Chapitre 20: La maison de l'horreur

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Le jour se lève et la faible lumière qui perce à travers le ciel nuageux me sort de mon sommeil. Les autres sont déjà réveillés. Dans un silence pesant, nous préparons nos affaires. Je suis la dernière prête, Dayla, Alex et Grace attendent au bord du sentier tandis que Jake est toujours à mes cotés. Je lui jette un coup d'œil et lui lance un faible sourire auquel il me répond par un autre sourire du bout des lèvres. Le poids de notre implacable silence devient rapidement gênant, je m'apprête à prendre la parole lorsqu'il choisit de le faire. 

-Est-ce que tu es prête? me demande t-il.

Je lui montre mon épée ainsi que mon sac de voyage avant de lui répondre par des mots.

-En effet. Je suis prête.

Je regarde brièvement les autres membres du groupe avant de proposer de les rejoindre. Jake acquiesce mais semble se raviser alors que j'ai effectué trois pas.

-Meredith? Il y a quelque chose que j'aimerais te dire..., commence t-il l'air visiblement nerveux.

Dayla vient soudain nous interrompre.

-Bon on se magne? A ce train là on sera encore ici à la nuit tombée.

-On arrive tout de suite, je réponds, la gratifiant d'un regard insistant. Manifestement, elle n'en comprends pas la signification, ou refuse de nous accorder un peu d'intimité.

-Dayla a raison, allons-y, Meredith, dit finalement Jake.

-Mais, tu ne voulais pas...? 

Je ne termine pas ma phrase, il sait parfaitement de quoi je parle.

-Ce n'est pas important, ça peut attendre.

Il tourne les talons et rejoint Alex et Grace. Dayla et moi ne tardons pas à l'imiter. 

Les bois sont toujours aussi effrayants. Prenant mon courage à deux mains, je m'enfonce dans les ténèbres, suivie de mes compagnons. Nous marchons tous à la suite des autres, le chemin étant trop étroit pour nous permettre de se déplacer côte à côte. Plus nous avançons, plus il fait sombre et froid. Bientôt, nous peinons à distinguer à plus de deux mètres devant nous. Nous sommes censés être le matin, seulement, les bois nous donnent l'impression d'être en pleine nuit.

Le silence est parfois troublé par le bruit d'un animal s'envolant, le hululement d'un hiboux ou par le craquement d'une branche. Des frissons courent le long de mon échine régulièrement, causés aussi bien par la fraîcheur de l'air que par l'atmosphère cauchemardesque. Une odeur de décomposition assaille soudain mes narines et un bruit de chair arrachée et d'os brisé se fait entendre. Quelqu'un m'attrape par le bras. Dayla. Elle pose un doigt sur ses lèvres, m'intimant le silence, puis prend la tête du groupe. Elle nous fait signe de rester immobile, tandis qu'elle s'avance lentement. Elle disparaît dans l'obscurité mais ne tarde pas à revenir. Elle nous fait cette fois signe de la suivre, alors, nous poursuivons notre chemin à travers les arbres. 

-Ne faites aucun bruit, chuchote t-elle. 

Le bruit et l'odeur se font plus forte. Bientôt, je distingue d'où il provient. Un animal mort, une espèce de sanglier noir au poil graisseux, est en train d'être démembré par une créature de l'ombre. Du moins, je pense que s'en est une. Une fumée noire ondule autour du corps et parfois, une main pourvue de griffe en sort, attrapant sa nourriture. Mon estomac ne fait qu'un tour. 

Je jette un coup d'œil à mes amis. Grace est encore plus pâle qu'à son habitude, Jake détourne le regard, et Alex regarde fixement l'affreux spectacle se déroulant sous ses yeux, le visage imperturbable. Dayla a prit de l'avance et je me hâte de la rejoindre, mes compagnons sur les talons. J'ai l'horrible sensation que ce n'est pas la seule vision atroce que j'aurai la chance de pouvoir contempler durant notre périple entre ces bois.

Intensité (en pause)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant