La descente de police

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C’était une fin de journée comme une autre. Jack patrouillait dans les ruelles de la ville avec Maxime, son acolyte avec qui il formait une équipe remarquable depuis plus de vingt et un ans. Les deux agents, installés dans le confort de leur autopatrouille, terminaient leur quart de travail. Ils écoulaient les dernières heures à coller et à poursuivre divers véhicules pour scanner les plaques d’immatriculation et prenaient quelques appels de services en songeant à la bonne petite bière qui les attendait au bar du coin tout près de chez Maxime.

Jack était au volant de la voiture et, d’un regard interrogateur vers Maxime, il manifestait haut et fort son désaccord contre mère Nature qui gâchait majoritairement leur quotidien.

Depuis quelque temps, le ciel était orageux en permanence et d’éternelles averses s’acharnaient sur la ville assombrie par les nuages qui semblaient stationnaires. Toutes ces précipitations venaient obstruer leur vision dans leur parcours routinier. Il était à peine quatre heures trente de l’après-midi, que l’obscurité enveloppait déjà l’endroit, mais comme le disait souvent les gens du coin ; après la pluie vient le beau temps ! Malheureusement, pas cette fois-ci…

— Comprends-tu ça, toi ! s’exclama Jack.

Maxime, le regard fixe et perdu dans ses pensées, n’entendit pas les paroles rauques de son ami. Jack remarqua qu’il n’avait pas saisi un traître mot de ce qu’il venait de lui dire et le relança aussitôt pour le ramener sur terre :

—  Hey ! Max, je te parle.
—  Oui, je t’entends ! De quoi parlais-tu au juste ? lui répondit-il, incertain.
—  T’es beaucoup trop lunatique ! Tu le sais, ça, hein !
—  Parfois… Parfois ! rétorqua Maxime de manière sarcastique.

Jack poussa un grand rire face à l’attitude de son ami qui ne voulait pas lui donner raison, et il ne put s’empêcher de lui couper la parole :
— Parfois ? Haha ! Bien sûr que non ! répondit Jack en roulant des yeux, en ricanant. C’est plus fréquent que tu ne le crois, mon ami !
—  OK ! OK ! T’as raison ! Ça m’arrive quand même…, affirma Max, en scrutant l’horizon.

Un silence s’installa, alors que Jack attendait que Maxime poursuive, mais rien ne suivit. Par réflexe, Jack se mordit la lèvre pour se retenir de lui sourire au visage, puis il poursuivit :

—  Souvent ! lança-t-il à Max en hochant la tête sur le côté.
—  Régulièrement ! Mais je réfléchis beaucoup, c’est pour ça ! Et ce n’est pas de ça qu’on parlait ! Qu’est-ce que tu voulais me dire ? demanda Max afin de reprendre le cours de la discussion.

—  C’est hors sujet, mais comprends-tu pourquoi quand j’arrive à la fin de la semaine pour mes congés, c’est là qu’il fait mauvais temps ? grommela Jack au volant de sa voiture.

—  Je sais… c’est toujours comme ça, à chaque fois ! On devrait l’arrêter, Dame Nature, et la mettre en cellule pour quelques jours ! relança spontanément Max en soulevant les épaules.

Un fou rire entre les deux amis détona dans le véhicule qui fut interrompu par un appel radio.

ATTENTION ! Il y a un homme en bris de probation pour antécédents de violence, du nom de Jimmy Fallen, cheveux brun foncé, veste en cuir noir. Il est agressif et armé d’une batte de baseball. Rendez-vous à l’angle de la 5e et de la rue Beaudoin. Je répète. Un suspect en bris de probation, armé d’une batte de baseball à l’angle de la 5e et de la rue Beaudoin, lança la répartitrice d’urgence.

Jack activa les gyrophares ainsi que la sirène et partit sur les chapeaux de roue. Maxime prit une grande respiration, suivi d’un long soupir pour refouler les mots qu’il allait dire de travers, et décida de rester silencieux. Jack s’en aperçut et, d’un petit coup amical sur l’épaule, lui lança une blague en référence d’un passé pas si lointain :

—  Jimmy Fallen… C’est le gars que tu avais arrêté, ça ?
—  Oui ! soupira Maxime, je me souviens de lui, il y a un an et demi de ça…
—  Jimmy, c’est le gars qui t’a…
—  Non, Jack ! Je te l’ai déjà dit, je lui courais après en hiver et j’ai glissé sur un rond de glace ! répliqua Max d’un ton très neutre pour tenter d’avoir l’air convaincant.

Jack se retenait, mais ne put s’empêcher d’exploser de rire par le simple fait de relancer la discussion à ce sujet. C’était l’anecdote la plus répandue au poste et personne ne manquait sa chance pour la raconter entre amis. Malgré tout, c’était une histoire pour s’amuser et non dans le but de se moquer.

