Acte 1 - Scène 5 : C'est une question de vie ou de mort !

67 9 1


Les époux Vernon, Reginald de Courcy et Lady Susan


Charles entre.


Charles - J'espère que ce n'est pas de Susan dont vous parlez de la sorte.

Catherine - Bien-sûr que si. Et je ne vois pas pourquoi je m'en cacherais. Déjà que vous ne m'avez annoncé qu'aujourd'hui sa visite ...

Charles - C'est bien à cause de ce genre de réaction que je ne vous l'ai pas dit plus tôt. Vous êtes tellement ... vindicative !

Catherine - S'il y en a bien une dont il faut se méfier ici, ce n'est pas moi.

Charles (Assez bas) - Question de point de vue. (À nouveau normalement) Réginald, et cette chasse alors ? Pensez-vous que la saison sera bonne ?

Reginald – Rien n'est moins sûr. L'automne a été plutôt doux, mais ...


Un domestique entre, ce qui interrompt la conversation. Il porte un plateau sur lequel est déposée une lettre. Charles la prend et lit l'inscription dessus.


Le domestique - Il s'agit d'un pli adressé à Lady Susan Vernon, monsieur.

Charles – Je sais lire, merci. Faites la prévenir que son courrier l'attend ici.

Le domestique – Bien monsieur.


Le domestique ne bouge pas.


Charles - Faites la prévenir maintenant je vous prie. Et sortez.


Le domestique sort.


Catherine - Ouvrez-le.

Charles – Certainement pas, chère madame. Je n'ouvre pas le courrier qui ne m'est pas destiné.

Catherine - Que vous êtes barbant ... Laissez-moi l'inspecter au moins.

Charles (Lui tendant le pli) - Votre curiosité vous perdra.

Catherine - Et vous, votre rigidité vous étouffera ! Je me demande bien de qui cela peut être.

Reginald - Peut-être Lady Manwaring qui s'inquiète de savoir si Susan a fait bon voyage.

Charles - Vous croyez ? Ce serait une délicate attention.

Catherine - Peut-être est-ce l'un de ses amants. (À Reginald) Vous nous avez bien raconté qu'elle a réussi à séduire Mr Manwaring à Langford ?

Reginald - Comme je vous le disais, je ne suis pas tout à fait sûr de la véracité de la chose ...


Susan entre.


Catherine (Tendant l'enveloppe à Susan) - Un pli vient d'arriver pour vous.


Susan ouvre et lit la lettre et s'assoie précipitamment.


Charles - Susan, que ce passe-t-il ? (...) Mais répondez-moi enfin !

Susan - C'est Frederica. Elle s'est enfuie du pensionnat.

Charles - Est-ce grave ?

Catherine - (À Charles) Bien sûr que c'est grave ! Ne vous rendez-vous pas compte ? (À Susan) Est-elle perdue ? L'a-t-on retrouvée ?

Susan - Je ne sais pas. Je ne comprends pas. Comment a-t-elle pu me faire ça ?


Catherine prend la lettre des mains de Susan et la lit.


Catherine - Il faut la retrouver. Sinon ce sera le déshonneur sur notre famille. Le nom des Vernon sera souillé. (Prenant son mari à part) Charles, il faut que nous aidions Susan. Vous devriez partir pour Londres et ramener Frederica ici.

Charles - Je ne peux pas faire cela ... Et notre partie de chasse de cet après-midi ? Le temps s'y prête agréablement bien, ce sera dommage de ...

Catherine - Mais enfin, c'est la réputation de notre famille qui est en jeu ! Nous ne pouvons laisser faire sans réagir.

Charles - Cela fait une éternité que je ne suis pas allé à Londres. Depuis l'enterrement de ma pauvre mère, en fait. Il était magnifique d'ailleurs. Vous rappelez-vous du superbe bouquet de fleur que Mr ...

Catherine - Je me souviens très bien. Londres n'a pas changé, je peux vous l'assurer. Et ce sera pour vous une occasion formidable de repasser sur la tombe de votre mère.

Charles - Il serait tout de même un comble que je me perde moi aussi ! C'est un risque trop grand. J'ai des responsabilités ici moi ... Et que feriez-vous sans moi ? Vous seriez perdue vous aussi ! Je sais que vous ne pouvez pas vivre sans moi. Vous m'aimez trop pour cela ... Cela vous ferait tellement de mal si je venais à disparaître.

Catherine - Je suis prête à courir le risque.

Charles - Mais enfin ... Vous ... Je ....

Catherine - Charles, c'est le moment de nous prouver que vous êtes un homme ! Allez à Londres et trouvez Frederica. C'est une mission que la plus haute importance. J'ai confiance en vous et vous seul pouvez accomplir cette tâche. La vie de votre nièce en dépend.

Charles - Je vois. Oui, en vérité c'est une question de vie ou de mort. Et bien ma chère amie, vous avez devant vous l'homme de la situation. Susan, j'irai à Londres et je ramènerai Frederica. Même si je dois me perdre moi-même ! Je pars dès à présent.

Susan - Merci, Charles. Que Dieu vous garde.

Catherine - Ne vous inquiétez plus Susan. Mon mari retrouvera Frederica dans les plus brefs délais.

Charles - Catherine, veuillez préparer mes bagages ! Je vais seller mon cheval sur le champ. D'ici une heure je serais à Londres !

Catherine - Bien, je fais le nécessaire pour votre départ.


Charles et Catherine sortent.

Lady SusanRead this story for FREE!