, et repartez de bonnes bases. Recommencez à zéro.
Carolina : Jamais ! Elle m'a tout volé ! Elle m'a tout pris ! Et je vais la tuer pour ça.
Andréa : Vous croyez pas qu'elle dramatise un peu trop, là ??
Dani : Elle est pire que Verratti avec ses ascenseurs.
Kylian : C'est pas de sa faute s'il a la phobie des ascenseurs. Et des pizzas aux quatre fromages.
Neymar : Bon stop ! Tous les gens nous regardent, là. Et c'est gênant.
Davi : Et moi, je veux ma glace.
Carolina : Je peux t'en acheter une pour toi, mon cœur.
Davi : Hmm, je préférais que ça soit maman.
Carolina : Mais c'est moi, ta maman. Davi se dirige vers moi.
Davi : Désolé, mais elle est beaucoup plus gentille que toi et beaucoup plus belle. Ça me fait sourire. J'ai jamais entendu un truc aussi mignon de toute ma vie.
Andréa : Merci, mon prince. J'embrasse son front. Je regarde Carolina, elle est énervée. Je crois que tu as la réponse ; Davi ne veut plus de toi. Oh au fait, Neymar et moi sommes de nouveau ensemble et je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie. Lui, Davi et moi sommes une merveilleuse famille. Si j'avais pas croisé ta horrible peau de vache, ma vie serait meilleure.
Entourée de mon nouveau fils, mon copain et mes amis, je sors du parc, toute fière. Je n'écoute plus les insultes de Carolina envers moi, à vrai dire, je m'en fous, je crois bien que j'ai gagné la guerre, non ?
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c'est quand votre rentrée ? (moi ; 02/09) 😭