—  Ce n’est pas ce qui se dit au bureau ! s’exclama Jack haut et fort. Il semblerait qu’il t’en a collé une, et… et… tu n’as jamais fait réparer la dent qu’il t’a cassée… haha, haha !
—  Ah, bordel ! Lâchez-moi avec ça ! rétorqua Max d’un ton plus arrogant. Il en avait plus qu’assez que ses collègues le harcèlent sans cesse avec cette mésaventure qui datait depuis un moment déjà. Ça fait plus d’un an de ça ! Et j’ai glissé sur la glace quand il m’a frappé ! J’ai perdu ma dent en tombant, c’est tout là !

—  Tomber… Tomber sur son poing, oui ! s’exclama Jack qui ne se pouvait plus de rire.

Jack tenta de reprendre son souffle, et engagea la voiture sur le chemin les menant jusqu’à la troisième intersection. Max ferma les gyrophares et la sirène pour ne pas faire fuir le suspect. Un détour vers la droite, et ils se rendirent directement sur la 5e à la destination indiquée.

— Regarde, Jack, il est là ! Là-bas ! lança Maxime monté sur ses grands chevaux.

Jack ravala sa salive quand il aperçut le type en question avec une batte de baseball en train de frapper sur la BMW noire du nouveau copain de son ex-femme dans le parking. Maxime, encore animé par sa rancœur du passé, s’extirpa de l’autopatrouille sans se soucier de l’averse, armant son pistolet à impulsion électrique teaser à l’intention de l’homme visiblement agressif. Le regard empreint de haine comme celui du bandit, il prit un ton grave et y alla d’un bref discours, qui habituellement, s’avérait être assez efficace.

— Jimmy Fallen ! s’écria Max en s’avançant vers lui. Tu es en arrestation pour bris de probation. Lâche cette batte immédiatement !
Jack sortit de la voiture à son tour en agrippant sa matraque sans la brandir et resta sur ses gardes.

— Maxime ! s’exclama Jimmy de sa voix enrouée telle celle d’un fumeur. Il le fixait directement dans les yeux en pointant son bâton vers lui. Tu connais mon histoire ! Cette pute m’a trompée avec cet enculé de riche ! En plus, il…

— Jimmy ! Lâche cette batte, tout de suite ! répéta Maxime, lui coupant la parole. Si tu n’obéis pas, nous utiliserons la force, si nécessaire !
Jimmy ne termina pas sa phrase et se tourna pour frapper un autre coup dans le parebrise de la voiture criant vers la fenêtre du haut qui menait à la chambre de son ex-femme :

—  Je sais que tu es là, enfoirée ! Il enchaîna en postillonnant de rage : sors de là ! Et viens te…

Le teaser de Maxime atteignit le dos de Jimmy, et ce dernier tomba raide au sol à plat ventre, rendu K.O. par la décharge électrique. Maxime positionna immédiatement son genou sur le corps de Jimmy pendant que Jack rangeait sa matraque avant d’accourir vers eux, une paire de menottes en main, en lâchant quelques gros mots au passage :

—  Tes mains au-dessus de ta tête ! s’écria Jack, puis il répéta sur un ton sans équivoque, allez, mets tes mains au-dessus de ta tête !

Jimmy obéit sur-le-champ et Jack lui passa les menottes aux poignets. Maxime se joignit à lui pour le soulever, puis ils l’escortèrent jusqu’à leur voiture où ils l’assirent derrière.

— Au moins, cette fois-ci, tu n’as pas perdu une autre dent ! lança Jack d’un petit regard satisfait à son ami en tentant de détendre l’atmosphère.
— T’es sérieux, là ? Bordel ! rétorqua Maxime d’un ton découragé en le poignardant des yeux furtivement quand il entendit le mot « dent » sortir de la bouche de son acolyte. Vous n’en reviendrez jamais de celle-là !
— Tu sais bien qu’on agace ceux qu’on apprécie ! Prends-le pas comme ça ! se moqua Jack.

Un ricanement s’échappa de la bouche de Maxime. Jack le perçut et se mit à rire à son tour avant de passer à autre chose. Pendant ce temps, l’ex-femme de Jimmy était descendue de son immeuble à logements avec son parapluie et vint rejoindre les deux policiers. Jack retourna au véhicule pour se protéger de la pluie et laissa le contrôle à Maxime.

Maxime se dirigea d’un pas rapide vers la femme et lui expliqua le déroulement de sa déposition. Il lui demanda d’abord si elle voulait porter plainte contre Jimmy, mais avant même qu’il ait complété sa phrase, il fut interrompu par sa radio.

