Prologue

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I had a dream...

Les pétales de fleurs de cerisier tombaient de la plus délicate des lenteurs, s'échouant au sol sans une once de fracas, tels les flocons de neige qui atterrissaient sur le sommet de nos têtes en hiver. Et les grands arbres, majestueux et jeunes, traçaient les contours parfaits de l'allée. Leurs feuilles abîmées virevoltaient dans les airs, elles aussi. Elles donnaient l'impression que le temps ralentissait, omettant bien sûr d'avoir la décence de prévenir la vie qui les entourait. Je pouvais encore les voir d'ici.

Puis, il y avait aussi les voix des personnes qui marchaient là, sur le bitume jonché à présent de pétales rosés et de feuilles vertes. Certains discutaient tranquillement, d'autres se chamaillaient, et d'autres encore criaient, les semelles martelant le sol parce qu'ils couraient, ne souhaitant pas manquer leur bus. J'étais encore capable à les entendre de là où je me trouvais.

Et il avait ces bruissements du vent dont le souffle frais caressait mon cou et ma nuque comme une chipie agaçante. Ma peau frémissait, mon corps tremblait, et mes poils s'hérissaient. La chair de poule avait pris possession de moi un peu brusquement et je n'avais su la contrer. Je pouvais encore le sentir.

Je ressentais tout. Je me souvenais de tout. D'absolument tout.

Tout.

Sauf toi.

Je me demandais où tu étais.

Je n'apercevais pas ta silhouette au bout de l'allée. Ta voix ne résonnait plus, dont le timbre semblait s'être échappé de ma mémoire sans m'en avoir demandé la permission auparavant, comme si je l'avais complètement oublié et effacé. Est-ce qu'elle allait dans les graves ou tirait-ce plutôt dans les aigus ?

Et, aussi, il avait ton visage. Mon esprit le rendait flou en mon sein alors que je désirais simplement en dessiner la forme, la couleur, les ombres, les impuretés, les imperfections ; chaque aspect, chaque défaut qui, à mes propres yeux, n'en avait jamais réellement été.

Ton nez. Tes lèvres. Tes yeux. Tes paupières. Tes pommettes. Ou encore ta peau.

Et ton corps.

Pourquoi ne m'en rappelais-je plus ? Pourquoi mon cerveau refusait-il de m'en raviver les images que je savais merveilleuses ?

S'il te plaît, reviens à moi. Que ce ne soit qu'un fragment de ta personne, qu'une parcelle de ton âme, ou ton toi tout entier, je le prendrais sans jamais discuter et sans jamais le lâcher. Mais reviens à moi, je t'en conjure. Retourne dans cet endroit que j'appelle ma mémoire. Reviens. J'ai besoin de toi.

Soudain, il apparut. Ce spectre lumineux au fond de l'allée, avançant vers moi de cette même et douloureuse lenteur qu'autrefois. Et le temps, cette fois-ci, s'arrêta enfin.

Mais je ne te voyais pas. Je ne t'entendais pas. Je ne sentais pas ta présence, aussi chaleureuse qu'elle l'avait été lorsqu'elle m'accompagnait auparavant.

Et les fleurs de cerisier, elles, venaient de me trahir, de me tendre ce piège vil pour lequel je n'avais aucun moyen de me protéger.

Nous étions en hiver.

Le mois de décembre et ses coutumes avaient pris place, balayant d'un coup de froid les traces que l'été avait laissé derrière lui.

Et le printemps m'était bien trop lointain, désormais.

Je ne te voyais pas. Je ne t'entendais pas. Je ne sentais ni ta présence, ni ton souvenir.

Alors, où étais-tu, Jimin-ah ?





« Jimin ? »



« Jimin-ah ? »



« Jimin, tu es là ? »



« Jimin, tu m'entends ? »



« Jimin ? »



« Jimin-ah ? »



« Jimin-ah ? »



« Jimin-ah ! »

J'appelais une ultime fois ton nom, mon cœur battant si fort que je crus qu'il allait sortir de ma poitrine sans effort, ma sueur recouvrant mon front que je devinais pâle.

Et mes paupières s'ouvrirent.

Mais même dans ce monde, tu n'étais pas là.

I Need You | jikookWhere stories live. Discover now