— Attention ! Attention ! Six meurtres viennent d’être commis directement dans l’hôtel L’Oasis. Nous ne savons pas combien il y a de suspects. Cinq équipes sont déjà sur place. Besoin de renfort immédiat. Je répète : renfort immédiat à l’hôtel L’Oasis, lança la répartitrice d’urgence.

— L’équipe 21 à l’écoute ! Nous y serons dans quelques instants, répondit Maxime avec empressement en prenant congé de la dame. Il se mit à courir en direction de l’autopatrouille et s’assit côté passager. Aussitôt que son coéquipier eut attaché sa ceinture, Jack appuya à fond sur l’accélérateur.

Les gyrophares et la sirène faisaient écho à l’orage qui grondait dans le ciel nocturne. Ils brûlèrent un feu rouge où ils évitèrent de peu une camionnette, puis la voiture prit deux virages serrés en filant à vive allure en direction du poste. Après quelques dépassements de véhicules, l’autopatrouille se gara deux minutes plus tard dans la cour du poste. Ils en extirpèrent Jimmy et le déposèrent à l’entrée, le laissant entre les mains des gardiens de nuit. Avant de retourner sur leurs pas, ils lui lancèrent à la hâte :

— Marc ! Mets-le en cellule le temps qu’on revienne. On s’en va sur un appel d’urgence.

L’agent Marc étant au courant de l’appel ne fit qu’un signe de tête et prit en charge le suspect qui, pour une fois, s’était tu. Pendant ce temps, Maxime et Jack étaient déjà de retour à leur véhicule et s’engagèrent sur la route en direction de l’hôtel en question. À peine quelques minutes passèrent qu’ils arrivaient à destination.

Personne n’était à l’extérieur. Seuls les gyrophares des voitures de patrouille tournaient sur eux-mêmes désignant un périmètre de sécurité. Jack et Maxime sortirent rapidement, armèrent leur fusil et rejoignirent les portes d’entrée de l’hôtel. Celles-ci étaient faites de bois et elles étaient dans un état lamentable. Elles avaient été tordues et arrachées comme si un train les avait percutées de plein fouet. Les lumières à l’intérieur du hall étaient brisées pour la plupart. Des fragments se retrouvaient un peu partout, alors que quelques-unes avaient été épargnées et clignotaient par intervalles parsemant l’endroit sinistre d’une faible lueur. Dans le silence angoissant qui les enveloppait, Jack s’engagea le premier, suivi de Maxime, puis ils marchèrent avec précaution en enjambant les éclats de verre au sol.

—  Max ? chuchota Jack, intrigué par toute la scène d’horreur qu’il voyait devant lui.
—  Quoi ? demanda Maxime n’osant pas avancer trop rapidement.
—  Ce n’est pas normal ! Au nombre de chars de police qu’il y a à l’extérieur… Je ne m’explique pas que nous soyons seuls tous les deux !
—  Ils sont peut-être sur les étages ! supposa Maxime à voix basse.
— Les portes d’ascenseur ont été complètement arrachées ! constata Jack. Mais qu’est-ce qui se passe ici ?

Sur ces mots, un coup de feu retentit en provenance de la cage d’ascenseur, plus précisément d’un étage plus haut. Un cri sourd percuta d’abord leurs tympans, puis plusieurs bruits de pas semblaient courir dans tous les sens. En revanche, cette cacophonie était si vague à leurs oreilles qu’ils ne purent identifier clairement leurs sources ni ce qui se disait. Un terrible miaulement semblable à un feulement d’animal arrivait à couvrir le vacarme qui venait de là-haut, tandis qu’ils pouvaient entendre des fracas de bois brisé suivis de détonations de révolvers et de hurlements indescriptibles.
Jack se tourna immédiatement vers Maxime arborant un air ahuri. Maxime répondit par un haussement d’épaules et prit une grande respiration. Jack se remit en marche de pied ferme vers les escaliers qui se trouvaient au fond du corridor juste à la droite de l’ascenseur. Devant la noirceur extrême, Jack n’eut pas le choix d’utiliser sa lampe de poche. Maxime le couvrait de son arme, et tous deux montèrent à l’étage au-dessus, angoissés par cette situation incompréhensible. Ils tentèrent de rejoindre leurs collègues qui, de toute évidence, semblaient mener une guerre sans merci.

Arrivé au dernier palier, Jack ferma sa lampe de poche et se concentra afin de repérer quelques indices. À peine le temps de jeter un bref coup d’œil, qu’un cadavre volait déjà dans sa direction pour se faire éventrer en fracassant la rampe d’escalier. Pour l’éviter, Max et son acolyte s’appuyèrent contre le mur et furent rapidement enveloppés par le silence qui prit possession de la place à la suite de ce carnage énigmatique. Jack lança un dernier regard à son collègue et fit un signe de tête entendu. Maxime répondit avec ses doigts de son habituel décompte ; trois, deux, un. Le poing fermé, étant le moment de passer à l’action, Jack s’élança en pointant son arme devant lui, mais la paralysie le bloqua net. Maxime, qui le couvrait derrière, ne put s’empêcher de faire de même, frappé par l’atrocité de ce qu’ils avaient sous les yeux.

Personne debout. Les cadavres des policiers jonchaient le sol dans une mare de sang visqueuse. Plusieurs corps, sans doute des clients de l’hôtel, étaient effondrés sur des canapés ou bien affalés contre les murs. La scène était un vrai gâchis, digne des films d’horreur.
Maxime et Jack marchèrent droit devant, enjambant les carcasses démembrées de leurs collègues qui recouvraient une bonne partie du plancher. Soudain, au loin, ils entendirent une douce petite voix qui les fit s’arrêter discrètement. Toujours à l’affût de ces paroles plus ou moins incompréhensibles, Jack se mit à avancer en direction de la voix.

— Max ! C’est une femme qu’on entend -là ! Elle est peut-être prise en otage… on peut encore la sauver ! chuchota Jack.
— Oui ! Mais si tant de policiers sont morts, je ne crois pas que nous ferons long feu ici ! Nous devrions être très prudents et nous y prendre autrement, Jack !

Ils s’adossèrent au mur à l’intersection des deux corridors et parvinrent à entendre parfaitement une voix de jeune femme en provenance du couloir voisin. Si nous avons une chance de la sauver, aussi mince soit-elle, nous devons essayer ! affirma Jack, sûr de lui.

Maxime scruta minutieusement les alentours et, de façon intuitive, éteignit sa radio afin de ne pas révéler leur position. Jack fit de même et, toujours appuyés contre le mur, ils écoutèrent attentivement cette voix.

—  Ce n’était pas censé se passer comme ça ! rétorquait l’inconnue. Non… je sais, mais… oui, je comprends ! C’est juste que ça ne devait pas tourner ainsi ! Mais… merci…, murmura-t-elle calmement.

Ses propos étaient entrecoupés, comme si elle discutait avec quelqu’un, mais aucune réponse n’était audible pour les deux policiers en faction. Jack, ébahi, se retourna vers Maxime et le regarda droit dans les yeux, réalisant que l’otage en question était finalement une suspecte !

— Putain ! Elle n’est pas en otage, Max ! marmonna Jack. Elle semble être une complice de meurtre ! As-tu bien entendu ce qu’elle a dit ? Fais comme avec Jimmy… et ne lui laisse pas le temps de terminer sa phrase, si ça tourne mal !
— Compris, Jack ! dit Maxime gorgé d’adrénaline. À trois, on y va !
D’un signe de la main, Maxime refit le décompte et, quand il ferma le poing, ils se précipitèrent dans le corridor, tous les deux armés et fin prêts à tirer.
—  Les mains derrière la tête ! Et couchez-vous sur le sol ! s’écria Jack à l’intention de la demoiselle qui leur faisait dos.

Un peu déboussolés de ne voir qu’une seule personne, ils soupçonnèrent que le complice avait pris la fuite, mais chacun resta néanmoins sur ses gardes. La jeune femme, de petite taille, aux longs cheveux noirs et lisses lui descendant au bas des reins, ne réagit aucunement à l’appel du policier. Elle tourna la tête sur le côté, mais sa chevelure la camouflait encore assez pour que Jack et Maxime ne puissent distinguer son visage. Ils n’apercevaient que son profil ; les traits fins et la forme de son menton plus pointu étaient perceptibles au travers de ses longs cheveux.

— Montrez vos mains ! Si vous n’obéissez pas, nous devrons prendre les grands moyens ! Madame, ne nous obligez pas à utiliser la force ! répliqua Maxime, à voix haute, optant pour un ton de menace.
— Partons… S’il te plaît ! supplia la jeune femme de sa petite voix douce, en regardant devant elle cette fois, comme si elle n’était pas seule.

Soudain, elle acquiesça d’un signe de tête, tourna le dos aux policiers et se mit à marcher lentement en direction de l’autre cage d’escalier, faisant fi de l’avertissement. Avant qu’elle ne puisse prendre la fuite, Jack, la main tremblante, fit une dernière tentative jugeant qu’elle n’était pas une menace. Il n’eut pas le temps de commencer sa phrase. Son doigt posé sur la gâchette de son arme déclencha la détente, réflexe occasionné par la peur, et la balle retentit de son révolver pour poursuivre sa trajectoire vers la jeune femme. Le sifflement dans l’air fut bref. Jack comprit rapidement son erreur… Il venait d’appuyer sur la touche de la mort…

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⏰ Terakhir diperbarui: May 08, 2020 ⏰

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